LE JOUR DU SA RÉCEPTION
A L'ACAUE.MIL FRANÇAISE.
Appelé à l'honneur de recevoir dans l'Académie un des plus vénérables représentants de l'érudition littéraire, je n'éprouve ni l'embarras ni le besoin de préparer avec ait un de ces éloges publics et solennels, dont l'usage est un peu ancien parmi nous, et que la vérité même ne sauve pas toujours de la monotonie. Quatre-vingts ans d'une vie honorable et pure, incessamment occupée par l'étude, dévouée tout à la fois à l'amour des lettres, et à l'encouragement, à la gloire de ceux qui les cultivent; voilà ce qui rend inutile envers vous, Monsieur, tout lan- Qatteur, et ce qui ne permet, dans ma bouche surtout, que l'expression mesurée du respect. Les louanges passagères sont la palme et l'ambition du jeune homme ; l'estime publique est la couronne du vieillard. Que pourrais-je vous dire, Monsieur, qui valût ce témoignage universel et paisible d'une considération lentement acquise par de nobles travaux, et consacrée sur votre tète par l'épreuve de l'âge et du temps? Votre réputation date déjà d'un autre siècle; et l'auteur du Voyage d' Attachât*