IsaL, cap. lxiii
de Dieu. Il le faut, sans quoi notre foi serait menteuse et notre attente téméraire. C'est par le dévoûment que nous rendrons à la vérité éprouvée et au droit trahi un suprême hommage, c'est par le dévoûment que nous nous montrerons fidèles jusqu'au bout à la cause la plus sacrée et la plus indignement persécutée, c'est par le dévoûment que nous hâterons le réveil de la puissance de Dieu et les retours de sa miséricorde. Dieu dédaigne cette foi immobile et ces espérances transies que rien ne pousse en avant. Dieu abandonne les lâches qui ne savent soutenir leur rôle d'engagés que par des intentions. Ce n'est pas que par des intentions que l'impiété révolutionne les peuples et les entraîne aux abîmes. Encore moins par des intentions les fidèles opérerontils cette contre-révolution quidoit nous sauver. Tous les égoïsmes sont en action et se disputent le monde comme une proie, combattonsles par le dévoûment. Contre-révolutionnons, réactionnons, tel est notre rôle.
Donc, dévoûment par la prière. Appelons Dieu au secours de ses propres intérêts. Pressons par de pieuses instances l'exécution de
ses desseins. Répétons, à pleine voix, ce cri d'un roi jadis inquiété comme nous par les victoires du crime : « Debout, Seigneur ! Pourquoi dormez-vous? Debout, il est temps ! Exurge ! Quare obdormis, Domine ? Exurge l! » Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dissipés. Exurgat Deus et dissipentur inimici ejus 2. Et parce que c'est sur l'image vivante du Christ, sur le père de la famille chrétienne que se concentrent toutes les haines et tous les périls, ne nous lassons pas de soutenir par nos vœux son inébranlable constance, et de conjurer, par un amour plus fort que tous les exorcismes, les orages qui planent sur sa tête. Au jour de la primitive Église, Pierre, le vrai roi du monde et le césar des âmes, Pierre était en prison, et les fidèles ne pouvaient traverser ni les remparts vivants, ni les fortes murailles qui les séparaient de leur Père. Mais « la prière se faisait pour lui sans interruption dans l'Église. Oratio autem ftebat sine intermissione ab Ecclesia ad Deum pro eo3. » Rien
i. Psalm. XLIV.
c2. Psalm, LXVII.