XXVI DISCOURS DE RÉCEPTION
et, si nous passions des temps heureux de sa vaillante jeunesse aux jours attristés de sa retraite, nous verrions que sa mémoire fidèle les retrouvait sans effort, lorsqu'il publiait son Æistoire de France, à laquelle tout homme éclairé s’est empressé de faire une place d'élite dans sa bibliothèque. Histoire populaire et savante, que son patriotisme n’a pu terminer, mais dont 1l déposait avec confiance, aux approches de la mort, les dernières pages dans les mains.pieuses de M de Witt, de sa fille, si digne, par le dévouement de son cœur et par les lumières de son esprit, de conserver ce legs à la postérité.
Ce beau livre débute par un tableau de la Gaule avant la conquête de César, se poursuit jusqu'en 1780, au moment de la convocation des États généraux, et la phrase qui le termine en fait connaitre la portée morale. Dès les premiers jours de la réunion de l’Assemblée nationale, un député bien connu s'était écrié : « Vous êtes appelés à recommencer l’histoire. » Il se trompait arrogamment, conclut M. Guizot : depuis plus de quatre-vingts ans, la France moderne poursuit laborieusement et au grand jour l’œuvre qui s'était lentement élaborée dans les flancs obscurs de la France ancienne. Entre les mains toutes-puissantes du Dieu éternel l'histoire d’un peuple ne s’'interrompt et ne recommence jamais. »