PRÉSIDENCE DE STANISLAS GIRARDIN
SEANCE DU I,r GERMINAL AN IO.
« C'est dans cette séance que je fus nommé président du Tribunal Le 5, le canon a annoncé la signature de la paix avec l'Angleterre *. Le soir je me suis rendu à la commission des inspecteurs du palais. Mes collègues s'y étaient réunis en assez grand nombre. Tous étaient d'avis, et principalement Mathieu, que le Tribunat fût convoqué extraordinairement pour se rendre en corps chez le consul. Je répondis que la nouvelle de la paix ne m'ayant point été annoncée officiellement , je ne prendrais point sur moi de réunir les tribuns pour leur en faire part, qu'il me paraissait peut- être inconvenant de s'engager par une démarche prématurée à approuver d'avance un traité que le Tribunat serait chargé d'examiner , mais que nous devions profiter de ce que nôtre jour d'audience était fixé au 6 , pour nous trouver tous chez le Consul. H fut en conséquence convenu que l'on écrirait aux membres du Tribunat , pour les inviter à se rendre à midi dans la salle des conférences.
« Le 6 , lorsque tous mes collègues furent réunis, je leur fis part de l'objet de notre réunion ; tous me chargèrent d'exprimer au Consul nos sentimens de satisfaction.
«Aux Tuileries, l'on nous fit attendre assez long-tems, dans une salle qui précède celle où l'on nous reçoit ordinairement. J'en témoignai mon étonnement au préfet du palais ; il me dit qu'il en avait l'ordre exprès, et que nous serions admis immédiatement après le sénat.
« Voici mon discours.
a C. Consul , « Les membres du tribunat viennent se féliciter
1 Traité d'Amiens.
TRIBUDTÀT. J 53
avec vous de l'heureux événement qui réconcilie deux nations destinées à influer si puissamment sur le bonheur et la liberté du monde. ,
« Les espérances données par les préliminaires, ont été réalisées et même surpassées. Le traité conclu à Amiens est digne de la république française et de vous. Vous acquérez par ce traité un titre de plus à l'estime universelle et un droit nouveau à la reconnaissance nationale. Cette reconnaissance se rattache encore à un nom consacré à rappeler aux Français des époques glorieuses et consolantes de la révolution '. n