‹ Discours et éloges académiquesChapitre 21 sur 43 · A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XXXVII · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XXXVII

les hommes à la justice, à la sympathie, à la liberté. M. Guizot veut qu’on s’en souvienne. Sous la nouvelle loi morale, ne l’oublions pas, en effet, le droit n’a plus abdiqué devant la force, la justice s’est étendue sur toutes les nationalités, la sympathie n’a plus tenu compte de la couleur des hommes; la liberté a relevé les castes et les races déchues; le plus humble s’est vu protégé par son origine divine, et le plus grand s’est senti responsable devant l'éternité. La religion, la morale, la civilisation de l’Europe reposent sur cette base ferme du droit de tous les hommes à la justice, à la sympathie, à la liberté, œuvre du christianisme ; ceux qui possèdent ces grands biens les conserveront, ceux qui en sont encore privés en seront dotés à leur tour par le vrai progrès de la politique; en même temps, la fièvre passagère de la pensée scientifique, en travail d’enfantement, qui menace ces fortes doctrines et qui n’a rien pour en tenir lieu, s’apaisera comme elle s’est apaisée en des temps éloignés.

Rappelons-nous que, dans un moment d’enthousiasme jeune et poétique, Virgile, enclin par la douceur de son génie à un éclectisme bienveillant pour toutes les opinions, a pu s’écrier :

Felix qui potuit rerum cognoscere causas Atque metus omnes et inexorabile fatum

ubierit péMbuS. 2 213 06 acte Fortunatus et ille, deos qui novit...

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