XVI DISCOURS DE RÉCEPTION
nité de sa belle vieillesse, cet illustre homme d'État n'avait-il pas trouvé le secret d’y faire revivre les traditions de la société polie du xvm siècle, dont 1l était le dernier représentant, et d’y réunir, avec une indulgence pour les opinions les plus diverses qui ne fut jamais indifférence ou scepticisme, le choix exquis d’éminents esprits qui se plaisaient à s’y rencontrer? Quand l’âge avait séparé M. le chancelier Pasquier de tous les amis de sa jeunesse, descendus avant lui dans la tombe, et l'avait presque isolé, il retrouvait dans le culte des lettres, sans lequel le repos serait la mort même, le noble emploi d’une curiosité passionnée, que les années accumulées n'avaient pu refroidir, et que vous seuls aviez le don de satisfaire.
Dans ces salons, ornement du vrai Paris, qui ont tant contribué à l'autorité intellectuelle de la France, 1l ne fallait chercher ni l'éclat des dorures, ni le feu des lustres, ni les folles toilettes. La décoration en était simple, les lumières voilées, la conversation sérieuse; l’opulence n’en ouvrait pas les portes, mais la valeur intellectuelle, la distinetion. Le récit fait par M. Guizot lui-même de ses débuts dans ce monde d'élite qui devait exercer une influence décisive sur son avenir, et dont il n’est pas inopportun de rappeler le salutaire exemple, en donne une juste idée.