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DE L'ASSOCIATION FRATERNELLE

DICS

ANCIENS SOUS OFnCIliRS ET SOLDATS LÉGIONNAIRES ET MÉDAILLÉS

PKONONCÉ LE 11 NOYEMliKE 1889, DANS LA BASILIQUE DE SAINT-EPYRE, DE NANCY.

Mes Très Giiers Frères,

Je n'ai pu résister à la demande de l'association iraternelle des anciens sous- officiers et soldats légionnaires et médaillés, et aux désirs de mon cœur. Je viens dans cette chaire vous exposer le but et les caractères de cette œuvre et vous démontrer ainsi qu'elle mérite au plus haut degré vos sympathies, votre appui, le concours de votre générosité.

Ce n'est jamais en vain que l'on fait appel à la charité, dans cette ville de Nancy qui donne toujours et sous toutes les formes ; mais cet appel est plus puissant encore, quand il s'adresse au patriotisme des populations lorraines, et surtout quand il s'agit de l'armée et des vieux et vaillants soldats de la France. La foule nombreuse qui remplit celte vaste enceinte, démontre par sa présence, elle démontrera mieux encore par ses dons généreux, qu'un pareil sujet n'a pas besoin d'éloquence, car, de lui-même, il unit, il élève et il émeut tous les cœurs.

La charité est le premier caractère de cette association. La charité est la plus grande, la plus admirable, la plus puissante de toutes les vertus ; elle nous unit directement et intimement à Dieu ; elle donne à l'homme sa vraie grandeur et sa suprême perfection ; elle est le dernier mot de la terre et le dernier mot du ciel. Elle touche tôt ou tard les natures les plus rebelles, les cœurs les plus endurcis, elle rapproche les hommes et les peuples. A elle seule elle a plus fait pour le vrai progrès, la vraie civilisation que la sagesse et l'éloquence, la science et le génie. Aussi c'est de la charité que viendra, pour le salut de nos sociétés si troublées, la solution des problèmes formidables de notre temps.

Mais la charité qui est un des privilèges et une des gloires de notre pays apparaît plus touchante encore, plus digne d'entraîner tous les cœurs, quand elle secourt et console les vieux serviteurs de la France.

Quelle qu'ait été la durée et la valeur de leurs services, les anciens sous-officiers et soldats ne peuvent obtenir qu'une pension insuffisante par ellemême. Celte pension est un secours précieux ; elle n'est pas une ressource complète et surtout une garantie assurée contre toutes les épreuves. La vieillesse (|ui vient, les blessures glorieuses qu'ils ont reçues, les infirmités qui s'aggravent et se multiplient, condamnent parfois les vieux soldais à l'indigence et à l'abandon.

L'indigence ! ah ! elle est cruelle pour le vieux

soldat. II a gardé dans sa condition si humble toute la noble fierté de son âme. 11 dissimulera ses privations, il souflfrira et il verra souffrir autour de lui ceux qu'il aime, mais il ne se plaindra pas et il ne consentira jamais à tendre la main. Il voudrait, au prix d'efforts héroïques , travailler encore, mais ses forces le trahissent, son corps affaibli et usé n'obéit plus à l'énergie de sa volonté et à la vaillance de son cœur. L'hiver s'avance, les épreuves sont plus douloureuses, la solitude plus profonde ; le foyer reste vide, la pauvre demeure est glacée et le vieux soldat abandonné se dit qu'il a pourtant bien servi son pays, qu'il a combattu et souffert pour la France.

Un secours délicat et discret soulagerait cette indigence, et quelle charité pourrait être supérieure à cette charité ? Elle n'atteindrait pas seulement les misères du corps, la pauvreté et la faim ; elle irait jusqu'à l'âme pour la relever, la fortifier, lui apporter la résignation et la confiance, l'espérance et la joie. Du passé il ne reste plus au vieux soldat que des souvenirs et des regrets, du présent il n'obtient que des tristesses et des souffrances, l'avenir est plus sombre encore. La mort qui vient lentement et qui l'envahit peu à peu lui apparaît comme un horrible supplice. Ce n'est pas la mort qu'il avait rêvée.

Pendant ses longs jours d'inaction, pendant les nuits plus longues encore de l'insomnie et de la douleur, il songe à ses compagnons d'armes que Dieu a appelés les uns après les autres ; il se prend à regretter d'avoir vécu trop longtemps, et plus que jamais il envie ceux qui sont tombés sous le feu de l'ennemi dans l'entraînement et l'enthousiasme des batailles.

Mais la porte de la pauvre demeure s'est ouverte, un membre de l'association fraternelle paraît sur le seuil. Il apporte avec un peu d'or le don mille foisplus précieux, de son amitié fidèle. Le front du vieillard se relève, son regard s'illumine, de son cœur ému des larmes montent jusqu'à ses yeux, et il vous bénit, vous qui lui envoyez ainsi le secours qui n'humilie pas et la sympathie qui console.

C'est que, sous une apparence souvent froide et rude, le cœur du soldat est sensible, affectueux, reconnaissant, plus capable que bien d'autres d'apprécier ce qui est grand et beau. Ces hommes qui ont bravé tous les périls et passé à travers toutes les sanglantes horreurs des batailles s'émeuvent et s'attendrissent devant un acte de bonté et de dévouement. Qui admire plus sincèrement nos incomparables religieuses? Combien parmi les chefs et les soldats proclament qu'ils ont été par elles entourés de soins dans les ambulances et les hôpitaux et qu'ils les ont saluées comme les images bénies de la famille et de la patrie absentes, de la religion et du dévouement, jusque sur les plages de nos colonies les plus lointaines 1 Combien les appelleront avec empressement près de leur lit de douleur et d'agonie, afin de voir apparaître dans les ombres de la mort quelques rayons de la miséricorde divine et de la charité éternelle 1

Mais je ne puis l'oublier, un des buts les plus élevés et les plus touchants de cette œuvre est d'assurer à ses membres d'honorables funérailles.

Il importe au prestige de l'armée que les restes mortels des vieux soldats ne soient pas portés à leur dernière demeure dans le cercueil des plus indigents

et des plus abandonnés. Le culte des morts, qui est le témoignage irrécusable de la grandeur humaine, l'affirmation universelle de nos espérances, la protestation du bon sens et du cœur contre les doctrines désolantes et abjectes du matérialisme, ce culte n'est nulle part plus respecté, ses obligations ne sont nulle part plus fidèlement accomplies que sur cette terre de Lorraine. Donc plus que partout ailleurs, il faut honorer ici dans leur mort et dans leur tombe les serviteurs de la France.

Aussi l'association qui est l'objet de cette fête convoque ses membres aux funérailles de ses chers défunts. Elle demande pour eux les prières de l'Eglise et la puissance du divin sacrifice, elle les suit jusqu'au champ des morts et, du moins en ces grands anniversaires que nous célébrions il y a quelques jours, elle visite leurs tombes sur lesquelles elle a planté la croix de Jésus-Christ.

Cette œuvre de charité est aussi une œuvre de reconnaissance, j'allais dire de justice : car la France a contracté à l'égard de ses vieux serviteurs une dette sacrée dont tous nous avons notre part.

La reconnaissance devrait être une vertu universelle, mais quand elle est vraiment digne et généreuse, elle est la vertu réservée des grandes âmes. Les bienfaits pèsent sur les natures petites et viles, l'orgueil les méconnaît et les retourne contre les bienfaiteurs eux-mêmes. L'ingratitude est le signe de l'égoïsme et de l'abjection. Si la charité a des séductions et une

puissance supérieure^ la justice est la base nécessaire de tout ordre social ; les obligations qu'elle impose et qui ont pour principe le droit rigoureux doivent être accomplies de préférence aux obligations de la charité.

Quand des citoyens ont donné à leur pays tout ce qu'ils peuvent lui donner, ces dons ne créent-ils pas non seulement un lien de reconnaissance, mais comme un contrat par lequel le pays s'oblige à éloigner de ces fils dévoués les épreuves de la pauvreté et de l'abandon ?

Cette obligation de justice et de reconnaissance grandit évidemment en proportion des dons qui ont été faits et des sacrifices qui ont été accomplis. Or ces vieux soldats ont donné à la France la sécurité, le prestige des armes, la puissance et la gloire. Ils ont fait respecter sur tous les rivages du monde l'ascendant de notre pays. Au prix de cent combats, ils ont établi notre domination sur la terre d'Afrique et jusque dans l'Extrême-Orient, oii nous luttons encore à cette heure. Obéissant à la générosité parfois si aveugle de la France, ils ont donné leur sang pour des peuples oublieux et ingrats, mais la France, elle, ne peut être oublieuse et ingrate.

Aux jours des revers qui ont déconcerté toutes les prévisions humaines, dans la défaite écrasante, inexorable, ils ont lutté parfois un contre dix, et par des prodiges de valeur, il nous ont gardé pour le passé l'honneur, pour l'avenir l'espérance.

Plusieurs d'entre eux avaient renoncé à des projets qui leur étaient chers, à des travaux (|ui auraient pu assurer leur avenir. Ils ont foit de leur régiment leur

famille la plus aimée. Ils sont accourus partout où les appelaient les intérêts de la patrie^ les ordres de leurs chefs^ la voix du canon et le clairon des batailles. Ils ont marché, souffert, combattu avec joie. Ils ont offert à leur pays tout ce qu'ils pouvaient lui offrir : leur jeunesse, leur santé, leurs forces, leur sang et leur vie. Ah ! je le sais, ces vaillants n'ont jamais songé aux droits qui leur venaient de leur dévouement. Ils n'ont jamais compté avec leur pays. Ils n'ont obéi qu'à l'ardeur de leur courage et à l'inspiration du devoir. C'est moi, c'est moi qui invoque pour eux la reconnaissance et la justice. Eux ! ils croient n'avoir point assez fait; aujourd'hui encore, ils sont prêts à accepter, s'il le faut, toutes les privations, à braver tous les périls. Si leurs mains sont tremblantes, leur âme est restée ferme et courageuse, si leur tête blanchie s'est courbée sous les années et sous les épreuves, leur cœur n'a pas vieilli, les derniers battements de ce cœur, la dernière goutte de leur sang appartiennent à leur pays ! Mais la France qu'ils aiment tant et qu'ils ont si bien servie pourrait-elle les délaisser ? L'État accablé par des charges qui se multiplient sans cesse, ne peut les secourir. Eh bien ! c'est à nous que revient ce noble devoir. Donnons à ceux qui ont tout donné et payons, au nom de la France, la dette sacrée de la reconnaissance et de la justice.

Cette association est une œuvre de patriotisme : car tout ce qui encourage et honore l'armée, tout ce qui contribue à la faire forte et respectée est utile à la

patrie. L'armée est en effet la gardienne de l'indé pendance et de l'honneur de la patrie. C'est à elle qu'est confié le sol qui a porté nos premiers pas^ nos foyers^ nos temples^ les tombes oii reposent ceux que nous avons aimés, le drapeau, symbole de la grandeur et de la gloire nationales.

L'armée est incontestablement une des plus parfaites et des plus brillantes manifestations du caractère et de la mission, de l'âme de ce peuple que Dieu a fait pour les initiatives hardies, les œuvres généreuses, les combats et les grands sacrifices.

Je l'ai dit ailleurs, et c'est l'évidence des faits, aujourd'hui plus que jamais l'armée est la nation ellemême. Il n'est pas une famille qui ne compte dans les rangs de l'armée quelques-uns des siens ; et aux jours redoutables des guerres futures, c'est la nation tout entière qui se lèvera pour marcher à l'ennemi.

Sans doute cette organisation formidable est un fléau ; elle pèse d'un poids écrasant sur le pays, elle absorbe avec nos forces vives d'immenses ressources et, quand la guerre éclatera, elle paralysera tous les travaux et tout le mouvement de la vie sociale. Mais en présence de l'Europe devenue un camp et un arsenal, en présence de tous les peuples qui veillent sous les armes et qui ne paraissent vouloir demander la solution de tous les débats qu'au sort des batailles, à la puissance du nombre et au triomphe de la force, il faut bien que la France soit prête.

Jusqu'au jour oii la voix de la sagesse sera écoutée, où prévaudra la politique de la conciliation et de la paix, jusqu'au jour, s'il doit venir, où l'entente sera faite pour le désarmement universel, notre armée doit

à tout prix réaliser tous les progrès. Aussi, quand il s'agit de l'armée, il n'y a plus de divisions, plus de partis, il n'y a plus que l'union parfaite de tous dans les ardeurs et les sacrifices du patriotisme.

Mais, je l'ai déjà démontré, l'association qui est l'objet de cette fête, honore l'armée ; elle entoure de sa sollicitude les braves qui représentent les traditions, les hauts faits et la gloire du passé ; elle leur assure les secours de la charité, le tribut de la reconnaissance et de la justice. Elle persuade aux soldats d'aujourd'hui et de demain que, quelles que soient les épreuves de leur vie, la France ne les laissera jamais sans appui et sans secours. Par ses œuvres qui groupent les bonnes volontés et les ressources, elle maintient, elle fortifie l'union qui est notre plus pressant devoir.

J'ajouterai que cette association, en assurant l'avenir des sous-ofiiciers et des soldats, les encourage à reprendre du service. Elle contribue ainsi à donner à l'armée des cadres solides, des combattants expérimentés, qui constituent sa force première.

Il ne faut pas l'oublier, quels que puissent être le nombre de nos légions, les calculs de la science, la portée prodigieuse des armes nouvelles, la puissance effroyable des engins de destruction, l'homme sera toujours le premier instrument de combat. D'oiî il faut conclure que tout ce qui perfectionne et encourage le soldat, tout ce qui le trempe dans la virilité, dans la confiance, dans l'énergie, dans la bravoure, est une œuvre de progrès militaire, et, par conséquent, une œuvre de patriotisme.

Enfin, votre association, et je l'en félicite de toute mon âme, a tenu à rester fidèle aux traditions unanimes des sociétés de secours mutuels de Nancy et à placer cette cérémonie, cette fête et les sollicitations qu'elle adresse à la charité, sous le patronage de la religion et sous les bénédictions de Dieu.

Vous êtes trop fermement convaincus de la nécessité de la discipline, de l'ordre, de la hiérarchie, du respect de la loi, et par conséquent de la nécessité d'une autorité supérieure aux erreurs, aux passions, à la mobilité de l'homme, pour ne pas vous incliner devant l'autorité de Dieu.

Vous êtes trop fermement convaincus de l'influence salutaire, incomparable de la religion sur les âmes et sur les peuples, trop convaincus de la prospérité et de la grandeur que cette religion nous a données pendant quatorze siècles, pour ne pas lui accorder du moins l'hommage de votre respect et de votre reconnaissance.

Vous n'ignorez pas que la charité, dont vous êtes ici les représentants et les apôtres, est descendue dans le cœur étroit et égoïste de l'homme, et dans l'humanité abaissée par la corruption et la barbarie sans entrailles, des hauteurs de l'Évangile et du cœur même de Dieu. Si la philosophie contemporaine est sur ce point supérieure à la philosophie antique, c'est qu'elle est venue après Bethléem, Nazareth et le Calvaire ; c'est que bon gré mal gré elle a subi l'influence de Jésus-Christ, c'est qu'elle vit et se meut dans une

atmosphère religieuse, en présence des merveilles de la charité chrétienne.

D'ailleurs tout acte bon, généreux, prépare le cœur à la lumière et appelle les secours divins. En avançant dans la vie, toute âme droite se rapproche de Dieu. Les passions s'apaisent, l'expérience des hommes et des choses dissipe bien des illusions, les orages et les coups de foudre du malheur emportent comme des rameaux brisés et des feuilles mortes les espérances de la jeunesse et les projets de l'âge mûr. Le temps multiplie les deuils et les ruines. Le vide se fait autour du vieux soldat. La souffrance achève l'œuvre de la miséricorde, elle transforme, elle purifie le cœur, elle l'ouvre aux enseignements de la foi et aux rayons d'en haut. Les souvenirs d'une enfance chrétienne, d'une mère pieuse et tendre reviennent plus souvent et sont accueillis avec une émotion profonde. Dieu apparaît plus grand, plus puissant, plus miséricordieux, et le vieillard répète ces paroles du plus éloquent des orateurs de ce siècle : a J'ai vu l'homme diminuer à mes yeux tandis que le Christ grandissait toujours (1). »

La loyauté du soldat, son habitude des solutions décisives et des situations nettement définies ne lui permettent pas de rester jusqu'à son dernier jour dans l'impuissance absolue de la négation et de l'indifférence ou dans les ombres du doute. Il veut voir et savoir, il veut résoudre les problèmes qui s'imposent à sa raison et à son cœur. Il répondrait volontiers comme un des plus illustres généraux français à un de ses amis qui s'étonnait de voir sur sa table de travail le catéchisme et V Imitation de Jésus-Christ : « Eh

(1) Lacordaire.

bien, oui ! j'en suis là, je m'occupe de cela. Je ne veux pas rester comme vous le pied levé entre le ciel et la terre, entre le jour et la nuit ; je veux savoir où je vais, à quoi m'en tenir, et je n'en fais pas mystère (1). »

Et quand le vieux soldat a été convaincu ou quand il a été ramené à la pratique de la foi qui était restée vivante au fond de son âme, quelle franchise ! quelle énergie ! quel mépris du respect humain ! Comme il va, cet homme de cœur, à l'accomplissement de ses devoirs les plus difficiles, l'âme sereine, le front haut, tel qu'autrefois il marchait à l'ennemi 1

Aussi, je le sais, j'en ai été bien des fois le témoin. Dieu a pour ces âmes des grâces de choix et d'ineffables consolations. Croyez-le bien, il leur réserve des récompenses devant lesquelles pâlissent et s'effacent toutes les victoires de la terre et l'éclat de toute gloire humaine.

0 Dieu infiniment miséricordieux et infiniment bon, répondez aux aspirations de ces âmes et aux accents de ma prière. 0 Dieu des armées, bénissez ces glorieux débris de vingt batailles, les combattants de l'Afrique, de la Crimée, de l'Italie et de nos dernières guerres, les soldats de Sébastopol, de Solférino, de Magenta et de Rezonville. Bénissez le drapeau qu'ils portent dans leurs vaillantes mains, afin que ce drapeau ne s'incline jamais que devant vous, et que partout et toujours comme ici, il reste uni à votre croix.

Bénissez cette association fraternelle. Que cette cérémonie, que cette belle fôte, que cette foule si nom-

(1) Lamoricièrc (Oraison funèbre j)ar Mgr Duj)anlonp. — CI'Àivres oratoires, page 300.)

breuse et si sympathique lui donnent une puissante impulsion et comme une vie nouvelle. Suppléez à ma parole, ô mon Dieu, touchez tous les cœurs, afin que les bourses des nobles quêteuses soient remplies, car elles demandent pour vous, pour l'armée et pour la France !

LA

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