‹ Discours et éloges académiquesChapitre 5 sur 43 · A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XVII · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XVII

« J'y arrivais très jeune, dit-il, parfaitement obscur, sans autre titre qu'un peu d'esprit présumé, quelque instruction et un goût très vif pour les plaisirs nobles, les lettres et la bonne compagnie. Élevé dans des sentiments très libéraux, mais dans des croyances pieuses, les habitués des salons qui m'accueillaient souriaient de mes traditions chrétiennes, et cette diversité de nos idées, loin de me nuire, était une cause d'intérêt pour moi. J'ai appris d'eux plus que de personne à porter dans la pratique de la vie cette large équité et ce respect de la liberté d'autrui qui sont le devoir et le caractère de l'esprit vraiment libéral. » En ces temps qui s’éloignent de nous, la libre pensée n’avait pas encore divorcé avec la tolérance.

Remarqué par Chateaubriand, attiré par M. Pasquier vers les fonctions publiques, M. Guizot fut bientôt distingué par M. de Fontanes, grand-maîitre de l’Université, qui fit créer en sa faveur une chaire d'histoire moderne à la Faculté des lettres de Paris. Lorsqu'il ouvrait, avec dispense d'âge, ce cours célèbre dont les lecons ont donné naissance à son Histoire de la civilisation en France, M. Guizot avait vingt-cinq ans à peine. Remercions, en passant, M. de Fontanes de n'avoir pas attendu que sa jeunesse se füt épuisée en travaux nécessaires aux exigences de la vie matérielle et stériles pour la science,

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