AUXQUELS A DONOTÊ LIEU UNE PÉTITION D'UNE DÉPU- TATION DE FÉDÉRÉS
SéAHCE DU l6 JUILLET 179a.
On ne peut pas passer à l'ordre du jour sur la désorganisation du royaume {murmures des tribunes). On ne peut pas passer à l'ordre du jour sur les crimes de certains jacobins, car c'est là leur affreux langage.
Le président met aux voix l'ordre du jour. M. Girardin et plusieurs membres :
M. le Président, des pétitionnaires ont voté auprès de M. Thuriot.
MM. Basire et Merlin s'avancent yen M. Girard»» M. Merlin fait un geste menaçant*
Plusieurs membres se lèvent auprès de M. Girardin. M. Merlin se retire avec précipitation. L'Assemblée est trèsagitée.
1 Cette adresse conçue en termes très-énergiques a pour objet de demander la suspension du * pouvoir exécutif dans la personne du roi : la mise en accusation du général Lafayette , le licenciement des états-majors, des fonctionnaires militaires nommés par le roi, la destitution des directoires de département et de district , le renouvellement des corps judiciaires.
ASSEMBLEE LÉGISLATIVE. 8l
M. Girardin. J'ai demandé la parole pour on fait important.
Plusieurs voix : L'ordre du jour.
M. Girardin monte à la tribune et insiste pour être entendu.
M. le Président, il est important que je le dise. Je demande à être entendu comme pétitionnaire, si je ne puis l'être comme représentant du peuple. Plusieurs voix : L'ordre du jour.
M. Girardin. Vous ne pouvez pas m'ôter la parole.
Le Président : Un grand nombre de membres insistent pour qu'on vous retire la parole.
M. Girardin. On ne peut me l'ôter aux termes du règlement.
L'assemblée passe à l'ordre du jour.
M. Girardin insiste pour avoir la parole. Plusieurs voix : A l'Abbaye, à l'Abbaye.
M. Girardin. Envoyez-moi à l'Abbaye, si vous voulez; mais je dois avoir la parole.
On demande que M. Girardin soit expulsé de la tribune par les huissiers.
M. le Pigeon : Je demande qne M. Girardin puisse écrire puisqu'on ne veut pas l'entendre.
M. Chéron : M. Girardin a été provoqué par M. Merlin avec un pistolet; je dénonce ce fait.
M. Léopold: Nous voulons prouver à la France qu'on a voulu assassiner un député et qu'on n'a pas voulu l'entendre.
Le Président : Je demande la parole pour moi. M. Vaublanc me transmet la demande très-instante que lui a faite M. Gi- III 6
8a DISCOURS ET OPINIONS.
rardin de la parole , pour annoncer qu'il a été menacé d'un pistolet.
Plusieurs voix ; A. la tribune.
M. Girardin. Le fait dont j'avais à entretenir l'Assemblée était bien plus important que celui qui me regarde. Au moment où l'çn a mis aux voix si Ton passerait à Tordre du jour, nous avons vu un garde national, près de M. Thuriot, se lever et délibérer.
Alors j'ai prié M. le président de remarquer que des étrangers votaient avec les représentans du peuple, et je lui ai désigné cet étranger. M. Bazire, auquel je n'adresse jamais la parole, est arrivé près de la barre et s'est servi d'expressions trèsdéplacées. J'ai prié M. Bazire de ne point conserver la parole pour se servir de cette expression ; là-dessus M. Merlin est venu plus près de moi , et je n'avais pas demandé la parole pour faire part à l'Assemblée du geste de M. Merlin et des armes qu'il a dans sa poche , mais uniquement pour lui dire que je ne croyais pas que l'épreuve pût être légale , du moment où nous avons la certitude qu'un étranger avait voté. Je demande donc la parole pour faire remarquer à l'Assemblée l'illégalité de la délibération , pour demander qu'on la recommence, et que l'on passe sous silence les injures et les gestes de M. Merlin.