‹ Discours et éloges académiquesChapitre 24 sur 43 · XL DISCOURS DE RÉCEPTION · texte numérisé non relu

XL DISCOURS DE RÉCEPTION

il murmurait avec anxiété, hésitant devant la rime : Altale a l'esprit grand, le cœur beau, l'âme belle.

Hélas! il s'était appliqué jadis, avec une religieuse émotion, à l'occasion de la perte prématurée de son fils ainé, les vers touchants que Molière adressait à son ami La Mothe-le-Vayer, frappé d'un deuil semblable :

Je sais bien que mes pleurs ne ramèneront pas Ce cher fils que m’enlève un imprévu trépas; Mais la perte, par là, n’en est pas moins cruelle. Ses vertus de chacun le faisaient révérer ;

Il avait le cœur grand, l'esprit beau, l’âme belle, Et ce sont des sujets à toujours le pleurer.

Les pressentiments d’une fin prochaine font revivre aux yeux des mourants le souvenir de ceux qu'ils ont aimés : il était parvenu à ce moment solennel où la mémoire de l'intelligence s’obseurecit tandis que la mémoire du cœur se réveille plus lucide.

Étranger à la politique active depuis 1848, M. Guizot n’y rentra qu’un moment et dans des circonstances qui ne peuvent être oubliées. Le 18 mars 1870, la commission chargée de préparer le projet de loi relatif à la liberté de l’enseignement supérieur était réunie, et son président, alors âgé de 83 ans, se faisait entendre pour la dernière fois dans |

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