‹ Discours et opinions, journal et souvenirs de S. Girardin (volume 2)Chapitre 13 sur 98 · SUR UNE DENONCIATION · texte numérisé non relu

SUR UNE DENONCIATION

CONTRE DES INDIVIDUS ACCUSAS D'ENROLER POUR CORLENTZ.

SéàlCCE DU I 3 DECEMBRE.

Je demande à l'Assemblée de vouloir bien remarquer que ce n'est point un témoin qui se présente à la barre, c'est un homme qui vient faire une déclaration purement et simplement. La déclaration faite, tout doit être dit, et vous ne pouvez pas mettre à la charge de M. Rauch sa déposition. Il faut donc bien distinguer l'homme qui dédare, d'avec l'homme qui est témoin. Or, en me résumant, je ,dis que s'il a fait une déclaration, tout doit être dit, et on ne peut lui demander autre chose.

MÊME DISCUSSION

SÉANCE DU l3 DECEMBRE.

Monsieur le président, je dis que lorsque nous voulons prononcer un décret d'accusation, nous devons rapprocher les témoignages énoncés contre l'accusé \ que M. Lucot s'est coupé dans toutes ses

ASSEMBLEE LEGISLATIVE. fj

dépositions, je dis que notre conscience n'est pas satisfaite, qu'elle nous crie (murmures)..... Si je demandais la parole pour un décret d'accusation et que j'obtinsse plus de silence, j'en serais fâché pour l'Assemblée. Je suis bien affligé, lorsque je parle ici en faveur d'un accusé, d'obtenir une telle défaveur. Vous avez de la justice et moi j'en ai aussi. Je veux qu'on punisse les coupables, mais avant tout, je veux que ma conscience me dise : un tel est prévenu du délit qu'on lui reproche.

Or, ici, comme j'ai l'honneur de vous le dire, M. Lucot a énoncé devant le commissaire de la section des faits différens de ceux qu'il à avancés à la 'barre. Il a dit que c'était en présence du limonadier que la conversation s'était tenue; le limonadier le nie. Il n'a point dit dans sa déposition devant le commissaire que ce fût un enrôlement pour les émigrans. Il ne l'a point même dit à la barre; (si /ait!) on lui a demandé: était-ce pour les princes? il a répondu non. On lui a demandé : pour aller où ? il a dit que c'était pour Givet. Ici, je vous le demande à tous, M. Lucot s'est-il coupé oui ou non ?

Messieurs, en interrogeant la loyauté de l'assemblée, je ne crains pas de me tromper. Oui, les dépositions de M. Lucot ne respirent point un caractère de vérité qui doit porter la lumière dans la conscience de chacun de vous; en même tems les dénégations de M. Rauch ont un caractère de fausseté qui doit nécessairement porter le m. a

l8 DISCOURS ET OPINIONS.

soupçon sur lui, mais ce soupçon n'est pas assez fort pour porter le décret d'accusation; il est tel cependant que Ton doit surveiller sa conduite. Mes conclusions sont que M. Lucot ayant avancé des faits évidemment faux, TA.Faucket a présenté des conclusions évidemment justes; je m'en réfère à ses conclusions que j'appuie de toutes mes forces.

DISCUSSION

Page 1