‹ Discours et mélangesChapitre 33 sur 51 · CA · texte numérisé non relu

CA

été à de dt à PANES: EM 2

\ 7 ‘ plis fait Ge fine ee SNS RÉ an ci à

ue germaniques. Certaines formes d’ enseignement propres à attirer les étrangers étaient aussi trop négligées chez nous. Quoique, dans ces dernières années, des progrès sérieux aient été réalisés, 1 nous avons encore beaucoup à faire dans G: .

FA D les encyclopédies, les éllections relalves à tel ou tel ordre d’études contribuent prandement au dévelopni pement d’une librairie qui pouvait prétendre n’avoir pas de

- rivales. Il est désirable que nos savants consentent davantage à écrire eux-mêmes des ouvrages d'enseignement et des mono-

graphies « où seront exposés d'un point de vue élevé les résultats at d’une branche de la science. Du temps sera pris ainsi - sur leurs recherches personnelles, mais ce patriotisme scientios siy ose le dire, sera utile au pays, car ces ouvrages didac- tiques et ces larges synthèses trouveront au dehors des lecteurs, en même temps qu'ils pourront être ‘utiles à l’histoire des sciences. En ce qui concerne les recherches scientifiques de » nature plus originale, le caractère français ne se plierait pas à la sorte d’esclavage où se plaisent les travailleurs allemands. Nous | Jaïssons davantage l'esprit souffler où il veut. Cependant les aeadémies et les sociétés savantes peuvent être extrêmement “utiles ; par la direction des travaux qu'elles provoquent et la … coordination des sujets de recherches proposés. Elles ont là un 26 rôle à jouer dont l'importance doit aller en grandissant.

Nous ne devons pas envisager seulement la science du point de vue de ceux qui la cultivent. IL convient de se demander £ ee est, à son égard, la mentalité générale dans notre pays. On y glorifie la science dans de beaux discours, mais cette haute estime reste souvent purement verbale. Que de questions d'ordre Scientifique et d'ordre technique ne devraient recevoir de solutions législatives ou administratives qu'après consultations préalables des compétences. Il semble qu'en France l’homme : cultivé, ne s'étant pas livré à des études spéciales, n'ait pas, en

général, une idée précise de ce qui constitue la méthode scientifique, méthode austère qui conduit lentement à quelques vérités partielles et qui ne permet que de loin les vastes synthèses. Ce n'est pas en entässant matières sur matières dans des pro-

grammes démesurément étendus que l’on arrive à faire com-.

prendre cette méthode, et à donner une vue nette et éducative sur l’objet et la valeur de la science. Des réformes, qui amèneront d’ailleurs des allégements favorables aux études classiques s'imposent ici dans notre enseignement secondaire. Pour ne parler que des futurs industriels et hommes d’affaires, il en résultera de grands avantages, car les esprits ainsi formés auront plus tard, en la science, une confiance que n’ont pas toujours eue leurs devanciers et se rendront compte des améliorations qu’elle permet de réaliser. Au reste, la méthode scientifique trouve son application dans tous les domaines, génératrice de sages progrès et ennemie des chimères décevantes.

Une distinction est faite souvent entre la science pure et la

science appliquée. Au fond, il n’y a qu'une science, se proposant l’étude des phénomènes et recherchant leurs lois. Une distinction plus exacte est à faire entre la science désintéressée, manifestation de notre curiosité et honneur de l'esprit humain, et les applications pratiques et méthodiques de la science. La science désintéressée conservera toujours des fidèles, nous devons l’espérer, mais c’est vers les applications pratiques que l’accroissement nécessaire de nos industries et la réparation de tant de ruines orienteront après la guerre beaucoup de jeunes initiatives. Si affaiblie que soit l’Allemagne après sa défaite, à quelques modifications politiques que l’obligent les traités de paix, qu'il

subsiste une Allemagne ou des Allemagnes, nous aurons, nos

alliés et nous, à soutenir dans les années qui vont venir une rude guerre économique. On peut déplorer, en philosop he et enartiste, cette course intensive à la production sans limites. Quelquesuns avaient pu espérer que les progrès de la technique scientifique permettraient un jour la diminution du travail matériel, laissant à l'humanité plus de temps pour son développement intellectuel et moral. La présence au centre de l'Europe d'un peuple de proie, contre lequel le monde devra encore se défendre, renvoie à d’autres temps la réalisation de ces rêves. Sous peine des dangers les plus redoutables, la recherche du rendement maximum s'imposera dans l’industrie et une analyse minu-

Hall ir AAA nn ueË à me ce de PSE bé

ou EME

È à | rend: dire ess qu'ily abat en France, avant la guerre, une cloison étanche entre la science et l’industrie, et que nos 4 industriels, comme défiants d'eux-mêmes, se contentaient de * vivre au jour le jour sans chercher à accroître leurs productions. C’e est là un jugement bien sommaire, au moins pour quelquesunes de ños industries, qui ont depuis longtemps fait preuve % d'à initiative. Un exemple peu favorable, sur lequel on a insisté, | 5 est celui de certaines industries chimiques, celle des matières FES colorantes notamment qui avait presque disparu de notre pays. et qui, très développée en Allemagne, s’y est trouvée PIètÉ pour la fabrication des explosifs. Il y aura certes beaucoup à faire, maisilserait injuste d'oublier que la France a des savants tech- . niciens qui lui font honneur et sont appréciés à l'étranger comme . chez nous; leur nombre malheureusement est insufhisant. Quoi quil en soit d’ailleurs du passé, les industries nées à l’occasion de - la guerreont pris un développement qui fait l'admiration uni- verselle; elles témoignent de notre vitalité et autorisent pour Tavenir les plus grandes espérances. On doit toutefois se rappeler que le prix de revient n'intervient pas dans l’industrie de guerre et que les difficultés ouvrières sont à peu près inexistantes en ce - moment. Puisse une union sacrée continuer entre le- capital et le travail; elle est indispensable pour la prospérité du pays. Nous tions tout À l'heure de patriotisme scientifique. IL | faut souhaiter aussi que se développe une sorte de patriotisme - industriel; je veux dire que la coopération cordiale entre usines * concurrentes est nécessaire. Cette collaboration incessante a ” été, il faut le reconnaître, une grande force pour l’industrie alle- | mande, tandis que chez nous ne régnait pas toujours la même harmonie.

Les rapprochements entre la science et l'industrie seront facilités par la mentalité nouvelle à l'égard de la scien‘e, que créera un enseignement secondaire convenablement modifié. | On doit aussi compter, pour favoriser la pénétration cherchée, sur des grands laboratoires de recherches scientifiques systéma- tiquement orientés vers l'étude des problèmes techniques. Les - travaux d'intérêt général exécutés dans ces laboratoires amènent des perfectionnements, dont tous peuvent profiter, dans les procédés industriels. Les modèles de ces institutions sont faciles

établi près de Londres. De tels laboratoires manquent à peu près complétement: à notre pays.

Nous n'avons fait qu'effleurer quelques-unes de sets relatives à la science et à l’industrie qui se posent dès maintenant. Si grand que soit le labeur que nous aurons à fournir après la guerre, personne ne peut douter que nous en soyons capables, | quand la France montre si héroïquement son désir de vivre. Nous aurons alors dépouillé cette mentalité de vaincus, qui, nous pouvons bien l'avouer maintenant, pesait lourdement sur nous depuis tant d'années et paralysait nos initiatives, Comme le disait récemment M. Briand à la Chambre des députés,

nous n’oublierons pas dans nos statistiques cette énergie morale

centuplée par la victoire obtenue pour une noble cause, Aux tristes jours que nous traversons succédera une ère glorieuse et |

féconde, où les peuples civilisés, débarrassés du cauchemar ger-. manique, apporteront dans l’œuvre commune de l'humanité leurs qualités propres, sans qu'aucun prétende à une domination qui ne pourrait que retarder la marche de la civilisation.

Page 1