Epîtfe aux Romains-, ch. vi, v
Ces captifs, que le Divin Maître associe à son triomphe, c'est l'humanité qu'il a rachetée par ses souffrances, son sang et sa mort. Cette captivité, qu'il est venu détruire, c'est la captivité de l'erreur et du mal. La captivité nouvelle qu'il a imposée au inonde, c'est le règne divin de la vérité, de la pureté et de l'amour : Captivant duxit captivitatem.
Comme l'aigle planant dans l'azur du ciel, le Fils de Dieu a regardé l'humanité des splendeurs du sein de son Père, il a regardé l'humanité déshonorée, l'humanité vaincue, l'humanité assise dans les ténèbres ou couchée dans la mort, et il est venu pour la régénérer, la sauver, l'emporter vers les hauteurs divines : Sicut aqiiila provocans ad volandum pullos suos et super eos volitans et assumpsit eum (1). Il est descendu des ravissements de ses félicités ineffables dans le sein d'une femme, dans les humiliations de Bethléem, de l'étable et de la crèche. Il a appelé à lui les bergers et les rois : l'humanité n'est pas venue.
Provocans ad volandum pullos saos: Il a sollicité l'humanité par les angoisses de son exil, par le travail obscur de Nazareth, par les éclairs de cette parole qui entraînait les multitudes, par sa doctrine incomparable, par les prodiges de sa puissance et de sa tendresse.
Il est descendu plus bas encore sous le poids des outrages, sous les flagellations sanglantes, il est descendu jusqu'à la mort infâme du gibet. Les rodiers se sont brisés, le soleil s'est obscurci, les morts sont sortis de leurs tombes pour contempler l'agonie de Celui qui est l'éternelle et intarissable vie, les bourreaux se