‹ Discours et éloges académiquesChapitre 27 sur 43 · XLIV DISCOURS DE RÉCEPTION · texte numérisé non relu

XLIV DISCOURS DE RÉCEPTION

séance mémorable, pourquoi M. Guizot n'est-il pas toujours resté ministre de l'instruction publique, en dehors des luttes de la politique! Il eût étendu lui-même à l'instruction secondaire et à l’instruction supérieure cette initiative qu'il avait appliquée avec tant de sûreté à l’organisation de l’éducation populaire, restée à l’état de promesse avant que la loi de 1833 sur l'instruction primaire en eût permis la réalisation sincère.

OEuvre de M. Guizot, cette loi, si bien pondérée cependant, n'aurait pas suffi; il fallait en marquer le but, en circonscrire l’objet, en créer les instruments. En vrai ministre, qui, tout en innovant, sait rester pratique, il s'adresse aux préfets, aux recteurs, aux maires, aux Commissions d'examens, aux instituteurs eux-mêmes. Ses circulaires sont de vrais modèles de précision et de clarté; l'esprit politique et l'esprit de charité, unis au plus profond bon sens, y rencontrent, sans la chercher, l'éloquence la plus vraie et la plus touchante. Jamais on ne fut mieux inspiré, en parlant de cette humble école de village où l'enfant du pauvre viendra chercher la lumière. Avec quelle autorité M. Guizot rappelle à l’instituteur qu’il est chargé, par sa parole et par son exemple, de contribuer pour sa part à élever dans la nation le niveau de l'âme humaine! Combien on regrette que l'instruction publique en

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