‹ Discours et mélanges littéraires (volume 2)Chapitre 12 sur 31 · VOTÉS · texte numérisé non relu

VOTÉS

tt opinions qu'ils ont réponidues parmi lu peuple. On dirsît y « à les entendre', que , sass les livres de ees écrivains , tout « serait encore au méiae état que lians le dix-septtéme siècle, <» eomme si un siècle pouvait transmettre à son successeur H ^héritage: de l'esprit kunmin tel qull l'a reçu de sooa de** <• vancier. Mais il n'en est pas ainsi. Les opinions ont une M< marche nëeessaire : de la réuni«n des hommes en nation , «t de leur communication habi<}uelle ,. naît une certaine pn>- « gression de sentiments , d'vdées , die raisonnements , que « rien ne peut suspendre. C'est ce qu'on nomme la marche H de ht civilisation ; elle amiène tantôt des épolpies paâstUes « et vertueuses, tantôt criminelles et agitées; quelquefois la « Ivoire , d'autres fois Foppvobre; et^ suivant que la Provi— « dfenoe nous a jetés dans un- temps om dans un autre, nous M recueillons le bonheur ou le malheur attwrhé à l'époque tt où nous vi^vons. Nos goûts , nos opinions, nos impressiona « habituelles , en dépendent en gvande partie : nulle' chose (( ne peut soustraire la société à cette variation progressive, tt Dans cette histoire des opinions humaines , toutes les cir- M constances sont enchaînées de manière- qu'il est impossible « de dire laquelU pouvait ne pas résulter nécessairement de <«• la précéd^ente. »

Je ne crois pas qu'on ait rien écrit de plus instructif et deplus sage sur le dix-huitlèvae siècle, et mieux expliqué la littérature par là eounaéssanee des hommes:

(5): On a beaucoup) attaqué cette vertu que Montesquieu donnait ponr attribut aux républiques. Il est manifeste qu'il s^agit moins ici de la vertu m(H[^le>que d'une vertu politique, dans laquelle il entre cependant plusieurs vertus privées. C'est le principe que Bossuet a reconnu et défini sous un* autre nom d'une manière admirable. « Le mot de civilité ne*

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« tigaÂiait pas seulemeiit parmi les Gvect la d^^ceur, et la « dtfëi«Bcemutnelle gui rend Whanmeaiiooiables. L'homme « civil «'était ^iiSeb bon citojeB- qui ae r^fê^à^ touJMnra » comme membre de FÉtat, qui se laiêse cendhiire |>ar les lois, « et censf ire avec elles, au bien pvbUc , sans rien e&trepren-» (i dre sur per^oniie. »

(6) Quelquefois en demande : Qu'cst-««e que le sy a # èaiQ représentatif? La répense est fort simple 9 le sysième repré— sentatit^iMire danS' tous les go«yenumic«to q»t adHiettent dea assemblées déUbéranles. Mais, l'emploi de i^es assemblées pevt être plus ou moins beurensement ordonné. L'existence de deux assemblées , l'une béréditaîte et aristocratique, l'autre élective et populaire ^ semble , par le raisonnement comme par l'exemple , offrir la meillenre combinaîaon. Voilà jusqu'à présent le système représentatif dans la perfection de sa forme. H j a loin sans doute de cette perfection extérieure à la perfection de fait v mîUe canses penrent Farréter r l'élo^ quent^ auteur des S/éflexions politiques, M. de Cbâtoaubriand, a. prévu et diMuf é la plupart de œs causes réelles^ ou possibles. Les,év!èn«menls- n'ont rien cbangé à la vérité de ce» observations ; et l'admirable vivacité de son langag>e a donné ui|. nouveau caractère de durée à des idées que le bon sens seul rendrait étemelles. « La vieille monarcbie ne vit plus « pour nous que dans l'histoire , c<Hnme l'oriflamme que l'on « voyait encœre toute poudreuse dans le trésor de Sainb*- « Dc^nia, sous Henri IV. Le. brave Grillon pondait toucber « avec atlendrissementet respect ce témoin de notre ancienne» « valeur; mais il servait sous la. cornette blanche, triom*- « i^hante aux plfiines d'Ivrj:, et il ne demandait point qu'bn « allâtprendr^aumîIieudt^itombeauK l'étendard dearcHampe « de Bouvines. >»

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. M. de GhâteaubriaDd avait egalemepit reconnu la marche générale de l'Europe ver» l'ordre constitutionnel. Dans ce mouvement commun il voyait une nécessité et une garantie pour chaque État. On a depuis voulu affaiUir l'autorité de ces idées, auxquelles un ^and écrivain. avait prêté la puissance de son éloquence et de son nom. Mais les idées , qui sont des principes , ne dépendent pas du talent qui les exprime : elles existent par elles-mêmes ; elles ont le bon sens pour auteur, et lesiaits pour témoins. Le pro^s des arts utiles à la vie , la fadile communieatîott des peuples , le partage plus é^l des connaissances et des lumières , Pimprimerie , voilà les causes qui justifient les principes de liberté légale : ils ne pouvaient oencontrer d'obstacle que dans le plus horrible fléau de la société, la. tyrannie militaûre. C'est un bienfait. pour l'Europe, que) ces. idées de liberté se' trouvent si puissantes à l'époque même où la force dès armes a pris partout un prodigieux accroissement. Dans Tétat présent des choses , l'Europe n'aura jamais que des gouvernements constitutionnels ou. des gouvernements militaires ; et comme ^usurpation ne pourrait s'élever que par la force des armes, elle est essen-( tielleme&t ennemie de toute conatitution et de toute liberté. Ge sont les souverains héréditaires , les souverains légitimes , qui peuvent établir la liberté , surtout dans les grands Etats où toute révolution ne saurait arriver que par l'emploi de la force militaire , qui n'enfantera jamais qu'un pouvoir violent comme elle : ainsi les maximes de la liberté se confondent avec les intérêts des rois. Ces maximes ne sont plus, aujourd'hui , la suite de la révolution ; elles sont nées de nouveau , pour ainsi dire , de l'horreur du despotisme impéi>ial ; elles ont en leur faveur l'exemple de dix ans de tyrannie : aussi sont-elles chères à des hommes qui n'ont jamais connu les premières théories de la révolution.

DE L ELOGE DE MONTESQUIEU. l^î

(7) £n célébrant la loyauté cberaleresqne de nos vieux temps j M. de Chateaubriand a marqué mieux que personne cette puissance des idées nouvelles , cette ruine irréparable des anciennes mœurs , des anciens privilèges. « L'esprit du « siècle , dit^l , a pénétré de toutes parts ; il est entré dans « les têtes , et jusque dans les cœurs de ceux qui s'en croient « le moins entachés. » M. de Chateaubriand expose partout cette vérité avec une force , un éclat , et quelquefois une expression de regret qui en augmente encore l'évidence. De cette vérité résulte le bienfait de l'ordre constitutionnel , établi par un sage monarque.

Il fallait à la France une loi de liberté qui pût satisfaire les idées et les espérances du siècle ; il faUait une transaction solennelle qui garantît les intérêts nouveaux ; le roi a donné cette Charte , désormais inséparable de la monarchie légitime ; plus elle sera puissante, plus la monarchie elle-même s'affermira. L'inviolabilité de la loi ajoute encore à celle du trône ; et tel est l'avantage de la stabilité , que , même appliquée à des institutions de liberté , elle est utile au pouvoir.

DBKOVaS.

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