‹ Discours et conférences [microforme]Chapitre 38 sur 53 · Ce discours fut prononcé dans l'église de Notre-Dame · texte numérisé non relu

Ce discours fut prononcé dans l'église de Notre-Dame

A Montréai devant Son Eminence le Cardinal Vanutelli, légat du Pape, et un grand nombre d'archevêques et d'évêques,

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Progressive. Et voici que, dans la citéreine de CE PAYS, qui compte Parmi les Métropoles qu Monde, cet Homme-Dien, bafoné et outracé par Voltaire, Vainqueur du Vvoltairianisine et de toutes les erreurs subtiles où violentes qui ont tenté de le remettre au tombeau, reçoit les solennels hommages de Milliers de disciples, ACCoOUrUs de tous les points de l'univers pour l'acelaimer, pour l'adorer, Pour lui décerner Je plus magnifique et le plus émouvant triomphe, Ce n'est pas Dieu, ce nest pas le Christ qui a vu beau jeu, c'est la Société brillante et PETVerse Qui applaudissait et Couronnait Voltaire, Quinze ans à peine après la mort misérable du patriarche de l'incrédulité Moderne, elle S'effondrait dans un gouffre de San£, pendant que le petit peuple, abandonné sur SES arpents de neige, se Sroupant autour de la Croix de ses clochers, survivait AUX plus redoutables épreuves, croissait en eXpansion et en vi sueur, et préparait l'avenir dont nous Voyons aujourd'hui les étonnantes réalisations. Encore une fois, Messieurs, l'histoire avait fait entendre une de ces hautes et éloquentes leçons dont sont Parsemées ses pages, Et l'on pouvait y lire cette vérité, qui a Pour elle le témoignage des siècles, que le Christ est un éternel vainqueur, et que les nations baïgnées dans le Sang du Christ sont imhiortelles,

C'est pour les Catholiques canadiens une joie

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profonde et un insigne d'honneur, que d'avoir l'occasion d'apporter, à leur tour, à cette vérité, une attestation éclatante, Ils sont fiers de pouvoir donner leur note dans le concert harmo:nieux qui, de tous les points les plus fameux du monde, de Rome et de Paris, de Londres et de Jérusalem, et de tant d'autres cités illustres, à fait monter vers le ciel, depuis trente ans, ses enthousiastes hosannas, Ils sont heureux que cette rotation glorieuse des congrès eucharistiques ait fixé sur leur jeune patrie un des points de sa course, Et ils saluent avec une respectueuse et fraternelle allégresse ces nobles fils de l'Italie, de Ja France et, de l'Angleterre, de l'Espagne, de la Belgique, de l'Allemagne, de l'Australie, de l'Afrique et de l'Amérique, venus pour proelamer une fois de plus que l'Orient et l'Occident, que toutes les races et toutes les familles nationales, quelles que soient leurs mentalités diverses, sont unies indissolublement par le lien d'une foi commune, et n'ont qu'un cœur, qu'une langue, qu'un drapeau, quand il s'agit de ces questiuns d'ordre supérieur qui remuent jusque dans ses profondeurs l'âme de l'humanité.

Autrefois, Messieurs, il v avait dans le monde une institution admirable, dont la physionomie imposante et la bienfaisante influence ont rempli tout un âge de l'histoire, Les nations baptisées reconnaissaient un même droit publie, pos-

sédaient en commun un ensemble de principes et de coutumes, suvaient en certaines circonstances la même ligne politique, et participaient à la même nction militaire, I] Y üvait une France, une Abgleterre, une Ecosse, une Pologne, une Allemagne, une Espagne, une taie, chacune AVEC SON génies intérêts, sos ambitions, Mais se dégageant qe tout cela, ralliant tout cela, et réunissant tont cela en Un puissant faisceru, à certaines heures décisives, il v avait ln chrétien: té, Ce seul mot n'évoquet.il pas dans votre esprit tout un monde de hautes pensées, de faits “lorieux et d'émouvants Souvenirs ? Oui, il y ent Un Motent dans l'histoire où les peuples ehrétiens eurent un même idéal, une même régle de Vie publique, un même criterium de justice et de moralité, une même aspiration primordiale et Seuveraine, et où, faisant abstraction de leurs préoccupations Particularistes, ils donnèrent sou- VENT AU Hide LL spectacl magnifique d'une vas te fédération, diverse en ses parties, mais une dans sa direction et son effort. Hélas ! la chré. tienté. cette chrétienté, est devenue l'une de ces ruines majestueuses que l'humanité à semées sur Son chemin à travers les âges, Elle s'est écroulée avec l'unité doctrinale de l'Europe, sous les Coups de la formidable révolution religicuse qui fut l'œuvre du seizième siècle, Les guerres, les triités, les combinaisons diplomatiques ont in-

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tronisé un nouveau droit publie, et creusé un abime entre la tradition des siècles antérieurs et l'esprit des temps modernes, La chrétienté politique est morte, et ni les concerts européens, ni les conférences internationaies, ni mème les congrès de la paix, ne lui rendront la vie,

Mais, Messieurs, n'entrevoyez-vous pas avec moi une autre chrétienté, une chrétienté morale qui se refait à travers les frontières, à travers les diversités de races, qui s'étend au-delà des limites de l'ancienne, qui franchit les mers, et qui reconstitue de nation à nation, de continent à continent, de race à race, la grande et auguste fratercité chrétienne ? N'est-ce pas à l'une des manifestations de cette chrétienté nouvelle que nous assistons iei ce soir, dans ce temple qui ras semble tant d'hommes n'avant ni la même lanue, ni la même nationalité, mais unis dans la même foi et dans les mêmes espérances ? Nous Somimes iteliens, français, anglais, belges, irlandais, allemands, américains, canadiens ; nous avons chacun nos prédilections, nos tendances, nos idées, nos préjugés peut-être ;

mais nous sommes tous chrétiens, avant tout et par-dessus tout chrétiens et catholiques, fils de l'Eglise-Mère dont l'autorité ne connaît point de frontières, et sujets du Roi des rois, de Jésus- Christ, le Monarque universel dont l'empire excède la terre et le temps, et dont le sceptre

récit teus les mondes, Nous Sommes chrétiens, et à cause de cela nous Sommes frères, et à cause de cela, nous avons des sollicitudes et des intérêts identiques, et à cause de cela, sans rien sacrifier de nos préférences nationales, nous timons, nous Souffrons, Nous CSerons, nous luttons en commun ; et à cause de cela enfin, tout EN AVANT ar cœur l'amour Passionné de nos patries respectives, que nous voudrions voir toujours plus grandes, plus Prospères et plus fortes, toujours plus honorces et plus dignes de l'être, Nous nous clorifions d'appartenir à une patrie qui embrasse toutes les autres sans les effacer ni les amoindrir, Ja patrie des âmes et des croyances, l'Eglise catholique, apostolique et romaine. Ce sera la gloire de l'œuvre des Congrès eucharistiques d'avoir donné une physionomie et une décentuation nouvelles à cette indéfectible unité morale, qui doit lapprocher les uns des autres les chrétiens de toutes les races, nonobstant les barrières physiques, économiques on politiques. Ce sera Son éternel] honneur d'avoir dressé, au milieu de notre âge de discordes et de conflits

| redoutables, en face de l'Internationale haineuse

et violente qui voudrait démolir les patries et détruire les sociétés, l'Internationale pacifique et iluminatrice qui aspire À rendre Jes patries Meilleures et les sociétés plus heureuses, e à les faisant communier tutes dans l'amour et le cul.

e du Maitre dont la doctrine est une loi de justice et de paix.

sous avons done bien raison de nous réjouir en présence des spectacles qui Se déroulent ici depuis trois jours. Le Canada, l'Amérique, assistent à un grand événement, à un événement d'importance et d'amplitude mondiales. Les sceptiques peuvent S'en étonner, mais les hommes qui savent penser, Môme Ceux qui ne partagent pas nos croyances, doivent sentir, sous la splendeur de nos démonstrations publiques, l'action de Ja plus grande force religieuse et sociale qui soit au monde Oui, à la fin de cette première décade du vingtième siècle, à une heure où tant de complots Sont tramés, où tant de passions sont déchaînées coutre le Christ et son Eglise, où les ondovantes négations et la critique torcuense du rationalisme moderniste essavent de défigurer nos dogmes, tandis que des pouvoirs publics, poussé: dés de la haine antireligieuse, travaillent avec une inlassable ardeur à déchristianiser les nations, il est beau et réconfortant d'entendre Ja voix puissante du peuple catholique jeter comme un défi son acelamation immense à l'universelle conjuration des Ssophistes et des proscripteurs.

Pour nous, catholiques canadiens, nous éprouvons un Sentiment de gratitude et de fierté patriotiques pendant ces mémorables jours. Nous remercions Dieu de ce que les conditions de

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notre vie politique, sociale, et religieuse, nous Permettent de donner à ces fêtes eucharistiques un caractère d'apothéose nationale, difficile peutêtre à réaliser ailleurs. Et dans ce triomphe de Jésus-Hostie, nous voulons lire pour notre bienaimée patrie une Promesse d'inviolable fidélité et de religieux avenir.

O Christ ! rédempteur, libérateur, restaura.

teur divin de l'humanité, régnez À iamais sur nous, Régnez sur nous par votre doctrine, ré. nez SUT Nous par vos préceptes, régnez sur nous Par votre Eglise, dont nous vénérons l'augnste magistère, qui Sauvesarde à travers les siècles lt vérité, le droit, et la fraternité. Régnez sur nous enfin par le sacremnt ineffable où vous vous donnez à l'homme dans une oblation mystér'euse et Sacrée, qui l'élève au-dessus de lui-même, et lunit à vous dans dans la communion à la fois la plus sublime et Ia plus incompréhensible. En ces assises soJennelles où se retrempent notre foi et notre ‘Amour, nous vons renouvelons le Serment de notre alléceance nationale, et nous jurons de faire en sorte que tous les actes de notre vie sociale soient la démonstration éclatante de cette parole: Christus vivit. Christus imperat, Christus rent. Oui, que le Christ vive toujours au sein dun peuple canadien, qu'Il commande aux volontés, qu'Il soit le Roi des cœurs ! Voilà le cri qui s'échappe irrésistiblement de nos

lèvres en ces inoubliables jours. Voilà le vœu ardent qui jaillit de nos ânes à tous les instants de ces manifestations grandioses, auxquelles nous avons la joie d'assister. Puisse le Dieu de nos pères, le Dieu de Champlain, de Maisonneuve et de Laval avoir pour agréable cette acelamation et cet élan de tout un peuple et continuer de répandre sur nous les bénédictions qu'Il nous à tant de fois prodiguées au cours de notre histoire. Et qu'aux pages futures de cette histoire puisse s'inscrire, en lettres glorieuses, cette vatiante à la parole magnifique par où Gébutait la loi nationale de notre ancienne et bien-aimée mère patrie: Virat Christus qui diligit Canaden-

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