‹ Discours et conférences. 2. sérChapitre 4 sur 38 · AU TRÈS HONORABLE JOSEPH CHAMBERLAIN, MINISTRE DES COLONIES · texte numérisé non relu

AU TRÈS HONORABLE JOSEPH CHAMBERLAIN, MINISTRE DES COLONIES

Monsieur le Ministre,

La Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, — l'une des plus anciennes associations nationales du Canada — , ne saurait rester étrangère à rémotion douloureuse que fait éprouver à douze millions de sujets britanniques, professant la foi catholique romaine, la formule du serment royal à laquelle est malheureusement astreint le souverain d'Angleterre lors de son avènement au trône.

Cette formule est fausse et insultante. Elle est fausse, en ce qu'elle attribue aux catholiques des pratiques qu'ils repoussent. Elle est insultante, en ce qu'elle flétrit et dénonce des croyances qui leur sont chères et sacrées. Nous la repoussons donc de toute l'énergie de nos consciences blessées.

Les sujets catholiques de l'empire, ceux du Canada en particulier, ont fait leurs preuves de loyauté et de fidélité. Aux jours de crise et de

péril, nos pères ont versé leur sang pour que le drapeau d'Albion continuât de flotter sur les bastions de nos citf.delles. Dans toute retendue des possessions britanniques, les catholiques se font remarquer par leur respect des institutions et des lois. Les parlements, les flottes, les armées, les voient se distinguer par Téclat de leurs services. Pourquoi faut-il qu'après tant de siècles écoulés, depuis l'époque néfaste des guerres religieuses et civiles, le roi d'Angleterre soit encore obligé de jeter Finsulte à des millions de ses meilleurs sujets ?

La formule contre laquelle nous protestons n*(^t plus en harmonie avec l'esprit des temps nouveaux. Débris suranné d'un âge d'intolérance et d'ostracisme, elle ne cadre plus avec le droit public de T Angleterre contemporaine, tel que l'ont fait les lois d'émancipation et de liberté.

Nous nous unissons donc à tous les catholiques de l'empire pour en demander l'abrogation ou la modification radicale. Que la succession royale soit garantie conformément â VAct of Settlcm'Cnt, nous ne prétendons ])as induire le Parlement à innover sur ce sujet. Mais nous demandons que l'on fasse disparaître du serment royal tout ce qui est un outrage à notre foi, une dénonciation de nos croyances.

Vous priant, ^lonsieur le Ministre, de bien vou-

loir mettre notre pressante supplique au pied du trône, nous avons l'honneur de nous souscrire vos très humbles serviteurs,

Le président et les membres de la Société Saint- Jean-Baptiste de Québec,

Québec, avril 1901.

Comme corollaire de cette pétition, comme une sorte de mémoire à Tappui, nous croyons opportun de reproduire ici une étude de M. Chapais sur le serment du roi, publiée vers le même temps que la protestation qu'on vient de lire était adessée au ministre des colonies.

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