‹ Discours et conférences [microforme]Chapitre 46 sur 53 · IS · texte numérisé non relu

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des statuts provinciaux, pour distribution parmi les Canadiens français, A la session de IS44- 45 l'Assemblée législative décida que tous les bills et documents soumis à la chambre seraient imprimés en français et en anglais, à nombre égal d'exemplaires. Mais, pendant cette même session, l'Orateur refusa une motion écrite en francais, alléguant que sa réception serait une violation de l'article 41" plus haut cité Et sa décision fut maintenue par la chambre, Cest à-dire que S'il était permis de traduire l'anglais en français, l'anglais seul était officiellement re- Connu.

Le 9 décembre ISf4, M. La Fontaine proposa une adresse demandant communication de toute correspondance qui pourrait avoir été échangée entre l'exécutif canadien et le gouvernement anglais au sujet du #1" article de l'Acte d'Union, qui faisait de la langue anglaise la seule lanuue légale, Le gouverneur, qui était lord Metcalfe, répondit par un message qu'il n'y avait à ce sujet que des dépêches confidentielles. Le 21 février 1845, un ministre, M. Denis-Benjamin

’apineau, proposa une adresse à Sa Majesté, lt priant de recommander au Parlement impérial la révocation de ce trop fameux article. Cette adresse fut adoptée unanimement. On dit à ce propos, dans la vie de lord Metcalfe, par Kayes: “En sanctionnant une mesure comme celle-là, le

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#ouverneur sentait. qu'il descendait de ]n haute position qu'il avait occupée durant ses cinquante ans passés dans le service publie, Ayant appris, dit-il, que le parti Canadien-français dans la chambre, avait intention de proposer une adresse À Sa Majesté, la priant de ret “ancher de l'Acte d'Union la restriction imposée à l'usage de la langue française, dans Jes procédures législatives, le conseil exécutif résolut de le devancer en proposant la chose lui-même, 1] A avait des instructions du gouvernement impérial qui défendaient. cela ; Mais ji] était exXpédient de désairmer l'opposition, et Metcalfe consentit à laisser M, l'apineau présenter l'adresse à ce sujet.” On sent, en lisant ces lignes, que c'est le fanatisme qui tient ici la plume,

En dépit de cette adresse, le Parlement impérial n'abrogea l'article 41" de l'Acte d'Union, qu'en 1848, Ce fut lord Elgin qui eut l'agréable devoir. d'annoncer cette bonne nouvelle à la chambre. Le discours qu'il prononça en ouvrant la session de 1849, contenait Je Paragraphe suivant: ‘Je suis fort heureux d'avoir à VOUS apprendre que, Conformément au désir de Ja législature locale, exprimé dans une adresse des deux chambres au parlement provincial, le parlement impérial à passé un acte révoquant la clause de l'Acte d'Union qui imposait des restrictions à

l'usage de la langue française”. Lord Elgin mit

le comble à la joie bien légitime éprouvée à ce moment par nos compatriotes, en lisant en francais et en anglais le discours du trône, C'était la première fois que pareil fait se produisait. Les gouverneurs du BasCanada, sous l'ancienne constitution, lisaient le discours en anglais, et le président du Conseil législatif en donnait ensuite lecture en français. Cette courtoisie de lord Elgin excita l'enthousiasme des représentants du Bas-Canada. Le vieil athlète de nos Inttes patriotiques, M. Denis-Benjamin Viger, poussa ce cri de bonheur: “Que je me sens soulagé d'entendre dans ma langue les paroles du dis-

cours du Trône !”

Enfin dans l'Acte décrétant la confédération, communément appelé “l'Acte de l'Amérique britannique du Nord,"—la langue française est solennellement reconnue comme langue officielle, par l'article 133"° dont voici le texte: “Dans les chambres du parlement du Canada et les chambres de la législature de Québec, l'usage de la langue française ou de la langue anglaise, dans les débats, sera facultatif ; mais dans la rédaction des archives, procès-verbaux et journaux respectifs de ces chambres, l'usage de ces deux langues sera obligatoire ; et dans toute plaidoirie ou pièce de procédure par devant les tribunaux où émanant des tribunaux du Canada qui seront établis sous l'autorité du présent acte, et

390 DISCOURS Er con FÉRENCES

Par devant tous Jes tribunaux on 6

manant des tribunaux de Québec, i] pourra être f ment usage, à faculté, de l'un ces langues. Les

ait égale.

e où de l'autre de actes du parlement qu c et de Ia législature de Québec devront être imprimés et publiés dans ces deux langues.”

Voilà comment, à travers bic des, la langue de Bossue Berryer

anada

‘n des vicissitut, de Montesquieu, et de des fanatiques qui voulaient comment elle a

* à triomphé la Proscrire, et

conservé son droit de cité an Canada !

1.—Cet article fut publié qane ‘la Presse” du 19 Septembre 1902.

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