‹ Discours et éloges académiques (volume 2)Chapitre 12 sur 58 · XXXYIII DISCOURS DE RÉCEPTION · texte numérisé non relu

XXXYIII DISCOURS DE RÉCEPTION

« Heureux celui qui a pu remonter au principe des choses et fouler aux pieds les vaines terreurs et l'inexorable destin... Heureux aussi celui qui connaît les dieux. . . » La pensée de l'auteur des Géorgiques ne décide point entre le matérialisme de Lucrèce et la croyance aux dieux de l'Olympe; elle laisse la question indécise; aujourd'hui la science humaine, plus avancée, sait du moins qu'elle ignore le principe des choses et il ne semble pas, jusqu'ici, qu'elle ait reçu mission de révéler les dieux ou de peser l'âme humaine à sa grossière balance, ni qu'elle ait reçu pouvoir de garantir aux peuples leurs droits à la justice, à la sympathie et à la liberté.

Pendant les années de calme et de retraite que M. Guizot consacrait à l'étude de ces questions de religion et de morale, il écrivait les Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps^ dans lesquels il raconte sa vie politique. L'impartialité de ses jugements, sa déférence pour les personnes, l'esprit de droiture répandu sur l'œuvre entière inspirent toujours le respect, même quand on n'accepte ni le point de vue de l'auteur ni ses conclusions. Que de préjugés cette lecture a dissipés 1 Combien elle a jus* tiiié l'accueil fait à l'illustre homme d'État, lorsqu'après deux ans d'exil il reparut triste et grave, mais digne et fier, dans les rues de ce Paris où son nom avait retenti comme un outrage, où sa per-

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