‹ Discours et mélangesChapitre 13 sur 51 · CET · texte numérisé non relu

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a ques, Hunt au slppenent de la vie, a perdu quelque peu de son intérêt aujourd’hui, le transformisme étant moins

“Ress depuis que l’on envisage la possibilité de mutations

pere rapides.

Thomson fut aussi en désaccord avec les géologues qui

atiqne l'existence d’un océan en fusion placé au centre de | . la Terre, dont nous ne serions séparés que par une croûte fort - mince: c'était, vers 1860, une opinion très accréditée. Elle se - concilie difficilement avec les phénomènes de la précession et de là nutation. Notre globe, pour Thomson, est solide jus- ; qu’ au centre, exception faite de quelques parties liquides de - massesrelativement faibles. Les géologues sont aujourd’hui, semblet-il, d'accord sur ce point, admettant une enveloppe pier- - reuseexterne d'environ quinze cents kilomètres, là stratosphère, 5 à l'intérieur de laquelle est la barysphère, beaucoup plus dense. E Mais on ne peut supposer, d'autre part, que notre globe soit » un solide indéformable. La Terre possède une certaine élasticité. de faite des séismes, elle n’est jamais en repos; sous les actions de la Lune et du Soleil, elle se soulève et s’abaisse, comme si elle respirait. Il y a nécessairement une relation entre les mouvements des eaux de l'océan et la marée de la surface terrestre, et cette relation dépend de la rigidité de la Terre. C'est par cette voie que Thomson, attaquant le problème, fut conduit au résultat que la terre est plus rigide que le verre, sans être peut-être aussi rigide que l'acier. De nombreuses mesures, effectuées depuis cinquante ans, ont confirmé ses clusions, en les précisant considérablement.

Les ‘recherches cosmogoniques, dont la base, il faut l’avouer, 3 Let parfois fragile, étaient pour Thomson un délassement qui ne l’empéchait pas de poursuivre ses travaux sur l'électricité. | Les appareils qu'il imagina pour les mesures électriques ont joué dans l’histoire de la science un rôle capital. Ses électro- E mètres, ses voltmètres et tous ses appareils de mesures élec- | triques, répandus dans le monde entier, n’ont eu à subir que - des perfectionnements de détail. Avant lui, on utilisait des instruments pe comparables, et la confusion était grande dans les mesures. Les indications des instruments de Thomson sont

— 62 — : # susceptibles d’être interprétées en unités absolues, etilfutlepre- … mier à montrer comment les unités électriques fondamentales À pouvaient être déduites du principe de la conservation de | l'énergie. Il avait vu clairement la nécessité d’un système aussi cohérent que possible pour les mesures électrostatiques et. électrodynamiques, et il fut l’âme d’une commission de l’Asso- ” ciation britannique pour l'avancement des sciences, qui, pen- : dant vingt ans, étudia cette question d’une importance capitale non seulement pour la science pure, mais aussi pour le développement de la future industrie électrique. A l’exposition universelle d'électricité qui eut lieu à Paris, en 1881, Thomson et notre confrère Mascart tinrent la première place dans les discussions dont devaient sortir les unités électriques modernes; deux d’entre elles, le watt et le volt, sont connues au moins de Ë nom par tous ceux qui emploient la lumière électrique. L’en- « tente cordiale entre les deux savants leur permit de lutter contre 1 certaines prétentions appuyées par Helmholtz et Clausius.

Mascart a raconté ces négociations difficiles, et il a noté le petit M détail que c’est autour d’une table du pâtissier Chiboust, où 1 - Sir William et Lady Thomson prenaient une tasse de chocolat,

qu’on finit par s'entendre au sujet des unités désignées sous le nom d'Ampère, de Coulomb, de Farad. Dans les Papers on « electrostatics and magnetism, où Thomson rassembla ses mé-" moires sur ces sujets, on doit louer à la fois le géomètre ingé- « nieux et profond, et l'inventeur des instruments variés qui lui ont valu une réputation universelle comme constructeur.

Ceux qui ont scruté la nature des théories physiques se sont. - plu quelquefois à opposer, d’une part, les partisans dela doctrine énergétique, formant les équations générales relatives aux transformations d’un système, sans en connaître la constitu-u tion autrement que par les variables susceptibles d’être observées au moyen desquelles on peut les définir, et, d’autre part, les esprits désireux d'explications mécaniques et curieux du détail intime des phénomènes. Les seconds véulent ouvrir las montre qui est devant eux, tandis que les premiers se contentent de suivre le mouvement des aiguilles. Cette opposition est ancienne; qu'il suffise de rappeler la phrase de Pascal : «Il faut:

< mn gros, cela se fait par figure et mouvement, car cela est vrai, mais de dire quels et composer la machine, cela est ridicule; car cela est inutile et incertain et pénible. » L'auteur des | Pensées visait surtout Descartes qui voyait dans l'étendue … l'essence de la matière, et voulait, en partant de là, construire - le monde avec de la figure et du mouvement. Notre regretté . confrère Duhem a écrit un livre profond, mais systématique, sur} objet et la structure de la théorie physique. Celle-ci est-elle une classification, ou une explication cherchant à atteindre le réel, ou bien encore une représentation au moyen d'images Do facilitant les raisonnements ? Thomson, suivant les cas, se % Free à ces divers points de vue. Tous les moyens lui furent bons pour faire progresser la science, et lon ne peut, sans injustice, faire rentrer son libre génie dans des cadres tracés a priori. Au début de sa carrière, il fut avant tout un champion de cette LE érgétique qu'il contribua grandement à fonder; il suffit de » rappeler ses mémoires sur le principe de Carnot, sur la dissipa- tion de-l'énergie, sur la thermo-électricité, sur l'élasticité. Mais » la tendance naturelle de son esprit le portait aussi à chercher … dans le visible une représentation de l’invisible. Presque tous É ses travaux sur la constitution de la matière et de l’éther sont guidés par cette pensée. Un exemple remarquable en est donné =. par les anneaux persistants que lancent les fumeurs dans un … air calme. Helmholtz, en 1858, avait établi les propriétés fon- damentales de ces tourbillons. Thomson, après avoir réalisé d’ingénieux “dispositifs pour les obtenir avec des gaz chargés de 2 : Es. complète la théorie en étudiant leur stabilité et leurs 4 actions réciproques. Puis il suggéra que la matière peut être - formée de diverses espèces d’anneaux tourbillonnaires répandus - dans un fluide parfait indéfini. C’est son hypothèse célèbre des … atomes tourbillons. Ceux-ci possèdent bien certaines propriétés des masses matérielles : permanence, élasticité, actions mutuelles, toutes dues aux rotations rapides. A la vérité, des difficultés se présentèrent, en particulier quand on voulut xpliquer la gravitation, et préciser quel est dans un atome stourbillon l'élément invariable, qu'on puisse regarder comme ‘ sa masse. Thomson finit lui-même par abandonner cette théorie atomique, à laquelle il avait su donner un grand développement. * II fut conduit plus tard à penser qu’il fallait adjoindre à l’éther E et aux tourbillons un tertium quid pour expliquer les propriétés

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de la matière. Ce fertium quid, dit-il, peut s'appeler l'électricité. Cette suggestion a sans doute conduit divers auteurs à modifier : la théorie primitive de Lord Kelvin, pour l’ eus aux phénomènes électriques.

Mais revenons un peu en arrière. La constitution de l’éther, qui transmet la lumière, et dont on a dit qu’il avait été imaginé … pour donner un sujet au:verbe vibrer, ne cessa d’être l'objet des études de Thomson. Il admet sans discussion son existence, et indique des limites pour sa densité. I1 le regarde comme impondérable, c’est-à-dire que les molécules d’éther. sont simplement sensibles aux actions des molécules (de matière ou d'éther) … extrêmement voisines, mais que le coefficient d'attraction newtonien est nul pour elles. Rappelons, au sujet de l’impondérabilité de l’éther et de la constance du coefficient d'attraction pour tous les corps de notre système solaire et même stellaire, une idée curieuse, émise jadis par notre confrère, M. Boussinesq, ce serait une sélection inévitable qui n'aurait maintenu dans le système, à l’époque où il était une nébuleuse très diluée sous- traite par sa raréfaction aux actions moléculaires, que des subs- « tances gravitant également (c’est-à-dire ayant même coefficient * d'attraction), à l'exception toutefois des matières de gravité nulle, comme l’éther, qui sont restées répandues dans toût l’espace. Dans d’autres systèmes stellaires que le nôtre, il se . peut que le coefficient d'attraction soit différent.

De grandes difficultés se présentent quand on veut rendre compte de la nature de l’éther, en faisant des comparaisons avec les milieux qui nous sont familiers. L'éther paraît en effet, M à première vue, jouir de propriétés contradictoires, puisque, comme un fluide de densité très faible, il n’oppose qu'une résis-. tance insensible au mouvement des planètes, tandis qu'il « transmet des vibrations comme un solide élastique. Ces contra dictions peuvent s'expliquer, d’après Thomson, par la lenteur « relative du mouvement des corps célestes permettant à l’éther de conserver les propriétés des fluides, tandis que la fluidité fait « place à l’élasticité devant la très grande vitesse des radiations « lumineuses. Cette vue générale ne lui suffit pas, d’ailleurs; il croit trouver un exemple concret dans la poix écossaise des cordonniers; taillée, cette matière peut vibrer, mais, aban-« donnée à elle-même, elle s'écrase sous son propre poids. “A

Je dois rappeler aussi la conception si originale, à laquelle“

e it contre toute cause CEndnt à imprimer une Halo qu’une dé ses parties, et cède sans résistance à toute nation sans rotation. Ce milieu transmet les ondes trans-

- tn honor fit à Baltimore des conférences sur la dynamique moléculaire et la théorie ondulatoire de la lumière. a leçons, considérablement augmentées dans une édition

. modèles mécaniques, représentant les phénomènes les plus importants de l'optique, y tiennent une large place. Les équa- tions différentielles, concernant le mouvement d’un éther que nul œil humain ne verra jamais, sont remplacées par les mani- & festations objectives d'appareils relevant de la dynamique clas- + sique. “Thomson supplée ainsi, suivant sa propre expression, à l'aphasie des mathématiques qui ne savent pas exprimer des idées physiques. S'agit-il de donner une représentation de la dispersion de la lumière, c'est-à-dire du fait que les périodes de vibration des lumières de différentes couleurs influent sur leurs itesses de propagation, Thomson imagine des molécules composées d’un certain nombre d'enveloppes sphériques reliées “par des ressorts, qu'il sème dans l’éther, et c’est un résultat digne d'être noté que ce modèle conduisit son auteur à découvrir dispersion anomale qu'il ne connaissait pas alors, quoiqu'’elle eût été antérieurement signalée. Dans une autre question, la molécule est formée d’une enveloppe contenant des gyrostats, t est utilisée pour l’étude de la polarisation rotatoire. Les leçons de Baltimore étaient de longues conversations tre le savant illustre et des‘maîtres anglais et américains, nt plusieurs avaient déjà un nom dans la science. Les audiétaient au nombre de vingt et un; le professeur les appelait ses “ae Pour marquer que lé travail était fait en commun,

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