‹ Discours et panegyriques (volume 2)Chapitre 45 sur 84 · Epli. ni, vj · texte numérisé non relu

Epli. ni, vj

Ah I c'est que l'amour divin est la suprême grandeur de l'homme, le dernier mot de la terre et du ciel.

La science la plus vaste peut être la conquête du génie et du travail, tandis que le cœur reste vide, l'âme abaissée et déshonorée par le péché.

Au-dessous de cet amour divin, la théologie la plus sublime est toujours la science de la foi, elle habite encore les ombres du temps, elle s'arrête haletante désolée devant les voiles qui lui cachent Dieu ; l'amour le possède et l'étreint dès ici-bas dans d'inénarrables extases. Pour les âmes des élus enivrés des félicités célestes, la foi s'éteindra au sein des splendeurs de la vision, l'espérance n'aura plus d'objet dans la possession de tous les biens; la science n'existera plus pour qui verra toutes choses d'un seul regard dans la lumière de Dieu (1), l'amour seul restera éternellement : chantas nunquam excidit (2).

11 existe cependant une science de cet amour, une science qui le dirige, qui l'excite, qui l'enflamme, qui le fait s'épanouir dans des œuvres plus touchantes et plus héroïques. Le docteur de cet amour divin, n'est-ce pas le saint quia écrit, avec les ardeurs de son cœur et les ardeurs mêmes du cœur de Jésus-Christ, le Traité de Y Amour de Dieu et qui, selon le témoignage de sainte Jeanne de Chantai, a écrit dans ce livre admirable l'histoire fidèle de son âme ? Le docteur de cette charité de Jésus-Christ, n'est-ce pas le saint qui disait : « Si je connaissais dans mon cseur la moindre fibre qui ne fût pas trempée de l'amour de Dieu, je l'arracherais à l'instant », et qui ajoutait : « J'estime un vrai rien tous les

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