ST PEER
tre ici encore avec Pascal, affirmant que c’est | il entend par là le bon sens, que nous connaissons
4 Lt ns iobs ss S qui prenait comme base de ses déductions l'identité en toutes choses du maximum et du mini- “um, le ses posant u axiome > fondamental de l'identité
r I k méthode déductive. Or, en général, le savant allema ue l'esprit géométrique, mais il est dépourvu d'esprit de
à force, car le rôle de l'esprit de finesse, si nécessaire au début
certaines études pour en poser les principes, devient moindre
- quand elles sont parvenues à un stade où l'esprit de géométrie
ut tirer de ces principes la longue chaîne de leurs conséquences,
ï sr sont les points de vue élevés, où se plaçait Duhem pour
parler de l'Allemagne pendant la guerre, et ses fines analyses de la mentalité germanique n’ont rien perdu de leur intérêt.
Ra: QU
un jugement sommaire porté sur Lavoisier par un chimiste
allemand, et il écrivit une petite brochure : La chimie est-elle
une science française ? On a plaisir et profit à suivre avec lui la longue histoire des explications concernant la calcination des métaux. Après Cardan et Léonard de Vinci, qui professaient
que l’âme du plomb regagnait son lieu, alourdissant ainsi le
- métal changé en céruse, le médecin périgourdain Jean Rey, véritable précurseur de Lavoisier, esquisse au début du xvue siècle une théorie de l'oxydation, bientôt précisée par l'anglais Jean Mayow qui devine dans l’air l'existence d’un principe actif igno-aérien, celui-là même que Lavoisier devait un
jour appeler oxygène. Mais bientôt après, la chimie naissante
s'engage dans ‘une fausse voie avec Robert Boyle et Stahl, et la théorie du phlogistique régna jusqu’à ce que Lavoisier, complétant et précisant les vues de Jean Rey et de Mayow, vint tout démontrer par la précision de ses mesures et la rigueur . de sa critique. Duhem voyait là encore une confirmation «
d’une thèse qu'il avait maintes fois formulée : «le plus sou-
. , . gTTe , [ . :
vent, a-t-il écrit, une vérité n’est “pas rêçue d'une manière définitive, avant qu'elle n'ait été découverte à plusieurs reprises
séparées les unes des autres par de longs intervalles d'erreur et
d’oubli ». |
Duhem resta longtemps isolé dans sa studieuse retraite, tout …
entier à ses travaux et à son enseignement. Il craignait de se laisser enrégimenter, et il semble même qu’il voyait d’un œil méfiant certains prosélytismes qu'on aurait pu penser lui être sympathiques. Peu à peu cependant, il s’associa à des groupements bordelais dont le rapprochaient ses convictions religieuses, faisant aux étudiants des causeries historiques ou philosophiques, où il savait se mettre à la portée de ses auditeurs, jeunes gens ou jeunes filles. Ce polémiste, parfois fougueux, plaisait à la jeunesse qu’il comprenait et qu’il aimait. Il n'avait rien d’ailleurs d’un prédicateur morose, et né manquait ni de gaieté, ni de cet esprit.de finesse dont il avait si doctement parlé.
La guerre, pour lui comme pour tant d’autres, modifia ses
habitudes, et on le vit payer de sa personne dans un [grand à
nombre d'œuvres. C’est à l'Association des étudiants catholiques qu'il fit ses conférences sur la science allemande. II se dépensa aussi sans compter au Comité girondin de l’Orphelinat des Armées, fondé avec le concours de la municipalité de Bor-
. Sans # F5 il était ainsi devenu une figure bor- délaise, et la grande cité méridionale était fière de lui. Elle
a entendu garder pieusement son souvenir, en donnant le nom ie Pierre Duhem à une des rues de la ville; le rapporteur de la … proposition faite à ce sujet au Conseil municipal terminait par $ ces mots: « Qu'il me soit permis d'ajouter que chez lui l’homme s'élevait à la hauteur du savant; tous ceux qui l’ont connu et Fa pproché admiraient l’indépendante fierté de son caractère, # son inflexible conscience, la bonté et la sûreté de son cœur. » Ë
La facilité de travail de Duhem était prodigieuse. Mémoires
scientifiques, articles philosophiques ou historiques, il menait » tout de front comme en se jouant; les pages couvertes par sa grande écriture bien connue de ses nombreux correspondants succédaient aux pages, sans ratures, toutes prêtes pour l’impression. Malgré son naturel maladif, notre confrère paraissait vigoureux, et son visage souriant, terminé par une longue barbe, respirait la franchise. Il aimait passionnément la marche et, pour se reposer de ses travaux, consacrait une partie de ses vacances à parcourir, le sac au dos, une région de la France. Il excellait aussi à diriger une embarcätion, et on le rencontrait sur la côte bretonne, menant la vie des pêcheurs. Il était heureux de retourner chaque année dans sa maison de Cabrespine. C'est là que la mort le prit en 1916. Au début de septembre, des dou- … leurs violentes firent diagnostiquer une angine de poitrine, dont s les premiers symptômes, déjà anciens, avaient été méconnus. … Le 14, une crise subite l’enlevait en quelques minutes, à l’âge Ç de cinquante-cinq ans; il dort maintenant son dernier sommeil È dans le cimetière d’un petit village de la Montagne Noire. Ainsi disparaissait, dans toute la maturité de son talent, un 5 Te d’une rare vigueur d'esprit. À une époque d’une - spécialisation excessive, la prodigieuse activité de Duhem s’est - portée sur les parties les plus variées des sciences physico- … mathématiques, et il a été aussi un humaniste et un philosophe. È L'harmonie fut profonde chez lui entre l’homme et le savant, que guidait l’un et l’autre une vue systématique des choses; sa … vie si bien ordonnée laisse l'impression d’une admirable unité. … La France perd en lui un bon serviteur; l’Académie, qui de … bonne heure avait rendu justice à son infatigable labeur, un de » ses membres qui lui faisait le plus d'honneur.
mo ———
NZ |