CHARLES ET IIKNKI SAINTE-CLAIRE DEVILLE
nation manquant k ce devoir prépare sa ruine intellectuelle, morale et matérielle; elle ne vivra pas longtemps sur la terre et ne laissera en périssant qu'une trace bientôt obscurcie parmi les peuples de l'avenir.
Veillons donc sur les titres de nos morts, en héritiers attentifs; ne laissons ni dépérir ni envahir leur domaine! Ne comptons pas sur la justice d'autrui. Les nations qu'on a initiées aux travaux de l'esprit, de même que celles qu'on a dotées de la liberté, ne se croient point obligées à la reconnaissance et ne craignent pas de donner de grands exemples d'ingratitude. Tel peuple qui, dans la première moitié du siècle, venait nous demander des leçons, se croit prêt à nous en donner aujourd'hui et jette un regard de commisération sur notre pays, comme si les sources de l'invention vêtaient taries. Hh bien, non ! La F'rance n'est pas morte! La tlanime d'une lampe peut en allumer mille autres, sans que sa propre lumière en soit alfaiblie; leur éclat ne fera jamais pâlir le sien, il est son ouvrage.
Les sillons profonds tracés par les frères Deville, la poussière du temps ne les comblera pas et, pour en méconnaître la maîtresse direction, il faudrait un aveuglement volontaire. Puissent leurs successeurs demeurer toujours fidèles, comme eux, aux traditions de la science française! C'esl près d'elle qu'ils
trouveront, le plus souvent encore, ces inspirations claires, conformes à son génie, menant aux régions supérieures de la philosophie naturelle et conduisant aux découvertes dont l'éclat répandu sur notre patrie bien-aimée affirmera son rang parmi les nations.
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