DISCOURS STIR L'OEUVRE
tice devant son cœur, si rempli de patience, de mansuétude et de pardons. Ce peuple infidèle, dont la défection a tant affligé l'Église, il n'est pas mort tout entier. La providence de Dieu a su y conserver un germe de vie jusqu'au jour solennel cle sa résurrection. Étudions un instant ce mystère.
Vous le savez, mes frères, Dieu n'attend pas toujours que toutes les phases d'une vie humaine soient révolues pour dire à la mort : Frappe. Il vient nous surprendre à toute heure, sans que nous puissions prévenir ses coups. Faut-il le dire, il semble se plaire à épouvanter le cœur des mères par cle soudaines catastrophes. C'est quand un enfant sourit à peine aux portes de la vie, quand il arrive par les voies tranquilles cle l'innocence au seuil de la puberté, avant que grondent les orages qui agitent le cœur, avant que se précipitent les foudres qui frappent un adolescent et le jettent meurtri et souillé dans les abîmes du vice, c'est alors que Dieu se fait ravisseur et arrache aux bras des mères éplorées le fruit trop aimé de leurs entrailles. Et on l'accuse de cruauté, et on murmure contre ses coups.
DES ÉTUDIANTS ANGLAIS. Gl
O mères, vous ne savez pas ce qu'il y a pour vous d'épouvantes et de larmes dans l'avenir de vos enfants! Vos espérances ne sont la plupart du temps que des chimères. Laissez faire le divin moissonneur. En fauchant la vie humaine dans sa fleur, il assure des protecteurs aux familles qui n'auraient enfanté, peut-être, que des maudits. C'est une des industries de son amour de consommer, en peu de temps, de petites vies, pour les emporter triomphantes sur les rivages de l'éternité ; de ravir les innocents, avant que la malice de l'erreur ait perverti leur intelligence. Voilà du moins ce qu'il nous apprend dans les saintes lettres, « Raptus est ne malitia mutaret intellectum ejus1. »
S'il est vrai, mes frères, que presque la moitié du genre humain succombe prématurément, avant 1 âge des passions et des solennelles décisions qui fixent la vie morale, il est donc vrai que, chez nos frères égarés, presque la moitié appartient au Seigneur et se trouve appelée à son admirable lumière; car bien