Thren., cap. i
rejeter sur Dieu l'odieuse responsabilité des égarements publics. Ces peuples dont nous pleurons la mort religieuse, et qui, depuis plusieurs siècles, passent par toutes les infortunes de l'erreur, ne peuvent pas accuser Dieu de leur malheur, ni pousser vers lui ce cri d'un grand abandonné: — « Deus, Deus meus, ut quid dereliquisti 7nel ? Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissé?» — Qu'ils interrogent l'aride poussière de leurs aïeux ; elle leur répondra : — « Nous avons péché, et nous nous sommes dépouillés nousmêmes de cette pure auréole cle vérité dont la miséricorde divine avait ceint notre front. Peccavimus, et facti sumns tanquamimmundus nos2. Nous sommes tombés comme clés feuilles flétries, et nos iniquités nous ont emporté comme un vent d'orage. Et cecidimus quasi foltum universi, et iniquitates nostrse quasi ventus abstulerunt nos*. »
Sans cloute, tout homme est capable d'erreur. Nous ne pouvons nous dissimuler la prodi»