‹ Discours et éloges académiquesChapitre 28 sur 43 · A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XLV · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XLV

France ne soit pas demeurée pendant tout un règne entre les mains de M. Guizot! Il réunissait tant de qualités! Sentiment religieux et profond respect de toutes les croyances; connaissance sérieuse des langues anciennes, des langues vivantes et de la philosophie; autorité incontestée dans l’enseignement de l’histoire, rien ne lui manquait du côté de ces études classiques qui conservent l’heureuse tradition de notre esprit national parmi la jeunesse où se recrutent l’armée, la magistrature, les professions savantes et le clergé.

Familiarisé avec les méthodes pédagogiques en usage dans les pays étrangers, il aurait importé en France leur sentiment moderne au profit des études usuelles que réclame le tiers état; il aurait fait accepter par l'Université des devoirs nouveaux dont elle n’a pas compris la profonde importance sociale. Les avertissements lui ont été prodigués dans les temps heureux, elle les a dédaignés; aujourd'hui, ce serait manquer de patriotisme que d’ajourner les réformes. Il faut assurer enfin une instruction en rapport avec sa destinée à chacun des enfants du pays, à tous une éducation qui place toujours le devoir à côté du droit et qui développe en eux l'amour profond de la patrie, le respect absolu de la loi, Fes-

prit de sacrifice.

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