‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 5)Chapitre 6 sur 66 · Joui-nal officiel du 9 janvier ISll · texte numérisé non relu

Joui-nal officiel du 9 janvier ISll

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exacte du sentiment public, el rappelait que « la commission constitutionnelle de l'Assemblée devrait déterminer l'exercice et lés conditions ■' du pouvoir remis pour sept aanées au maréchal de Mac- MahoLu Mais la droite n'avait pas désarmé, et l'Union exprimait cette opinion audacieuse que la loi du 20 novembre « n'avait pas élé un acheminement vers le ré^^ime républicain, mais une prélace de la monarchie ». De leur côté, les bonapartistes, par l'organe de M. Rouber, déclaraient que " le .jour venu, il n'y aurait en présence que deux formes de gouvernement, laRépubliqueet l'Empire', et les ^ élections de la Haute-Sadue et du Pas-de-Calais (8 février) paraissaient confirmer une pareille appréciation. Le ministère essayaitde faire face à l'agitation bonapartisle en interdisant aux fonctionnaires de se rendre en Angleterre pour s'associer a la manifestulion du 16 mars, organisée à l'occasion de la majorité politique du prince Impérial*. Se séparant nettement des légitimistes, M. de Broglie se rendait, le 4 février, à la Commission des Trente, et l'engageait à constituer le plus tôt possible le gouvernement du Mqrécbal <• par des lois organiques )>, Mais, en dépit de ces assurances, le Gouvernement perpétuait l'équivoque el manifestait clairement son hostilité contre le parti républicain, par des mesures telles que la révocation de Bt. Rampeau, maire de Versailles, et celle de H. Fourcand, maire de Bordeaux. I.e décret du il février, qui transférait au préfet de police les attributions du directeur delà sûreté publique, restreignait en même temps l'indépendance des polices locales, en les plaçant sous les ordres, d'un fonctionnaire ofDciel. Encouragés par les résultats des élections partielles, qui avaient amené sur les bancs de l'Assemblée, depuis le 24 mai, 13 républicains, dont 8 modérés^, les chefs de la gauche soutenaient vaillamment le bon combat. Dans la séance du 18 mars, H. Cliallemet-Lacour demanda au ministère de se prononcer contre toute tentative de restauration monarchique, et M. de Broglie ne put reformer sa majorité qu'à l'aide de fauï-fuyants. Il est vrai qu'un discours de M. de Fourlou à l'Association polytechnique (23 mars), en promettant que l'autorité du Septennat se « fortifierait dans quelques jours par l'orRanisalion loyalement promise », semblait donjier pour corollaire ii la prorogation des pouvoirs du Maréchal le vote prochain des lois constitutionnelles, et tes légitimistes ne dissimulèrent pas leur irrilation *.

1. Lettre de M. Rouher, du II février ISli, à un journaliste du Puy-de- DAme, condamné pour attaques au Septennat.

2. Circulaires du ministre de l'iniérieur, en date du 19 février, et du ministre tle la (guerre, en date du 34 février ISTIt.

3. La plus importante de ces élections partielles fut celle du 1" mars. Le déporlemenldeia Vienne, par 34 000 voix contre 31000 données A M. de Beauchamp, candidat du centre droit, avait élu M. Le Petit, doyen de la Faculté de droit de Poitiers, que M. Thiers avait appuyé par une lettre oii il recommandait au pays de nommer • des républicains de raison el non de passion ».

i. Lettre de H. d'Âboville à VUnion du 21 mars 1871. Le député royaliste

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96 DFSCOUKS HE JULES PRRRÏ.

De fait, la Commission des Trente semblait faire preuve de quelque activité. Après avoir achevé la rédaction du projet de loi électorale, elle avait étudié rorganisalion d'une deuiième Chambre, et M. Antonin [.efèvre-Pontaiia avait réuni dans un rapport spécial tous les renseignements essentiels sur toutes les Chambres hantes qui avaient fonctionné en France depuis l'an III, ou qui eiistaient dans les pays étrangers. Ce projet fut renvoyé au Gouvernement, qui, à la veille des vacances ', vint exposer à la Commission ses vues sur l'élablissement et les attributions de la Chambre haute. Elle devait être, suivant lui, nommée en partie par le pouvoir exécutif et en partie par un corps électoral spécial, formé des corps indépendants de chaque circonscription (magistrature, clergé, enseignement public, chambres et tribunaux de commerce, conseils de l'ordre des avocats et conseils généraux). Il proposait, en outre, de conférer au Sénat le droit de prononcer, d'accord avec le Président de la Itépuhlique, la dissolution de la Chambre des députés. Le ministère laissait aux lois constituliounelles Je soin de déterminer les attributions du Président de la République qui, en attendant, devaient rester dans le statu quo.

Le ministère de Ciney.

Pendant que l'Assemblée nationale prenait quelque repos, divers incidents occupèrent l'attention publique : l'évasion de Itocherort, le suicide de M. Beulé (4 avril), les polémiques des journaux sur la future constitution qui devenaient assex violentes pour rnotiver l'intervention du garde des sceaux'. Lorsque l'Assemblée reprit sa session, le 12 mai, la lutte s'engagea entre la droite extrême, qni voulait l'ajournement des projets constitutionnels, et le Gouvernement, soutenu par la Commission des Trente, qui demandait la mise à l'ordre du jour de lu loi électorale. Bien que la gauche préfér&t,au fond, cette seconde méthode de travail, car la loi électorale était la préface des lois organiques, la gauche, dans la séance du 16 mai, s'unit aux bonapartistes et aux légitimistes pour renverser le cabinet de Broglie '. La démission du ministère fut suivied'une sorte d'anarchie politique : les groupes se heurtèrent dans une confusion lamentable. H. de Ooulard et H. d'AudifTret-Pasquier, chargés successivement de la constitution d'un cabinet, échouèrent é;;alen^ent, de telle sorte que, pour en flnir, le .Maréchal nomma d'ofUce, à la

concluait en s'écriant : ■ Mais alors pourquoi avoir renversé M. Thiersî Sous son principat, notre commerce iiilÉrieur languissait moins et la France n'était pas plus insultée A l'étrnnger qu'elle ne l'est aujourd'hui. >

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