Voyez sa brochure : Que doit faire la Savoie
cours de cette nation généreuse pour l'accomplissement des œuvres de Dieu ; il lui rappelle, dans des accents chaleureux, sa mission providentielle et les titres glorieux que les Pontifes romains lui ont tant de fois décernés.
« Noble terre de France,s'écrie-t-il, terre desapôtres, « des martyrs et des héros, comment les peuples catho- « liques pourraient-ils t'oublier dans leurs prières, « toi qui enseignas et qui enseignes encore la prière à
« tant de peuples ! Puisses-tu bien comprendre ce
« que nous te répétions encore naguère, ce qui est, évi- « dent comme le soleil, que tu n'as de vie que par et « pour le catholicisme. Tiens pour aveugles ou pour « ennemis ceux qui te diront que ton âme s'est envolée « ou que le catholicisme est mort (1). »
Pouvons-nous maintenant nous étonner que la renommée et la gloire soient venues frapper à la porte de la cellule de cet humble prêtre; que ses écrits aient franchi les frontières de la France, que l'Italie, comme le lui disait un évêque qui fut lui-même un écrivain distingué, ait cherché dansses ouvrages desarmes contre l'hérésie et le socialisme,et que l'Amérique les ait lus avec admiration dans une traduction anglaise faite sous les auspices et la direction de l'illustre et savant métropolitain des États-Unis (2) ?
1, L'Emmanuel (9e Considér.).
2. Mgr Rendu, évêque d'Annecy, lettre du 1er mars 1853. Cette lettre sert de préface à la Philosophie du catéchisme. Mgr Hngues, archevêque de New-York, ne se contenta pas de faire traduire les ouvrages de M. Martinet, il pria avec la plus vive instance notre savant, théologien de venir se fixer auprès de lui pour composer des ouvrages de polémique religieuse. 11 lui promettait les succès les plus brillants et les plus heureux résultats pour la cause du catholicisme dans le Nouveau-Monde. M. Martinet resta fidèle à son diocèse.
Ainsi s'est accomplie cette parole de nos Livres saints: la science de ce sage s'est répandue pareille à l'eau qui déborde, et ses œuvres resteront comme une source de vie. Scientia sapientis tanquam inundatio abundabit, et consilium illius sicut fons vitœ permanet (1).
Habitants de cette paroisse, gardez fidèlement le dépôt précieux confié à votre patriotisme et à votre piété ; écoutez la voix qui sort de cette tombe, elle vous dira commentla constance, le travail, la vertu et la science ont élevé à la gloire cet humble enfant de votre village. Que les pères redisent à leurs fils ces grands enseignements,et que les générations présentes transmettent aux générations futures cette illustre, cette sainte mémoire et les souvenirs de cette cérémonie funèbre.
Fidèles accourus de cette belle vallée et de la Savoie tout entière, pour apporter ici l'hommage de votre reconnaissance et de votre admiration, n'oubliez pas cette parole de Bossuet : « Les vraies richesses d'un peuple, ce sont les hommes. » En ces jours de langueurs fatales et d'universelles défaillances, que notre pays ne soit pas stérile, qu'il donne toujours des hommes, des cœurs vaillants, des travailleurs infatigables, des serviteurs dévoués à toutes les saintes causes, à l'Église et à Dieu.
Prêtres de cet antique diocèse, prêtres de tous les diocèses de la Savoie, vous tous qui formez à cette heure autour de ce tombeau comme une couronne d'honneur, recueillez les enseignements de celte vie si belle, si laborieuse et si pure. Ah! ne fléchissons pas sous le fardeau des gloires du passé I Apôtres de la doctrine et de l'amour, puisons la scienceàses sources les plus élevées,