ÉLOGE FUNÈBRE ÛE M. L'ABBÉ BOURGEOIS
prononcé dans la chapelle de 1 école de Pontlevoy, le 19 juin 1879.
Justum deduxit Dominus per vias rectas et ostendit illi regnum Dei.
(Sap., cap. X, 10.)
Le Seigneur a conduit son juste par les voies droites et lui a montré le royaume de Dieu.
Messieurs,
Le premier devoir de la piété filiale est de garder, dans un cœur reconnaissant, le tendre souvenir de ceux qui furent nos pères : souvenir silencieux et discret, qui va de l'âme à Dieu, quand les enfants dispersés ne peuvent s'entretenir qu'avec le ciel de leurs affections et de leurs douleurs, souvenir expansif et prompt à la louange, quand la famille réunie éprouve le besoin de se consoler des coups impitoyables
de la mort par une commune explosion de son amour et de ses regrets. C'était la piété filiale qui ouvrait les lèvres du Sage, lorsqu'il s'écriait : « La^udemus viros gloriosos et parentes nostros in generatione sua\ Louons les hommes glorieux qui furent nos pères. » C'est la piété filiale qui m'amène à ce douloureux anniversaire, et m'impose la tâche, douce àmon cœur, de faire l'éloge d'un des plus glorieux pères de la famille Pontilévienne. Sa vie n'a point l'éclat de celles qui furent mêlées aux grandes agitations de notre siècle. Elle passa, pieusement enveloppée du voile de la modestie, à travers le petit monde d'enfants respectueux et d'amis dévoués qui en ont admiré les sérieux labeurs et la parfaite droiture. Elle fut, dans son pacifique développement, l'expression pratique des paroles que j'ai prises pour texte : « Le Seigneur a conduit son juste dans les voies droites et lui a montré le royaume de Dieu. »
Toute âme se meut , sous la conduite d'une bonne et sainte providence, qui déduit.