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se si nul ne le demande, je le sais; si je cherche à er quand on me le demande, je ne le sais pas. »
Les iatre premiers volumes de l'Histoire des doctrines cos- ’ es ont été publiés pendant la vie de Duhem. Le tome V L Len 1917, quelques mois après sa mort. Il traite principaleent des relations entre l’aristotélisme et la scholastique latine,
> cours du XIe siècle, l’opposition se fait chaque jour plus vive itre la doctrine chrétienne et le péripatétisme rétabli dans son égrité par certains commentateurs arabes et ce Siger de ibant dont Dante vantait la pureté des syllogismes. Les le Grand et les Thomas d’ Aquin s “efforcent de concilier stote et le dogme catholique; mais l’heure de la rupture roche, et c’est à ce moment quese terminela partie imprimée | ouvrage de Duhem. La publication de cette œuvre consiable, qui devait avoir douze volumes, n’est cependant pas ée. Les tomes VI, VII et VIII étaient entièrement terà la mort de l’auteur, et ses manuscrits ont été confiés a fille à l'Académie. Nous souhaitons que les circonstances ttent un jour prochain de les imprimer. Ils grandiront la renommée du savant, de l’érudit et du philosophe, ugé faire œuvre utile, en se consacrant pour un temps à herches si éloignées d’abord de ses premières études. Il nsait . rien n’est indifférent, pour l'histoire de l'esprit
Sahen a a été, pendant plus de vingt ans, professeur de physique ique à la Faculté des sciences de Bordeaux. Son désir de revenir à Paris, non point qu’il eût la moindre ambition nnelle; mais il estimait que c'était pour lui le seul moyen voir quelque action sur l’orientation des recherches physicoiques. Cependant, trop physicien pour les mathématiciens op mathématicien pour les physiciens et les chimistes, il ne va pas, dans la capitale, la place à laquelle sa situation scien- Ê
intéressera surtout les historiens de la philosophie. Durant ”
MES AU ; tifique aurait pu lui donner droit. Il ne fit d’ailleurs rien pour 1 y arriver; ce n’était pas dans sa manière. D’un désintéressement absolu, le caractère de Duhem était essentiellement chevaleresque. Quand il croyait apercevoir quelque tort ou quelque injustice, il se levait pour protester; ce qui n’est pas la meil-… leure façon de se faire des amis. Les savants, qui lui paraissaient, » par leur enseignement ou leurs écrits, retarder la marche de la science, devenaient ses ennemis personnels. On peut trouver qu’il dépassa parfois la mesure, d'autant que, dans la vivacité » de la polémique, sa critique oubliait les services que rendent " souvent dans la science les lois approximatives et simples. Il eut « parmi ses contemporains quelques antipathies scientifiques, : comme dans les temps antérieurs il en avait eu en la personne de 1 certains humanistes et savants de la Renaissance, qui avaient combattu les doctrines des vieux maîtres, par lui réhabilités, de l’Université de Paris.
Des intimes de Duhem nn qu'il souffrait de l'ostra- | cisme qui semblait peser sur lui. Il avait cependant à Paris des amis qui appréciaient sa haute valeur scientifique et son. immense labeur; dès 1900, l’Académie le nommait correspondant pour la section de mécanique, sur un rapport extrêmement élogieux de notre confrère Sarrau, bon juge dans les ques- | tions de thermodynamique et de mécanique chimique. Quand l’Académie eut créé, en 1913, une section de membres non résidants, plusieurs d'entre nous pensèrent immédiatement 11 Duhem, mais il hésita à poser sa candidature, ne voulant pas 1 être nommé avant un naturaliste dont il estimait beaucoup les travaux. Ce ne fut pas sans peine qu’on lui fit comprendre qu'il n'était pas chargé de classer les candidats, et il était élu, le“ 8 décembre 1913, à la presque unanimité des suffrages. Cette
“élection amena, semble-t-il, dans son esprit inquiet, une sorte | de détente. :
Quoique Duhem eût beaucoup étudié l’histoire de la sel à sophie, particulièrement dans ses rapports avec les sciences, il" aimait peu les discussions philosophiques. Il eut cependant à" répondre à diverses critiques. Nous avons déjà dit que ses idées” sur la théorie physique l'avaient fait parfois classer parmi les pragmatistes. Il fut aussi un jour traité de kantiste; c'était à. un congrès de savants catholiques à Bruxelles. L’insistance qu'il avait mise à déclarer qu'une théorie physique est quelque
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chose de purement formel, avait parue suspecte à quelques-uns . qui l'accusèrent de subjectivisme. Ce prétendu kantiste a cepen- dant écrit cette phrase, qui n’eût sans doute pas été contre-
: signée par son ami Delbos, que la Critique de la raison pure est > le commentaire le plus long, le plus obscur, le plus confus, le 4 plus pédant de ce mot de Pascal « nous avons une impuissance 4 à prouver invincible à tout le dogmatisme », et il n’a pas mieux …. traité la certitude de qualité inférieure, ce sont ses expressions, … à laquelle aboutit péniblement le philosophe de Kænigsberg | dans la Critique de la raison pratique. Non, ce n’est pas de - Kant, mais de Pascal que relève Duhem, de Pascal qu'il cite < constamment, et dont il sait entièrement par cœur le livre de … Pensées. j
- Des critiques lui vinrent aussi d’autres côtés. Une d'elles lui
fut particulièrement sensible. Un philosophe distingué, après une étude très approfondie de la philosophie scientifique de Duhem : la caractérisait en ces termes : « Dans ses tendances vers une - conception qualitative de l'univers matériel, dans sa défiance … vis-à-vis d'une explication complète-de cet univers par lui- Œ même, telle que le rêve le mécanisme, dans ses répugnances
plus affirmées que réelles à l'égard d’un scepticisme scientifique “intégral, elle est la philosophie scientifique d’un croyant.» Dans
- un article intitulé Physique de croyant, Duhem crut devoir : répondre longuement. Il renvoie aux partisans du mécanisme É Paccusation de faire de la métaphysique, et insiste sur ce que «pour le physicien, l'hypothèse que tous les phénomènes na- … turels peuvent s'expliquer mécaniquement n’est ni vraie ni … fausse; elle n’a pour lui aucun sens ». Avec une vigueur nouvelle, — Duhem reprend ses assertions qu'un principe de physique théorique est une forme mathématique propre à résumer et à classer …. des lois constatées par l'expérience, et donne simplement une … image de ces lois; il est nécessairement sans usage dans les dis- ». cussions métaphysiques ou théologiques. Ainsi Duhem plaisante = ceux qui prétendent déduire du principe de la conservation de … l'énergie l'impossibilité du libre arbitre. En posant ce principe, ” on postule que les’ phénomènes sont régis par des équations … différentielles et, par suite, soumis à un-déterminisme rigoureux ; … il y à alors quelque naïveté à s'étonner qu'aucune place dans la classification ne soit réservée aux actes libres, qui en ont été =. exclus a priori. Il n'est pas douteux que, au sens où l'entend
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Duhem, une théorie physique n’est ni une théorie de croyant, …
ni une théorie d’incroyant, mais seulement une théorie de
physicien; mais peut-être dans des discussions de ce genre, saisit-on bien ce qu’a de trop étroit cette opposition systématique, faite par Duhem à la méthode inductive qui permet au
moins d’énoncer des probabilités, d'autant qu'il fait lui-même une induction en proclamant que la théorie en se perfectionnant devient le reflet de plus en plus précis d’une métaphysique. Duhem a beau jeu d’ailleurs avec les critiques relatives à la
conception qualitative de l'univers, conception qui a été un trait essentiel de la cosmologie enseignée dans l'antiquité par
les disciples d’Aristote, au moyen âge par les philosophés arabes
et juifs, comme par la scholastique catholique, et ne se rattache
par suite à aucune croyance, ce qui lui donne l’occasion de
signaler des analogies un peu forcées, semble-t-il, entre la 4 physique péripatéticienne et la thermodynamique générale. |
La conception que Duhem avait des théories scientifiques ne troublait donc en rien sa foi religieuse. Ce n’est pas qu'il consi-
dérât nécessairement le domaine scientifique et le domaine ” religieux, comme séparés à leur racine par une cloison étanche. …
Sa pensée intime à ce sujet nous est révélée dans une lettre à un
ami d'enfance : « J'ai cru de mon devoir de savant, écrit-il, .
comme de mon devoir de chrétien, de me faire sans cesse l’apôtre
du sens commun, seul fondement de toute certitude scientifique, -
philosophique, religieuse. Mon livre sur la théorie physique . - n'avait pas d’autre objet que de mettre en évidence la vérité scientifique de cette thèse. » A l'objection que certaines croyances .
philosophiques et religieuses reposent uniquement sur des rai- è
sonnements sans valeur, invoquant sans cesse des notions indé-
finissables qui ne sont que des mots vides de sens, Duhem répond |
dans la même lettre : « A force de réfléchir à ces difficultés, je me suis aperçu qu’on en pouvait dire autant de toutes les sciences, de celles qu’on regarde comme les plus rigoureuses, la physiqué, la mécanique, voire la géométrie. Les fondations de chacun de ces édifices sont formées de notions que l’on a la prétention de comprendre, bien qu’on ne puisse les définir, de
principes dont on se tient pour assuré, bien qu’on n’en ait aucune .
démonstration. Ces notions, ces principes, sont formés par le bon sens. Sans cette base du bon sens, nullement scientifique, aucune science ne pourrait tenir; toute sa solidité vient de là. »
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