‹ Discours et panegyriques (volume 2)Chapitre 24 sur 84 · Gen., xiv · texte numérisé non relu

Gen., xiv

diocèse, mais sa vocation était évidemment de répandre la vérité par ses écrits, plutôt que d'annoncer la parole de Dieu du haut de la chaire. A Saint-Martin-de-Belleville, pendant les travaux d'une mission, c'est de son lit, où le retenaient de cruelles souffrances, qu'il voulut entendre les confessions des pénitents que sa parole avait éclairés et touchés. Bien qu'il eût renoncé complètement à la prédication, il resta pendant bien des années, supérieur des Missionnaires diocésains, dans la maison de Sainte-Anne, à Villette. Il édifiait ses confrères ; il les encourageait dans les difficultés de leur ministère, il leur donnait pour leurs études et pour la préparation de leurs instructions des conseils précieux, et ses conversations elles-mêmes étaient un véritable enseignement.

Mais, pour éclairer et sauver les cames, à ce zèle qui ne se ralentit jamais jusqu'à sa dernière heure, et à l'éloquence de ses écrits, il a ajouté l'éloquence plus puissante, l'éloquence admirable de ses vertus et de sa vie tout entière.

L'abbé Martinet aimait son pays, ce diocèse auquel les sollicitations les plus pressantes n'avaient pu le ravir; cette Savoie à laquelle il signalait avec une si affectueuse et si énergique franchise les périls qui menaçaient ses traditions chrétiennes (1). Il aimait la France, et du haut de ses rochers il suivait avec une sollicitude plus vive le mouvement de l'opinion publique dans ce noble pays. Il étudiait les périls qui le menaçaient, el il ne touchait à ses plaies que d'une main miséricordieuse et émue. Souvent il invoque dans ses ouvrages le con-

Page 1