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A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XXII

mais dans l'humanité qu’il réforme et dans l’histoire où 1l prend la première place.

Mettant de côté les formules étroites du xvn° siècle et les jugements passionnés de la Révolution, M. Guizot restitue à l’Église son rôle civilisateur, reposant sur trois idées qui, malgré des efforts insensés, ne périront plus : l'unité de Dieu, l'unité de l’homme, l’immortalité de l'âme.

Il suit, pas à pas, l’origine et les progrès de la féodalité; instrument passager, mais indispensable pour recommencer en Europe la société dissoute par la barbarie ; il en expose le rôle, et il en explique la fin. Il la dépouille de ce caractère de brutalité absolue que lui attribuent les partis, et, tout en lui conservant ses mœurs énergiques, ses ambitions actives et son indépendance quelquefois sauvage, souvent héroïque, il en signale le caractere poétique, dont les reflets colorent les temps de la chevalerie et l’époque des croisades.

Il assigne à la naissance et au développement du pouvoir royal ses causes historiques. Il suit dans le cours des siècles la France chrétienne. Constituée par Charlemagne, dont les armes, arrêtant au nord et au midi le flot des barbares et celui des Arabes, refoulent au loin le paganisme et l’islamisme ; amenée à l’unité nationale sous les Capétiens; centralisée par l’action lente mais continue de ses rois,

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