‹ Discours et opinions, journal et souvenirs de S. Girardin (volume 2)Chapitre 16 sur 98 · DE L'EXÉCUTION D'UNE LOI · texte numérisé non relu

DE L'EXÉCUTION D'UNE LOI

Je ne conçois pas comment on peut porter l'oubli des principes, jusqu'à proposer à l'Assemblée nationale la suspension de l'envoi d'une loi. Cette loi n'appartient plus à l'Assemblée nationale, elle peut l'abroger, mais elle ne peut la suspendre (murmures). Comment l'Assemblée nationale pourrait-elle suspendre l'envoi d'une loi*? Est-ce par un décret? Ce décret aurait besoin de la sanction. Est-ce par une disposition consignée daus son procès-verbal? Elle n'empêcherait pas qu'on n'exerçât la responsabilité contre le ministre.

Ainsi un décret pour suspendre l'envoi d'une loi serait un décret sujet à sanction. Si c'est en ce sens que l'on a demandé la suspension de la loi , c'est très -inconstitutionnel : (oui! oui!) si c'est dans le sens de la consigner simplement dans le procès-verbal , c'est hors des principes , et M. Vergniaud lui-même est hors de la constitution en disant qu'un décret de l'Assemblée nationale devient loi par la sanction. C'est une grande erreur qu'on veut propager que de faire croire que le roi est co-législateur. Non messieurs, votre décret seul est loi. Le roi, en refusant sa sanction, ne fait

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE. ai

qu'en suspendre l'exécution. Je demande qu'on passe à l'ordre du jour.

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