‹ Discours et éloges académiquesChapitre 14 sur 43 · A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XX VII · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XX VII

Il en arrivera, sans doute, de l’Æistoire de France de M. Guizot ce que nous pouvons constater de son Histoire de la civilisation en Europe et de son Historre de la ciwihsation en France. Celui qui les Hit pour la première fois s'étonne d’être déjà familier avec le point de vue de l’auteur; c’est que, depuis un demisiècle, la méthode de M. Guizot et ses formules ont passé dans les esprits; et si, en lisant ses œuvres, on croit les relire, c’est que des sentiers obscurs de l'histoire, découverts par sa pénétration, 1l faisait les routes larges et aplanies où chacun circule à l'aise aujourd’hui. Ceux qui, dans leur jeunesse, mettent au jour de grandes vérités ou des vérités utiles, ont la douceur singulière de voir, en vieillissant, qu'avec le temps leurs créations ont fécondé tout ce qu’elles touchaient. Ce rare privilège a été réservé à M. Guizot, qui a pu voir des millions d'êtres humains, fortifiés par les doctrines consolantes qu'il avait fait pénétrer dans les âmes ; noble jouissance, que la vie oisive ignore, que les richesses ne procurent pas et dont, seule, connait le secret l'invention des idées, ce sublime attribut de l'homme, flamme que le génie allume et qui se transmet sans s’éteindre, dans l’espace pour les générations contemporaines, et dans le temps pour les générations futures.

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