‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 4)Chapitre 6 sur 60 · V. Journal officiel du 29 mars · texte numérisé non relu

V. Journal officiel du 29 mars

2. Circulaire de M. Depeyre aux procureurs généraux. Journal officiel du 14 avril 1874.

3. Le cabinet n'obtint que 317 voix contre 381. Journal officiel du 17 mai

date du 22 mai, un ministère d'où était exclu Le centre gauche et que présida le général de Cissey. Journal officiel du Z\ mai 1N74.)

Si les portefeuilles étaient pourvus <lc titulaires, L'absence de direction, l'incapacité politique du \ ice-président du Conseil livraient l'Assemblée de Versailles à toutes Les combinaisons mesquines des politiciens de couloirs. Chaque groupe publiait son programme, el entre temps le parti bonapartiste, enhardi par l'élection deM.de Bourgoing dans la Nièvre 2\ mai) et par la connivence des maires nommés par M. de llroglie, se répandait en menaces cl organisait un Comité central de l'appel au peuple, ainsi qu'un <'tiinii<: d'anciens officiers, présidé par le colonel Piétri. L'indignation de la gauche eul Gambetta pour interprète. Il flétrit à la tribune les « misérables qui avaient perdu la France * », et, le 10 juin, au retour du train de Versailles, fut frappé au visage d'un coup de canne par le marquis de Sainte-Croix, bonapartiste d'antécédents déplorables. De pareilles violences ne pouvaient que porter au comble la fièvre des partis, et M. Paul de Cassagnac3 ne craignait pas d'engager les sergents de ville à « empoigner et à mener au poste les élus de la radicaille, ces hommes sinistres, fils des émeutiers de juin et des brûleurs de gardes municipaux, petits-fils des bourreaux de 93, etc. ». L'audace des bonapartistes ne laissait pas d'effrayer la droite et d'encourager le centre gauche à redoubler d'efforts pour donner à la France une constitution. La déclaration d'urgence sur la proposition déposée par M. Casimir-Perier, au nom de son groupe 3, obtint, le 15 juin, 345 voix contre 341, et constituait une première défaite pour le centre droit.

Sur le terrain des lois municipales, la gauche allait bientôt combattre avec avantage les tendances rétrogrades de la droite, et M.Jules Ferry, qui, dans ces derniers temps, avait jugé politique de laisser aux orateurs du centre gauche le soin d'entamer l'ancienne majorité du l't mai, reparut brillamment à la tribune pour plaider la cause des franchises locales.

Depuis trois ans, le projet de loi municipale était à l'étude. Comme le mandat des conseils municipaux élus en 1871 expirait en avril 1874, M. de Broglie avait proposé, le 12 mars, à l'Assemblée nationale de proroger les pouvoirs des conseils municipaux en fonctions jusqu'au 1" avril 1875. Malgré l'opposition de M. de Marcère, rapporteur de la commission élue parles bureaux et qui, par un singulier hasard, comptait 8 députés de gauche et 7 de droite, l'Assemblée avait

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