LE 17 MARS
Chers jeunes gens,
Je n'ai pu refuser de répondre au désir qui m'a été manifesté; je n*ai pu refuser de vous apporter aujourd'hui, dans cette grande et solennelle réunion de vos Œuvres, quelques paroles d'exhortation.
Malgré notre indignité, évéque de Dieu, pasteur des âmes dans ces jours troublés, nous accomplissons notre devoir de semer la parole sainte. C'est à nous surtout, princes du peuple du Seigneur, qu'il a été dit : Allez, enseignez toutes les nations, et apprenez-leur à pratiquer tout ce que je cous ai enseigné moi-même...
Mais si c'est une joie pour un évéque de se trouver au sein d'une assemblée chrétienne, c'est une joie plus grande encore, quand cette assemblée est une assemblée de jeunes âmes, de jeunes cœurs qui viennent, dans cette grande cité de Paris, affirmer et manifester leur foi.
Oui, je le dis avec une émotion sincère. Oui, c'est un bonheur pour moi de contempler en ce moment
1. Celte allocution iniprowsôc a été recueillie par la sténographie.
cette grande assemblée. Il me semble que de tous ces cœurs monte vers Dieu, avec une hymme de foi, une hymme de confiance et d'espérance.
Que vous dirai-je donc qui réponde au désir de votre piété, et à la joie de mon âme, et aussi à la solennité de cette grande assemblée chrétienne. Je regarde cette foule recueillie; je regarde vos cœurs et je les interroge, et c'est de vos cœurs que viendra au mien, je l'espère, une inspiration...
Qu'êtes-vous venus faire ici? Pourquoi tout à l'heure avez-vous traversé les rues de cette grande cité? Pourquoi êtes-vous venus si nombreux vous asseoir à la Table sainte et recevoir le maître du monde, N.-S. J.-G. ?
Pourquoi vous êtes venus? Ah ! il y a ici une triple manifestation. Il y a ici, dans cette assemblée, une grande affirmation, une grande démonstration et une grande espérance.
I. Il y a une grande affirmation. Certes, les affirmations manquent à notre époque. Regardez autour de vous; interrogez les savants, interrogez les philosophes, les hommes de ce temps. Ils cherchent, disent-ils ; donc, ils n'ont point trouvé; ils renversent aujourd'hui ce qu'ils avaient édifié hier, et ils renverseront demain ce qu'ils enseignent aujourd'hui. Et ainsi ils s'en vont dans les incertitudes, dans les ténèbres, dans le doute; ils s'en vont souvent jusqu'aux négations extrêmes et dernières, jusqu'aux plus lamentables contradictions.
Vous, vous croyez; vous, vous affirmez votre foi, et ces murailles, elles aussi, chantent un cantique à la gloire de Dieu avec vos âmes, temples immortels et sacrés. Vos âmes, et celte foule, et ces chants affirment que vous croyez. Le Credo que vous chantiez tout à
l'heure, les échos de cette église le répétaient; et ce cantique de la foi catholique réjouissait les anges et le cœur de Dieu.
Oui, vous affirmez; vous êtes une grande affirmation; et, remarquez-le bien, c'est une affirmation chrétienne, une affirmation certaine et complète. Ce que vous affirmez, ce n'est pas un débris de foi, ce n'est pas un lambeau que vous avez pris dans la robe sans couture du Christ; ce que vous affirmez, c'est le symbole catholique tout entier. Ce symbole a survécu depuis dixneuf siècles à tous les systèmes, à toutes les sectes, à toutes les doctrines qui passent et qui meurent. Ce symbole, que l'Église garde comme un trésor immaculé pour le défendre contre toutes les hérésies, contre tous les sophismcs, contre la hache des bourreaux, ce symbole triomphera jusqu'au dernier des jours.
El votre affirmation, elle est non-seulement complète, mais elle est énergique et vaillante, carvous avez foulé aux pieds le respect humain. Vous l'avez vaincu, vous êtes des hommes de cœur. Les hommes de cœur ne connaissent pas le respect humain. Le respect humain, c'est le respect de l'homme préféré au respect de Dieu ; le respect humain incline les intelligences, abaisse les cœurs devant des hommes que Ton méprise. Le respect humain est une lâcheté. Il n'y a pas de lâches sur celle terre de France, il ne peut pas y en avoir. Le respect humain, c'est la trahison. Vous avez promis à Dieu au jour de voire baptême, ù hommes faibles et inconstants (ce n'est point à vous que je m'adresse, à vous qui réjouissez ici mes regards et mon cœur, mais à ceux qui rougissent de la foi), vous avez promis d'être fidèles à la vertu j de servir Dieu, de verser votre sang pour la
vérité ; el, maintenant, devant un sourire, devant le sourire d'un homme qui ne mérite que votre mépris, vous abaissez votre intelligence et votre cœur, vous reniez votre baptême : c'est une trahison, c'est une lâcheté, c'est le dernier des esclavages. Celle foi, qui vous a été donnée au saint baptême, elle vous est venue plus éclatante, plus radieuse au jour où vous vous êtes assis pour la première fois au banquet des anges ; et tous ces trésors divins, vous les prenez et vous les foulez à vos pieds, pourquoi? parce que un ordre vous est venu d'une parole ou d'un sourire... N'est-ce pas là l'esclavage qui abaisse et qui déshonore? Mais vous, chrétiens fidèles, vous êtes des hommes de cœur! donc, arrière le respect humain ! arrière les lâches ! arrière les traîtres ! arrière les esclaves ! Ah î gardez, gardez dans voire cœur la sainte liberté des enfants de Dieu.
C'est une affirmation; et qu'affirmez-vous encore? Vous affirmez votre désir de lutter énergiquement contre vos passions ; c'est pour vous le grand combat. Des périls si séduisants, si nombreux, si formidables vous entourent dans cette grande cité, où partout la volupté s'offre à vous avec toutes ses séductions. La lutte est terrible, et vos âmes sont faibles : mais vous avez Dieu avec vous. Oui, luttez contre vos passions.
Les passions ne sont point mauvaises en elles-mêmes: mais il faut les contenir et les diriger. A votre âge, on aime ce qui est beau, ce qui est grand, ce qui est héroïque. Vous aimez ce qui est grand, ce qui est beau, ce qui est héroïque: allez donc à Jésus-Christ! Qui donc est grand comme Jésus-Christ? Oui donc est beau comme Jésus-Christ? Qui donc mérite d'être aimé comme Jésus-Christ? Il a relevé non pas seulement les
âûies, niais les familles, les nations, l'humanité, en les prenant dans les ombres, dans les froides ombres du paganisme, en les portant jusqu'à son cœur de ses deux mains meurtries. Regardez Jésus-Christ, l'idéal vivant et sublime de la beauté, et marchez après lui. Aimezvos parents, vos amis, aimez surtout Jésus-Christ, et cet amour pur et saint vous gardera.
Les passions sont comme le coursier généreux, ardent ; si vous lâchez les guides qui le retiennent, il s'en ira bondissant et vous précipitera. Les passions sont comme ces convois inventés par l'industrie moderne, ces chars de feu auxquels on peut appliquer les paroles du prophète: leurs roues sont comme V impétuosité de la tempête. .Mais prenez garde, fuyez le danger avec une vigilance qui ne se lasse jamais. Domptez vos passions, courbez votre corps sous la loi de l'esprit et sous la puissance du divin Maître.
II. Non-seulement il y a ici une affirmation, mais il y a une grande démonstration. Dites-moi, est-ce que le fait de l'affirmation de votre foi n'est pas à lui seul une démonstration. Mais où donc étaient-ils, il y a dix ans, vingt ans, trente ans surtout, où étaient-ils ces élans de la foi catholique que nous admirons aujourd'hui ? Où donc étaient ces pèlerinages, ces foules gravissant les saintes montagnes visitées par la très-sainte Vierge et par la miséricorde de Dieu? Où donc était ce mouvement qui entraîne l'univers catholique vers le Pontife romain ! Où étaient ces Œuvres si nombreuses? Où étaient vos associations catholiques de patronage; où étiez-vous il y a dix ans? Vous êtes sortis du sein éternellement fécond de l'Église.
L'Esprit saint a donné ses inspirations, la rosée du
ciel est venue, et la terre, la terre do France surtout, a vu germer des Œuvres magnifiques. 11 y a donc ici, par le fait seul de votre présence, une grande démonstration catholique.
Il y a une démonstration de la sollicitude de l'Église pour les âmes. Avez-vous pensé à cela, Messieurs ? Vous en profitez chaque jour et à chaque instant. Avezvous songé à cet amour de la sainte Église, de ses prêtres et de ses religieux pour les âmes? C'est dans le cœur de Jésus-Christ qu'ils ont puisé cet amour. Moi, je ne vous connais pas; je ne vous ai jamais vus, mais je vous ai rencontrés en Dieu et je vous parle parce que je vous aime. Je regarde, et, dans ces corps fragiles qui demain s'en iront en poussière, ma foi reconnaît dans la sérénité de vos fronts, dans la limpidité de vos yeux, vos âmes toutes teintes du sang de mon Sauveur. Voilà pourquoi je vous parle et pourquoi je déplore l'impuissance de ma parole. Je voudrais que cette parole put faire du bien; car, moi aussi, j'aime les âmes, je les cherche, je veux les sauver : Da mihi animas, cœtera toile tibi (1).
Cet amour fait que l'Église, elle aussi, cherche les âmes partout et toujours. Le missionnaire vole jusqu'aux extrémités de la terre, la Sœur de Saint-Vincent de Paul quitte tout. Où vont-ils? chercher les âmes, les âmes que Jésus-Christ a aimées* C'est là un grand mystère; car jamais on n'avait aimé les âmes avant Jésus-Christ ; jamais l'humanité n'avait connu cet amour si pur, si beau, si divin. Eh bien ! ici, j'1 vois une assemblée des âmes, et en même temps la grande dé-
l. Gènes : \i\. 21.
înonstration de la sollicitude de l'Église catholique pour les âmes.
Il y a une autre démonstration, la démonstration de la vitalité et de la puissance de l'Église. Vous êtes venus ici, Messieurs, pour honorer le souvenir du Pontife que nous pleurons, et aussi pour vous réjouir de Télection du Pontife qui préside à celte heure aux destinées de la sainte Église. Il y a ici, je le disais tout à l'heure, une manifestation de foi catholique. Et qui donc vous a appelés? Qui donc vous prend dans vos familles, dans vos ateliers, au sein de vus travaux, et vous réunit ici? L'Église, notre sainte mère. L'Église! mais ils disent qu'elle est impuissante; ils disent qu'elle va mourir. Ils disent (pie l'Église va mourir, et ils ont peur de l'Église! L'Église va mourir? Mais jamais elle n'a produit autant d'Œuvres admirables, incomparables; jamais elle n'a manifesté une si merveilleuse, une si divine fécondité.
Le Pontife que nous pleurons a attiré pendant trentedeux ans les regards du monde, plus encore aux jours de sa persécution qu'aux jours de son triomphe. Avezvous contemplé cet homme, sur le lambeau de terre qu'on lui avaitlaissé? Seul, debout dans cette Europe humiliée, abaissée, il affirme la vérité ; seul il proclame le droit éternel; seul il affirme que la victoire viendra à la justice perpétuelle et immortelle. Dépouillé et vaincu, il a été le plus respecté et le plus puissant des rois; père persécuté et captif, il a vu ses fils accourir de tous les rivages du monde pour consoler ses douleurs; vieillard désarmé, affaibli par les persécutions elles malheurs, il a vu descendre au tombeau tous ceux qui prophétisaient sa défaite et sa mort. Vous honorez ce grand et
saint Pontife, vous honorez son souvenir, vous faites bien. Pie IX a été la gloire, la puissance, la consolation de la sainte Église. Et maintenant vous honorez aussi son successeur; vous le vénérez et vous voulez, en communiant, en vous unissant au banquet des anges, lui donner un témoignage d'amourfilial, de soumission sans réserve. Vous venez prier Jésus-Christ afin qu'il accorde enfin la victoire à son Vicaire. Donc celte assemblée est une preuve de la vitalité, de la puissance de l'Église. L'Église, c'est elle qui vous inspire, c'est elle qui vous réunit, c'est elle qui vous fait mouvoir, c'est elle qui donne la sève à toutes les associations catholiques. 11 y a donc ici une grande affirmation et une grande démonstration ; il y a aussi une grande espérance.
III. Certes, nous avons besoin d'espérance ; quand le découragement saisit les âmes, elles s'en vont chancelantes dans des sentiers qui les égarent, et toutes les sollicitations delà grâce, et toutes les clartés les plus vives de la foi sont impuissantes à les relever. Le découragement est une maladie terrible pour les âmes; mais quand il saisit une nation, quelles que soient ses ressources en face du péril, cette nation est perdue. Nous avons besoin d'espérance, sur le bord de ces abîmes vers lesquels nous penchons. Un grand écrivain catholique a dit cette parole : « Elle est divine , cette religion qui fait de l'espérance une vertu. » Nous avons besoin d'espérance. Eh bien ! je vous regarde, et l'espérance monte jusqu'à mon cœur. Je vous regarde, et j'espère en vous; j'espère en la générosité de votre âge, jeunes hommes de seize ans, de vingt ans ou de vingtcinq ans. J'ai dit qu'il y a pour vous des périls, vous le savez bien et vous le saurez peut-être mieux encore
plus tard; et pourtant l'Église espère en vous, le vénérable Pontife qui gouverne l'Église de Paris espère en vous. Nous espérons tous dans cette jeunesse si dévouée et si généreuse. Vous avez reçu la visite de Dieu, de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans votre cœur , dans votre poitrine, il y est descendu comme dans un ciboire vivant. Comment ne pourrions-nous pas croire à votre persévérance et à vos triomphes?
Non-seulement nous espérons en vous,, mais vous êtes l'espérance de vos familles. Ah ! Chrétiens fidèles à la foi catholique, quand vous venez dans le temple entendre la parole sainte, quand surtout vous faites dans l'humilité l'aveu de vos fautes au tribunal de la Pénitence, qui est plus encore le tribunal de la miséricorde, quand vous avec purifié vos cœurs, dites-moi, est-ce que vous n'êtes pas meilleurs; est-ce que vous n'êtes pas plus appliqués à votre travail, plus dévoués à vos familles; est-ce que vous ne sentez pas vos cœurs monter dans la lumière, dans la pureté, dans la gloire? Sursum corda f
On demande des démonstrations; tout à l'heure peutêtre, au sortir de cette enceinte , vous entendrez la parole du doute et du blasphème.
Vous cherchez des démonstrations: regardez dans vos âmes, regardez dans votre vie. Puisque la religion vous fait du bien , puisqu'elle vous rend meilleurs , puisqu'elle vous transforme, puisqu'elle élève votre vie dans les lumières et les vertus surnaturelles, puisqu'en venant à Dieu, à l'Eglise catholique qui vous presse dans ses bras de mère, vous vous sentez plus purs, plus dévoués, plus généreux, c'est que vous êtes dans la vérité. Eh bien ! oui, vos âmes sont élevées, trans-
figurées par l'Église catholique, voilà pourquoi nous espérons dans vos âmes, voilà pourquoi nous espérons dans le salut de la France.
Que sera l'avenir? Je l'ignore, je n'ai point les secrets de Dieu. Personne ne peut nier les périls formidables de l'heure présente, mais je sais aussi tout le bien admirable qui se manifeste sur cette terre de France et dans votre cité de Paris. Quels prodiges de foi, de zèle, de charité ! Ah ! sans doute, vous avez ici tous les excès du mal; vous avez aussi tous les éléments sublimes du bien.
Avec ces associations, ces sociétés de charité, ces généreux chrétiens, ces hommes de cœur et de foi, ces jeunes gens si vaillants, quelquefois si héroïques; ces jeunes filles, ces admirables religieuses qui enseignent les enfants, qui servent Jésus-Christ dans la personne des infirmes et des pauvres, ces âmes recueillies qui habitent dans les cloîtres, ces âmes en prière qui contemplent l'adorable Maître, vous avez dans cette étonnante cité, où tous les extrêmes se touchent, vous avez toutes les insinuations perfides et tous les efforts de Satan, toutes les puissances et toutes les gloires de la sainte Église de Dieu, toute la fécondité du divin Cœur de Jésus.
Voilà pourquoi j'espère dans la France. Quand je jette mes regards au delà des montagnes et des océans, je vois partout le missionnaire de la France, le prêtre de la France, la sœur de Saint-Vincent de Paul et l'humble Frère des Écoles Chrétiennes de la France, qui vont, je le disais ici il y a deux jours, jusqu'aux extrémités du monde, pour faire connaître et aimer Jésus-Christ. Hier encore, la diplomatie le reconnaissait : pour soutenir
l'ascendant français en Orient, l'épée, l'éloquence, L'habileté ne suffiraient pas. Non, il faut la robe de bure du Frère des Écoles Chrétiennes et la robe grise de la Sœur de Saint-Vincent de Paul; Ah f c'est que dans cette pauvreté et cette humilité, il y a des cœurs qui aiment et qui servent Jésus-Christ et la France.
La France que deviendra-t-elle demain? Je l'ignore. Mais quand nous serions descendus au fond de l'abîme, j'espérerais encore, je ne croirais jamais que Dieu ait abandonné notre patrie. Sans doute, il n'a pas besoin de la France, mais il a manifesté et il manifeste chaque jour avec éclat sa volonté de se servir de cette noble nation dans l'œuvre de sa miséricorde.
Une fois encore, je ne sais pas ce qui arrivera, mais ce que je sais, c'est que Dieu aime la France, c'est que dans ce peuple il y a des âmes saintes qui prient Jésus-Christ, et qui nous sauveront.
Et à vous qui êtes ici à cette heureje vous dis, sinon avec éloquence, du moins avec l'accent d'une conviction profonde et aussi avec l'accent d'un cœur qui vous aime: vous êtes une grande manifestation, une grande démonstration, une grande espérance. Vous réaliserez cette espérance, vous serez énergiques et vaillants. Qu'importe que pour nous aujourd'hui la victoire vienne ou la défaite! Un jour, tôt ou tard, la victoire viendra. Allez donc! ô jeunes gens, jeunes hommes rachetés par le sang de Jésus-Christ, catholiques fidèles et généreux, levez-vous, entrez dans une sainte croisade! Levezvous et marchez ! "Si la] tempête s'élève, si l'orage mugit, si les ténèbres vous enveloppent, si vous êtes seuls, délaissés, ne reculez jamais dans les sentiers de Dieu. Si vous tombez, eh bien ! tombez sans regret,
élevant dans vos vaillantes mainsje drapeau catholique, qui est le drapeau de la foi et de l'honneur, le drapeau de l'avenir.
Peut-être nous mourrons à la peine; Dieu ne nous a pas promis de nous faire victorieux; mais un jour, soyez-en sûrs, sur nos tombes le triomphe viendra. Quand les pieds des vainqueurs fouleront nos tombes, quand l'hymne du triomphe retentira, nos ossements tressailliront de joie: et exultabunt ossa hiimiliata (1).
Jeunes gens, soyez donc énergiques et vaillants. En avant ! contre la barbarie savante. En avant ! contre la corruption qui nous envahit comme une marée de boue. Jeunes gens, baptisés dans l'eau et l'esprit de Dieu, levez-vous! Vous, qui aimez la vraie France, allez; d'antres viendront après vous. L'ébranlement se fera dans les populations françaises ; et lorsque vous passerez portant vos bannières, portant la croix qui a sauvé le monde, la France vous suivra ; vous et Jésus-Christ vous sauverez la France.