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LA FRANCE

DISCOURS PRONONCÉ DEVANT LA GROTTE DE LOURDES^ LE DLMANCHE 2 SEPTEMBRE 1888.

Messeigneurs (1); Mes Frères,

L'étendard de Jeanne d'Arc offert à la Vierge Immaculée de Lourdes par le pèlerinage de la Lorraine, et uni devant la grotte bénie aux bannières de Metz et de Strasbourg, quel spectacle ! quels enseignements ! ({uels consolaDts et merveilleux souvenirs !

Qui pourrait exprimer les sentiments qui débordent de tous les cœurs, et répondre à ce souffle d'en haut qui, à cette heure, passe visiblement sur cette grande assemblée ?

Ce n'est pas un discours, qu'il faudrait ici, c'est un cantique, une hymne pour chanter la foi qui subjugue et qui transporte les foules, la piété dans ses élans, et ses célestes ardeurs, le patriotisme dans ce qu'il a de plus puissant et de plus doux, la France dans les gloires de son passé, dans ses douleurs et dans ses espérances, l'Eglise dans une de ses fêtes sans rivales,

fl) M^r I^amaze, évéque d'Olympe, vicaire apostolique de rOcéanio centrale ; Mgr Rougerie, évéque dePamiers ; Mgr Marchai, évéque de Sinope, auxiliaire de Mgr rArchevéque de Bourges.

les vertus et la mission d'une héroïne qui fut une sainte, le ciel et sa Reine toute puissante, la Mère de Dieu et sa maternelle tendresse pour notre grand et infortuné pays.

Je voudrais du moins recueillir, en quelques paroles imparfaites et rapides, quelques-unes de ces hautes et consolantes leçons, et vous dire les relations de Jeanne d'Arc et de Marie Immaculée, les relations de la Mère de Dieu et de Jeanne d'Arc avec la France. La très sainte Vierge et Jeanne d'Arc, la très sainte Vierge, Jeanne d'Arc et la France, tel est le résumé de ce discours.

0 Vierge Immaculée, ô Mère de la foi, de l'amour et de la sainte espérance, ô Jeanne, la Donne Lorraine, guerrière et martyre aux accents si purs et si généreux, soutenez et inspirez ma parole !

L'origine première de la mission de Jeanne d'Arc est évidemment dans le cœur de Dieu, dans sa miséricorde envers la France. C'est Dieu qui envoyait à l'humble bergère l'archange saint Michel et ses saintes. Mais les prières de la très sainte Vierge n'ont-elles pas touché le cœur de Dieu en faveur de notre pays, et ne pouvons-nous pas voir dans la dévotion de la pieuse enfant envers Marie l'origine de sa prodigieuse mission '^ 11 est impossible d'en douter quand on étudie les preuves si nombreuses et si touchantes de la pieté de Jeanne envers la Mère de Dieu .

Un prêtre qui habitait Domremy à l'époque de l'enfance de Jeanne, lui a rendu ce témoignage : « C'était,

dit-il, dés l'âge de dix ans une bonne fille, aimant et craignant Dieu. Nous la voyions souvent à l'église, elle se mettait à genoux devant les crucifix, elle aimait à contempler l'image de Dieu crucifié et celle de la Vierge Marie et se prosternant, les mains jointes sur son cœur, les regards fixés sur les saintes images, elle priait » (1).

Elle allait souvent et surtout les samedis visiter la chapelle dédiée à la sainte Vierge sous le nom de Notre-Dame de Bermont. Elle y faisait brûler des cierges, et tandis que ses compagnes se livraient à leurs jeux, elle formait des guirlandes de fleurs dont elle ornait l'autel de Marie. Les jours de dimanches et de fêtes elle allait prier dans le sanctuaire de Notre- Dame de Domremy.

Quand V Angélus sonnait au clocher du village, elle s'arrêtait au milieu de ses travaux, se mettait à genoux et priait avec ferveur. Si le sonneur négligeait de sonner VAngeIns, elle le reprenait avec douceur et lui promettait quelque récompense pour qu'il fût plus fidèle à cette pieuse coutume. Touchante coïncidence ! La première apparition de la Vierge Immaculée à Bernadette, la bergère des Pyrénées, eut lieu à midi, au moment où VAngeIns sonnait à tous les clochers des villages pyrénéens.

Pendant les trois semaines de luttes et d'angoisses qu'elle passa à Vaucouleurs avant de partir pour Chinon, la pieuse jeune fille gravissait plusieurs fois par jour le coteau qui domine la petite cité, elle pénétrait dans la crypte de la chapelle du château, et elle restait de longues heures devant l'autel de Marie, pros-

(1) yuicherat. Procès de Jeanne d'Arc, t. ii, p. 459.

ternée contre terre dans la ferveur de sa prière, ou debout et les yeux levés vers le ciel, d'oii elle attendait la délivrance et le salut de son pays.

A Rouen, devant ses juges, elle attribuait après Dieu à la très sainte Vierge sa grande mission : « Elle était venue au roi de France, disait-elle, de par Dieu, de par la Vierge Marie et tous les bienheureux Saints et Saintes du paradis ».

Un chevalier de Saint-Jean de Jérusalem écrivait après l'arrivée de Jeanne à la cour de Charles VII, que « Dieu lui-même, touché des prières de la Vierge Marie, l'avait envoyée au roi de France ». Dans le premier message qu'elle adresse aux Anglais, elle les somme « au nom du Roi du ciel, fds de sainte Marie, de vider le royaume ».

Au moment où elle se rendait à Chinon auprès de Charles VII, elle envoyait sa mère à Notre-Dame du Puy pour y prendre part aux fêtes du Jubilé de 1429 et pour attirer sur elle et sur sa mission la protection toute puissante de la Mère de Dieu. C'est en souvenir de ce pèlerinage de la mère de Jeanne d'Arc que le pèlerinage Lorrain déposait, il y a quelques jours, la bannière de l'héroïque guerrière dans l'antique sanctuaire du Puy.

Le nom de Marie était gravé avec celui de Jésus sur la bannière qu'elle portait dans les combats. Pendant les marches, elle faisait chanter les litanies de Notre Seigneur et de la très sainte Vierge aux troupes qu'elle conduisait à la victoire, et, tous les soirs, elle réunissait autour de sa bannière les religieux qui suivaient l'anuée et leur faisait chanter des hymnes en l'honneur du Marie.

Gomment s'étonner que la vierge lorraine reproduise admirablement plusieurs des traits et des vertus de la Mère de Dieu ?

La pureté de Marie a séduit le cœur de Jeanne et l'a préparée aux visions divines réservées aux cœurs purs : Beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videhunt (i).

Dès la première fois qu'elle entendit les voix célestes, elle fit vœu de virginité (2). Ses compatriotes qui ont déposé au procès de sa réhabilitation affirmèrent qu'elle était pieuse, bonne fille et sans défaut : Sine defeclu.

Le chevalier qui l'accompagna de Vaucouleurs à Chinon disait (c qu'il la croyait une envoyée de Dieu et qu'en toutes choses elle lui paraissait une sainte ».

Au milieu d'une armée où tous les désordres et tous les vices étaient à leur comble, Jeanne apparaît comme la vision céleste de l'innocence.

Ces guerriers violents et grossiers, abandonnés à toutes leurs passions, ont attesté que « Jeanne leur imposait à tous la vertu et que jamais sa vue n'éveilla en eux une pensée dont elle aurait pu rougir » ; ils allaient jusqu'à dire a qu'ils ne croyaient pas que près d'elle la pensée du mal fût possible (3) ».

Le vaillant Dunois ne croyait pas qu'une femme pût être plus chaste que Jeanne. Il disait a que lui et ses compagnons d'armes, dès qu'ils se trouvaient en présence de l'angélique jeune fille, n'avaient plus que des pensées honnêtes », et il ajoutait : « C'était là une

(1) Matt., V, 8.

(2) Quicherat, Op. cit., t. i, p. 12S.

(3) Id., Ibid., t. iir, p. lUO.

chose presque divine (1) ». Aussi le vieux guerrier, retiré après tant d'agitations et de combats dans la solitude de Beaugency, avait fait graver à la voûte de l'oratoire de son château ces paroles de nos Livres Saints : Cor mmidnm créa in me, Deus, 6 mon Dieu, créez en moi un cœur pur ! C'était le touchant et irrésistible souvenir de la radieuse pureté de Jeanne qui lui était apparue au milieu de la licence des camps sous sa blanche armure et dans l'innocence immaculée de sa vie comme l'ange de la France et de la victoire (2).

Aussi la mission de la libératrice de la France a d'intimes relations avec la grande mission de la Mère de Dieu, libératrice de l'humanité captive et déchue.

Je n'insisterai pas sur la mission de Marie, ici surtout oii ses louanges ont été célébrées partant de voix éloquentes, où retentissent sans cesse les cantiques de sa gloire, ici où chaque jour elle manifeste par des grâces insignes ou d'éclatants prodiges sa mission de sanctification et de salut.

Les preuves de la mission divine de Jeanne d'Arc sont nombreuses, éclatantes, irrécusables. Ce sont les affirmations multipliées de sa loyaulé parfaite, les affirmations d'une âme manifestement supérieure à toute superstition, à tout faux mysticisme, affirmations enfin confirmées par ses nobles vertus, maintenues durant son procès, malgré les plus cruelles éprouves, malgré les menaces des supplices et d'une mort affieuse et jusque dans les flammes

(i) Quichcrat, Proccs de Jea7ine d'Arc, t. m, p. 15.

,2) Exierunt seplem angeli... vcstiti lino mundo et r.nndido. (Apoc, XV, G.)

de son bûcher. Les preuves de sa mission divine, ce sont ses prodigieuses victoires et, en cette bergère ignorante, non seulement le courage du plus héroïque chevab'er, mais la science de la guerre. Cette enfant qui n'a vu que sa chaumière et son village, qui n'a tenu dans ses mains que le fuseau, qui n'a dirigé que le pauvre petit troupeau de son père, domine les vieux guerriers ; elle entraîne les soldats ; elle prévoit les mouvements et les attaques de l'ennemi, et le déconcerte par ses marches rapides ; elle sait au milieu de la mêlée changer les dispositions du combat ; elle a le coup d'œil et les illuminations des grands capitaines. Les chefs qui ont servi sous ses ordres ont affirmé (c qu'on l'admirait surtout dans l'emploi de l'artillerie où elle avait une habileté consommée (1) »,

En présence de cette grande mission, comme l'humble Vierge de Juda, la vierge de Domremy proteste de sa faiblesse et de son indignité; mais l'archange envoyé de Dieu lui promet le secours du Tout- Puissant : « Dieu te soutiendra », lui disait saint Michel. Jeanne a pu s'appliquer les paroles de Marie : (( Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ». Comme celle d^ Marie, en effet, son obéissance fut parfaite : « J'aime mieux mourir mille fois, disait-elle, que de rien faire contre la volonté de Dieu ».

(1] Voici le témoignage du duc d'Alençon : « En toutes choses, hors du fait de la guerre, elle était simple et comme une jeune fille ; mais au fait de la guerre, elle était fort habile soit à porter la lance, soit à rassembler une armée, à ordonner les batailles ou à disposer l'artillerie. Et tous s'étonnaient de lui voir déployer dans la guerre l'habileté et la prévoyance d'un capitaine exercé par une pratique de vingt ou trente ans. Mais on l'admirait surtout dans l'emploi de l'artillerie, oîi elle avait une habileté consommée. » (Wallon, Jeanne d'Arc, t. i, p. 245.)

Après la victoire elle va, suivie d'une Ibule immense, dans la cathédrale d'Orléans rendre gloire à Dieu, et quand le peuple enthousiasmé se presse pour la voir et toucher ses vêtements, elle lui dit : « Je ne suis qu'une pauvre fille ». A Reims, après les triomphes du sacre, elle répète cette humble parole : « Je ne suis rien ; mon fait n'est qu'un ministère » .

Et pourtant Jeanne est la libératrice de la France. L'heure où elle entrait dans Orléans assiégé apparaissait à tous comme l'heure dernière de son peuple. Ce n'était pas seulement un peuple vaincu, c'était un peuple tombé, frappé à mort et foulé aux pieds de ses vainqueurs.

Le roi d'Angleterre s'est fait proclamer roi de France, le Dauphin sans énergie et sans espoir n'est plus que le « roi de Bourges » et « il perd gaiement son royaume ». Une reine adultère trahit son époux, son fds et la France. Les chevaliers sont devenus des chefs de bandits, les princes sont parjures et fratricides, et le plus puissant d'entre eux, le duc de Bourgogne, a passé dans les rangs des Anglais.

Le peuple est livré sans direction et sans défense à toutes les attaques, à toutes les oppressions et à tous les fléaux. Les campagnes sont dévastées et stériles, les maisons vides, les villes livrées au pillage, des bandes d'aventuriers et de brigands portent partout le fer et le feu. Les bêtes féroces envahissent la demeure des hommes et dévorent les cadavres abandonnés. La peste et la famine s'ajoutent aux horreurs de la guerre. Nulle part un secours ou un rayon d'espérance ; c'en est fait de la France !

Mais non : comme l'Iunnanilé, la France sera sau-

vée par Dieu et par une femme ; son salut sera l'œuvre de Dieu, par la foi^ le patriotisme et l'épée d'une jeune fille.

Cette jeune fille, cette enfant de dix-huit ans touche le cœur des guerriers farouches, elle les unit dans l'honneur, dans la vaillance, dans l'amour de leur infortuné pays. Elle les enflamme et les entraîne par quelques-uns de ces accents du courage et de l'audace qui entraîneront toujours au combat et à l'héroïsme les bataillons français. Elle inspire à tous la confiance et l'espoir, elle ramène la victoire à nos étendards. Orléans est délivré; elle poursuit, l'épée à la main, les légions de l'Angleterre. Trois batailles lui ouvrent les chemins de Reims. Le Dauphin a reçu l'onction royale. La France est délivrée et sauvée.

La Vierge de Juda et la vierge de Domremy ont prophétisé. Devant leur regard. Dieu a déchiré les voiles de l'avenir. C'est là encore une preuve éclatante de leur divine mission.

Marie a affirmé que son âme glorifie le Seigneur, que Dieu a fait en elle de grandes choses et que toutes les générations l'appelleront bienheureuse : Beatam me dicent omnes generationes (1). Toutes les générations ont répondu à cette prévision prophétique qui suffirait à démontrer la divinité de l'Évangile et les privilèges accordés à l'humble Vierge. Les Docteurs et les Saints ont affirmé son pouvoir sans limites, les orateurs ont célébré sa gloire, les poètes l'ont chantée, les arts ont rivalisé d'efforts pour reproduire sa douce et ravissante image. Tous les repentirs l'ont invoquée, toutes les douleurs lui ont demandé la consolation et

(1) Li'c, ), 48.

l'espérance, tous les peuples chrétiens se Font placés sous sa protection puissante. L'Église catholique, dans tous les temps et sur tous les rivages du monde, chante ses louanges et la salue comme sa Reine.

Mais nulle part ailleurs et dans aucun temps, cette prophétique vision ne s'est accomplie comme elle s'accomplit ici sous nos regards. Nulle part ailleurs et en aucun temps, de pareilles multitudes ne sont accourues dans l'admiration et l'amour devant les autels de Marie et n'ont chanté avec tant d'enthousiasme sa félicité et sa gloire.

Jeanne, elle aussi, a prophétisé. Déjà, à Vaucouleurs, elle apprenait au sire de Baudricourt, les revers subis le même jour par les troupes françaises à cent cinquante lieues de distance. Elle répondait à une secrète pensée de Charles VII qu'il n'avait jamais communiquée à personne et qu'elle ne pouvait connaître que par une révélation céleste, et lui affiiraait « de la part de Dieu qu'il était vrai héritier de France et fils de roi ». A Orléans, elle a annoncé qu'elle sera blessée le lendemain dans une sortie, et qu'elle reviendra victorieuse. Elle a prédit, contre toutes les prévisions humaines, qu'elle fera lever le siège d'Orléans, qu'elle fera sacrer le roi à Reims, et que les Anglais seront chassés de France. Et tous ces oracles s'accomplissent.

Avec les différences évidentes qu'imposent la dignité et la mission sans égales de la Mère de Dieu, Jeanne a pu, comme JMarie, chanter le cantique de sa gloire. Jeanne, elle aussi, a glorifié le Seigneur; son ûme a été élevée et ravie en Dieu, sa force et son salut ; car il a regardé Thunjiiité de sa servante, et

voilà pourquoi toutes les générations l'appelleront bienheureuse. En elle et par elle, Dieu a fait de grandes choses, et la sainteté de son nom est apparue dans la sainteté et les œuvres d'une pauvre bergère. Sa miséricorde s'étend de générations en générations sur ceux qui le craignent. Il a démontré la puissance de son bras dans les victoires d'une pauvre enfant, il a abaissé l'orgueil des vainqueurs dans les desseins de son cœur miséricordieux, il a abattu dans la défaite les puissants qui s'étaient emparés du trône de France, et il a relevé les vaincus dans l'honneur et la victoire : Deposuit patentes de sede et exaitavit humiles. Il a comblé de biens nos provinces désolées et ravagées par la guerre, et chassé dans le dénûment et la honte ceux qui avaient ravi les richesses et la gloire de notre pays. H a accepté de nouveau comme son enfant privilégié, et la fille aînée de son Eglise, la nation choisie, le peuple d'Israël de la loi d'amour en souvenir de sa miséricorde passée : Suscepit Israël puerum suum, recordatus misericordiœ suœ{]). Ainsi il a accompli les promesses qu'il a faites à nos pères et à leur postérité pour jamais.

Ce cantique, ce Magnificat que Jeanne a fait entendre, et que la terre, jusqu'au dernier des jours, écoutera dans l'admiration, n'est-ce pas l'épopée de sa divine mission, épopée sublime qui désespère l'éloquence, la poésie et les arts ? Comme Débora, la vierge française s'est levée et elle a chanté le cantique des victoires de Dieu et de son peuple : Surge, surge, Debora, surge, surge et loquere canlicum ! (2).

(1) Luc, I, 52, 54.

(2) Judic, V, 12.

Il me reste à vous dire ce que la très sainte Vierge et Jeanne d'Arc sont pour la France.

Ne craignez pas^ je ne toucherai à aucune des questions qui peuvent blesser ou diviser les âmes ? je prêche la charité et la paix, Qu'ai-je à faire de la politique du temps ? Je suis le ministre et l'apotre de la politique de Dieu et de l'éternité.

La très sainte Vierge et Jeanne d'Arc aiment la France.

Gomment la Mère du Dieu de miséricorde et d'amour, la Mère du Rédempteur des peuples, pourrait-elle ne pas aimer la France ? Aucun peuple n'a répondu comme ce peuple aux appels du cœur de Jésus-Christ. Aucun n'a donné au Fils de Dieu et à son Eglise des preuves aussi éclatantes de générosité et de dévouement. Aussi l'amour privilégié de Marie pour notre pays se manifeste à toutes les pages de notre histoire. La tendresse maternelle et la protection toute puissante de la Mère de Dieu ne lui ont jamais manqué. Marie a aimé la France même au jour de ses défaillances et de ses égarements et elle l'a poursuivie par les sollicitations de sa miséricorde.

Dès les premiers jours aussi, le peuple français a élevé à la IMère de Dieu des sanctuaires, des basiliques splendidcs. Il a multiplié sous toutes les formes et dans tous les siècles, autour des autels de la Vierge Immaculée, les témoignages de sa confiance et de son amour.

Jeanne, elle aussi, a aimé la France ; les malheurs

effroyables de son pays ont ému le cœur de l'humble bergère. Elle le voit abandonné par son roi, trahi par ses fils, désolé par la guerre et par tous les fléaux, envahi parles hordes de l'étranger.

Les défaites succèdent aux défaites. Paris a succombé. Dix provinces ont accepté le joug de l'Angleterre. Orléans assiégé est le dernier rempart et le dernier espoir de la France. Mais les voix d'en haut se sont fait entendre à la bergère de Domremy. Le cœur brisé, elle abandonnera son village, sa chaumière, sa mère et ses compagnes qui la pleurent. La voix de l'archange saint Michel lui parlait de la France et l'envoyait délivrer son pays, et l'humble enfant hésitait devant une pareille mission : « Je répondais que j'étais une pauvre fille, que je ne savais ni monter à cheval, ni guerroyer. Mais la voix insistait ; elle me racontait la pitié qu'il y avait au royaume de France, si bien que je ne pouvais plus durer ».

Tous les obstacles se dressent devant elle. Son père, honnête et rude paysan, déclare qu'il la noiera de ses mains plutôt que de la laisser aller avec les gens de guerre. Mais la France souffre, elle va périr : « J'irai, dit-elle, quand je devrais user mes jambes jusqu'aux genoux». Et quand faut-il partir? lui demande^ t-on : (( Plutôt aujourd'hui que demain, plutôt demain qu'après ».

Sa mission est la mission du plus admirable patriotisme. Elle est (.( envoyée pour bouter les Anglais hors du royaume et pour relever le sang de France ».

Ce sang de France, quels sublimes accents il lui inspire ! A Orléans, réveillée en sursaut et apprenant qu'un combat est livré sur les remparts ; « Ah ! san-

glant garçon, crie-t-elle à son page^, lu ne me disais pas que le sang de France coulait ! » et elle s'élance à cheval pour diriger la défense et repousser les Anglais. Au milieu des batailles, elle frémissait à la vue des blessés : « Je n'ai jamais pu, disait-elle, voir couler le sang français sans que les cheveux ne me levassent sur la tête ».

Dans les horreurs de sa prison, livrée à tous les outrages, devant les menaces des supplices et de la mort, Jeanne ne pense qu'à la délivrance de son pays, et l'amour de son pays lui inspire d'héroïques réponses qui font frémir de rage ses juges iniques. Ces réponses froides et décolorées, altérées par la plume des traîtres, après quatre siècles écoulés, font encore tressaillir quiconque a un cœur français. Elle prédit la défaite complète des Anglais et elle affirme que cette seule espérance l'empêche de mourir de douleur : « Ils perdront tout ce qu'ils ont en France, dit-elle ; le roi sera rétabli dans son royaume, qu'ils le veuillent ou non ; je le sais, comme je sais que vous êtes là devant moi ; je serais morte sans cette révélation qui me réconforte tous les jours. Je sais bien que les Anglais me feront mourir, croyant après ma mort gagner le royaume de France ; mais quand ils seraient cent mille de plus, ils ne l'auront pas ».

Elle n'ignore pas que de telles paroles sont pour elle une réponse de mort : mortifera rcsponsio, comme l'écrivait un greffier en marge des dépositions qu'il recueillait. (1)

Non, non, jamais un pays n'a été ainsi aimé, jiuuais le patriotisme n'est apparu aussi pur, aussi fidèle,

(1) Wallon, Jeanne d'Arc, t. ii, p. 186.

aussi héroïque que dans le cœur, sur les lèvres, dans la vie et dans la mort de l'angélique et intrépide bergère.

La très sainte Vierge et Jeanne d'Arc ont souiTert pour la France.

On ne peut aimer sans se donner, ni se donner sans souiïrir. La douleur généreusement acceptée est le suprême témoignage de l'amour. Marie a souffert [)our toutes les âmes et pour tous les peuples que son Fils a rachetés par ses humiliations, ses douleurs et sa mort. Les Docteurs et les Pères de l'Eglise lui donnent le titre de corédemptrice de l'humanité déchue, car elle a pris sa part, et quelle part ! dans le sacrifice qui a sauvé le monde. Il n'est pas une des épreuves, un des outrages, une des douleurs du Divin Sauveur qu'elle n'ait ressentis avec l'intensité de l'amour maternel le plus ardent pour le Fils le plus parfait, avec l'intensité de l'amour de la créature la plus sainte pour le Dieu qm l'a comblée de grâces et de privilèges incomparables.

Dès le jour de l'Annonciation, Marie a participé au sacrifice du Calvaire. En acceptant la gloire de la maternité divine, elle acceptait le martyre et l'immolation qui devaient en être le prix.

S'il est vrai que la France a, parmi les nations appelées aux lumières de l'Evangile, aux dons du Calvaire, aux fruits divins de la Rédemption, une part de choix, ne faut-il pas conclure qu'elle a aussi une part privilégiée dans les douleurs et les sacrifices de la Mère de Dieu ?

Jeanne aussi a souffert pour la France ; sa mission d'abord si glorieuse doit s'achever dans la douleur et l'immolation.

La division et l'égoisnie affaiblissent les défenseurs de la France ; les chefs hésitent, les armées se débandent. Le roi faible et insouciant est retourné à ses plaisirs et à ses fêtes. Jeanne a échoué devant Paris, elle est abandonnée et trahie à Gompiègne. Livrée, vendue par des Français aux ennemis de la France, elle est transportée, chargée de chaînes, dans une cage de fer, à travers les provinces qu'elle voulait donner à son roi, et jetée dans les prisons de Rouen.

Ah ! ce ne sont plus les riantes prairies des bords de la Meuse, les joies et les douces affections de l'humble foyer de Domremy. Ce ne sont plus les entraînements du champ de bataille, les hymnes de la victoire et de l'action de grâces, les pompes du triomphe, les splendeurs du sacre, les transports de l'admiration de tout un peuple.

La voici dans un sombre cachot^ livrée à la haine et à la perfidie de ses ju^^es, aux conjurations sataniques de ses geôliers, soumise à des épreuves que la langue chrétienne se refuse à dire, et qui couvriront d'un éternel opprobre les monstres qui ont essayé de déshonorer leur victime avant de l'immoler. Elle est seule, sans conseil et sans appui. La France qu'elle a sauvée l'oublie et l'abandonne, l'Angleterre a réuni contre elle ses théologiens, ses juges et ses bourreaux. Pas un des chevaliers qu'elle a conduits à la victoire ne se lève pour la défendre, pas une des villes et des provinces qu'elle a délivrées du joug de Tétranger ne songe à sa rançon. Que sont les épreuves de la captivité, les menaces du supplice, en comparaison de ces angoisses de l'Ame, de ces douleurs de Tingratilude et de Tabaiidon ?

0 Jeanue^ sors de ta piison, et va à ton martyre ! La charrette funèbre est là^ huit cents Anglais en armes Tentourent pour te conduire à la mort. Va^ fille de Dieu, va sauver et racheter la France !

Elle pleure, l'intrépide guerrière, car elle est femme, mais elle ne tremble pas. Elle proteste contre les juges sacrilèges qui la livrent à la mort et les cite au tribunal de Dieu. Elle donne un dernier souvenir au roi qui l'abandonne ; elle aflirme de nouveau sa divine mission, et, debout, tandis que les flammes montent et l'environnent, elle a les yeux et le cœur attachés à la croix du Sauveur. Ses ennemis s'émeuvent, la foule se prend à pleurer, les juges et les bourreaux se troublent, Jeanne pousse trois fois ce cri : Jésus ! Jésus ! Jésus ! Elle baisse la tète et elle meurt pour la France...

La très sainte Vierge et Jeanne appellent la France.

Elles l'appellent par les séductions de leur amour et de leur sacrifice, elles l'appellent par des manifestations et l'éclat d'une gloire que les siècles passés n'ont point connus.

Nous l'avons dit, dès les premiers jours la France a été comblée des dons de la Mère de Dieu, de ses grâces et de ses bienfaits sans nombre. Marie a signalé sa bonté et son pouvoir dans des lieux à jamais célèbres, dans des sanctuaires illustres, et le cœur de la France a répondu à l'appel de cet amour, le plus pur et le plus fort, après l'amour qui vient du cœur de Dieu.

Qui dira les lumières et les grâces que la tendresse maternelle de Marie a répandues dans l'âme des fils de la France, dans l'âme de ses vierges et de ses pontifes,

dans l'Ame de ses héros et de ses saints, dans l'âme même de ce peuple de France ?

Mais jamais Marie ne s'est montrée aussi miséricordieuse, aussi généreuse dans sa bonté, aussi pressante dans ses sollicitations, qu'à l'heure oii nous sommes. Pounjuoi ces apparitions merveilleuses et multipliées, CCS visions ravissantes accordées à une pauvre bergère, ces exhortations à la pénitence et à la prière, cet ordre de venir ici en procession et d'y élever un sanctuaire ? Pourquoi ces prodiges qui presque chaque jour éclatent en ces lieux bénis, et qui défient les dédains de la science et les négations de l'incrédulité ?

Et pour répondre à ses bienfaits jusqu'à ce jour sans exemple, voici les manifestations d'une foi qui transporte les peuples, les chants si beaux et si doux de ces foules immenses, les accents de la prière comme on ne les entend nulle part ailleurs, ces accents qui remuent jusqu'aux entrailles et arrachent des larmes aux plus obstinés, ces processions dont les lignes de feu serpentent dans la nuit aux ilancs de la montagne, ces llols pressés de pèlerins qui accourent de toutes les provinces de la France et de tous les rivages du monde, cette basili(jue brillante qui couronne ces hauteurs et celte basilique nouvelle qui s'élève en l'honneur du Saint-Rosaire et qui servira à la première comme d'un S[lendide piédestal.

Ml (jui donc ne reçoit pas, de près ou de loin, par le récit de ces fêtes et de ces prodi^'cs, par l'écho de la parole apostolique qui retentit en ces lieux, par l'entliousiasme des pèlerins, |)ar les parlums de la foi, de la j)iélé et de la charité (|ui s'échappent de celte grotte bc'nie, portés par le souille de Dieu, (pu doue

ne reçoit pas l'impression salutaire, céleste, irrésistible de Lourdes ? Qui donc peut échapper aux sollicitations de l'amour et de la miséricorde de la Vierge Immaculée ?

Jeanne d'Arc, elle aussi, appelle la France. Elle l'appelle, comme autrefois, aux saintes croyances, aux grandes et nobles vertus, aux luttes vaillantes, au chemin du salut et de la gloire.

Il y a, en effet, de nos jours, comme une nouvelle apparition de la pure et héroïque vierge. Jamais sa douce figure n'a brillé d'un tel éclat. Aucune âme sur le sol de la France qui ne tressaille à son nom, aucun front qui ne s'incline devant son souvenir, aucun cœur qui ne salue la vierge deDomremy et d'Orléans comme l'image du plus pur et du plus héroïque patriotisme.

L'érudition a recherché avec un soin pieux tous les documents de sa merveilleuse histoire; elle a publié le procès de sa condamnation inique et le procès de sa réhabilitation triomphante (1). Elle a mis en lumière ses fières et héroïques paroles. Des écrivains hostiles à toute inspiration surnaturelle n'ont trouvé nulle part dans les causes humaines l'explication de sa mission sans exemple dans les annales des peuples. L'incrédulité elle-même proclame sa gloire et voudrait ravir à l'Eglise catholique cette sublime héroïne. Mais la foi,

(1) Nous avons cité plusieurs fois la grande et belle publication de tous les documents des deux Procèa de Jeanne d'Arc, par M. Quicherat (5 volumes) et la Jeanne d'Arc de M. Wallon, ouvrage couronné par l'Académie française. — Nous pourrions citer encore, parmi tant d'autres publications, l'ouvrage de M. Marius Bepet ; l'hommage rendu à Jeanne d'Arc, à ses vertus, à sa mission, par Michelet, au X* volume de son Histoire de France; et enfin l'ouvrage récent de M. Siméon Luce : Jeanne d'Arc à Dornrerny, lierherches critiques sur les origines de la mission de l'a Pucclle.

la piété^ toutes les vertus chrétiennes de Jeanne, son appel à l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ, défient toutes les négations, et attestent qu'elle est bien la sœur des Saintes dont elle entendait les voix, la fille soumise de l'Eglise, la messagère de Dieu qui l'a envoyée délivrer et sauver la France.

Mais la gloire de l'angélique bergère doit grandir encore. La cause de sa canonisation a été soumise au Vicaire de Jésus-Christ. Les papes qui ont réhabilité sa mémoire la glorifieront devant l'univers entier. Ils glorifieront en elle la piété, la pureté, la vaillance et le patriotisme. Ils placeront sur les autels la bergère, la guerrière et la victime. Ah 1 en ce jour-là, la France entendra l'appel de sa libératrice. Alors, des Pyrénées aux collines de la Lorraine, des grèves de la Bretagne aux montagnes de la Savoie, notre pays tressaillira d'espérance. Il invoquera dans une confiance sans bornes sainte Jeanne de Dcmremy, sainte Jeanne d'Orléans, sainte Jeanne de France.

Oui, c'est par la confiance tout d'abord et par l'union de tous qu'il faut répondre à l'appel de Marie et à l'appel de Jeanne d'Arc.

Il est vrai, la France a été humiliée et vaincue. Les périls surgissent de toutes parts plus nombreux et plus menaçants, les principes de division, de désordre et de ruines se multiplient au sein de notre infortuné pays. L'erreur et la corruption ont des audaces qu'elles n'ont peut-être jamais eues. L'Europe tout entière veille sous les armes, le sort des peuples paraît livré au hasard des combats et aux excès de la force brutale. Et pourtant, l'espérance doit rayonner au-dessus de ces sombres visions ; là où les hommes ne peuvent

rien, là où la politique, la sagesse etl'épée sont impuissantes, la protection de Marie peut tout sauver. Elle peut réaliser les vœux de la France en lui épargnant les flots de sang et les horreurs de la guerre .

La ville du Puy, dont la population si religieuse et si française accueillait, il y a quelques jours, avec enthousiasme, notre pèlerinage lorrain, me rappelle un fait dont le récit éclairera et confirmera ma parole. Gharlemagne, qui alla trois fois vénérer Notre-Dame du Puy, avait emmené avec lui l'évêque de cette ville, dans une de ses expéditions contre les Sarrasins. Un prince, appelé Mirat,chassé de toutes ses places fortes, s'était retiré sur le rocher de Miramelle qui domine à quelques pas d'ici la ville de Lourdes, et il avait juré de se défendre jusqu'à la mort. Gharlemagne vint l'y assiéger ; mais la forteresse était imprenable et ni attaques, ni menaces, ni promesses ne purent soumettre le vaillant guerrier. Gharlemagne découragé se décida à laisser devant la forteresse une légion de son armée et à poursuivre ses conquêtes lorsqu'une inspiration vint à l'Evêque du Puy. Il obtint de l'empereur l'autorisation de traiter avec le prince sarrasin, et Mirât, touché par les paroles du Pontife, déclara qu'il se rendait, non pas à Gharlemagne, mais à Notre-Dame du Puy. L'Evêque prenant alors une poignée d'herbe dans le lieu où il se trouvait, peut-être ici, au lieu où nous sommes, où la Vierge Immaculée dix siècles plus tard disait à Bernadette de manger l'herbe, comme un signe de pénitence et d'humiliation, l'Evêque demanda au prince s'il voulait offrir cette poignée d'herbe comme un témoignage de la suzeraineté qu'il venait d'accorder à la Mère de Dieu.

Quelques mois plus tard^ les habitants du Puy émerveilles voyaient leur Évêque rentrer dans sa ville épiscopale, suivi d'un prince musulman et d'une troupe de ses guerriers portant au bout de leurs lances des touiïes d'herbe de ce pays de Lourdes. Tous reçurent le baptême dans l'antique basilique, et cet hommage de suzeraineté fut rendu à la Vierge du Puy jusqu'au XYII*^ siècle par les successeurs de Mirât dans la principauté de Bigorre (1).

Marie avait été plus puissante que les légions, l'épée et le génie de Charlemagne.

11 faut enfin répondre à l'appel de la très sainte Vierge et de Jeanne d'Arc par l'union de tous sur cette terre de France. Je le disais il y a quelques mois, à Rome, dans la basilique de Saint-Jean-de-Latran, aux pèlerins français : si depuis dix- huit ans nous avions placé au-dessus de tous les intérêts et de tous les partis les causes sacrées de l'Église et de la patrie, la France serait redevenue depuis longtemj)s l'arbitre et la reine des nations.

Au lendemain de la lamentable guerre qui a désolé et humilié notre pays, dans une province que je ne nommerai pas, mais que tous vos cœurs nommeront, un maître d'école imposé par le vainqueur, avait effacé la France de la carte de l'Europe, puis, interrogeant un enfant, il lui dit : « Regarde et dis-moi oii est la France ? » L'enfant baissa la tête et garda le silence.

(1)V. L'abbé Cornnt, Cariseries historiques sur le Velay ; OAo de Gissey. Discours liistoriques sur la tri's anrieniie dévotion à Notre-Dame du Puij. p. 481, sq. — Roclier. liapporl de iéqlise du Pui/ arec Vl'iilisc de (iiroiie et le comté de liiqorre. Tahl. hisl., toni. m. — H. Lasscrre, Notre-Dame dt Lourdes, p. 2et 3. — I/abbé Peyron, Mois de Mar ie historique de Notre- Dame du Puy.

Le maître impitoyable reprit : « Je te l'ordonne, dismoi où est la France ? » Alors l'enfant se leva, et mettant la main sur son cœur, il répondit : a La France, elle est là ! ».

Admirable et sublime parole ! Ah ! le jour où tous les Français pourront dire en montrant leur cœur : La France est là, en ce jour, croyez-le bien, l'union sera faite, l'honneur, la puissance, la gloire, la victoire nous reviendront.

0 Vierge Immaculée, ô Notre-Dame de Lotirdes, ô Jeanne, guerrière et martyre, Jeanne la libératrice et la rédemptrice de la France, obtenez-nous les grandes visions, rendez-nous les inspirations héroïques, faites-nous entendre les voix d'en haut, donnez à nos âmes la foi, la piété et la vaillance, à nos bras la force dans l'union ; donnez à tous l'indomptable énergie et l'invincible espérance, faites rayonner et resplendir la flamme du patriotisme. 0 Vierge Marie, ô Mère toutepuissante, ô Jeanne de Domreray et d'Orléans, éclairez, protégez et sauvez la France 1

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