SUR LES ÉMIGRÉS BRABANÇONS
SÉANCE DU ai DÉCEMBRE I/QÏ.
Avant d'admettre la question préalable sur une proposition qui n'aurait pas dû être accueillie, il faut se rappeler l'obligation sacrée de respecter les droits naturels des hommes. Certes, messieurs, les Français ne veulent point indiquer de prisons pour les étrangers, peut-être persécutés pour l'amour de la liberté; les Français ne veulent pas tourmenter des familles étrangères qui viennent jouir sur leur sol des douceurs de la liberté; les Français ne veulent pas répandre parmi eux l'inquiétude. Je demande si cet amendement n'écarterait pas de la France tous les étrangers quelconques. Je demande si l'on peut croire un instant qu'un peuple puisse se permettre de cantonner des hommes dans une certaine partie de son territoire.
ASSEMBLEE LÉGISLATIVE. ig
Les précautions qu'exige la sûreté publique sont prises ; mais vous ne pouvez pas faire plus sans violer les principes de la liberté et sans déchirer la déclaration des droits et la constitution française. Je demande la question préalable sur cette impolitique et effroyable proposition. (Applaudissemens.)