Heb., cap. xn
entions des ambitieux effrontés qui sentent décroître leur influence funeste sur les classes populaires, lassitude des cœurs impatients qui voudraient jouir tout de suite des fruits de leur générosité, que sais-je encore? Mais, tant mieux! parce que plus vous vaincrez d'obstacles, plus vous imposerez au monde, avec l'exemple de votre vertu, le respect de l'œuvre que vous aurez accomplie malgré tant de difficultés.
Non deficiamus ! Pas de défaillance! Cette parole sacrée s'adresse aussi à ceux d'entre vous qui ne se rendent peut-être pas bien compte de la marche de notre œuvre, à laquelle ils ont prêté, cependant, un si généreux concours. Je dois le confesser publiquement: toutes les fois que nous avons demandé aux membres honoraires et aux dames patronnesses des cercles d'ouvriers d'ouvrir leurs bourses, ils l'ont fait sans difficulté. Mais on peut se lasser de cette générosité, bien qu'elle soit facile quand on est riche. Non deficiamus! Pas de défaillance! je vous en prie. Quoique vous ne voyiez pas clairement le résultat de nos efforts, ayez foi dans Thonnèteté de notre parole, qui vous affirme
les progrès de notre œuvre. Donnez, donnez toujours ; soyez prodigue de votre argent : il sera bien placé et bien employé !
Non deficiamus! Pas de défaillance! Mais c'est l'impossible que je vous demande, car aucune intention ne peut se conserver toujours dans sa pureté, dans sa droiture, dans son élévation; aucune action ne peut persévérer dans son unité, dans son ardeur, dans sa patience; aucune générosité ne peut se soutenir dans ses dons, quand on ne fait attention qu'à la pauvre nature humaine, si sujette aux défaillances. Aussi n'est-ce point seulementà la nature humaine que je fais appel aujourd'hui, mais à cette force surnaturelle, mystérieuse, que nous attendons de la bénédiction qui nous a été promise.
Ouvrons nos âmes bien larges à cette bénédiction du chef delà famille chrétienne, à cette bénédiction qui va descendre sur nous, plus fertile que la bénédiction donnée jadis par les patriarches à leurs enfants : Benedicat vos Pater, etFilius, et Spiritus Sanctus!
Entendez-vous! amis des ouvriers. Le Père,
ouvrier du monde, vous bénit ; le Fils, ouvrier de notre rédemption, vous bénit; le Saint-Esprit, ouvrier de notre sanctification, vous bénit.
Benedicat vos Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus !
Cette bénédiction de Dieu est aussi la bénédiction d'un saint, dont les intentions, toujours droites, toujours pures, toujours nobles, n'ont jamais eu pour objet que le droit, dont il est demeuré le héros intrépide et l'indomptable défenseur!
Cette bénédiction de Dieu est aussi la bénédiction d'un fort et vaillant homme, dont le zèle et la patience n'ont jamais plié sous le poids des promesses, des menaces et des persécutions !
Cette bénédiction de Dieu est aussi la bénédiction du pilote des âmes, qui se tient debout, immuable au milieu du naufrage universel, dirigeant toujours la barque de l'Eglise, et comptant bien qu'elle arrivera au port, parce qu'il s'est assuré, lui aussi, la bénédiction de son Maître!
Enfin, la bénédiction que vous allez rece-
voir, c'est la bénédiction d'un Dieu sauveur, transmise par les mains d'un des pontifes qui l'ont le plus clignement représenté sur la terre. Se peut-il qu'une telle bénédiction ne soit pas pour nous une source de grâces dans le présent et un gage d'espérance pour l'avenir? Recevons-la avec piété et reconnaissance, et, remplis de la force qu'elle nous aura communiquée, faisons le bien sans défaillance : Bonum fiutem facientes, non defîciamus.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DES
POUR LA
CLOTURE DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
prononcé dans l'église Notre-Dame de Paris, le 14 mai 1876.
Fratres... adversarius vester diabolos circuit quaerens quem devoret, cui resistite fortes in flde.
(I Petr,, cap. v, 8 )
Monseigneur1, Messieurs,
Cette parole de l'apôtre saint Pierre, que l'Église adresse quotidiennement à ses enfants, pour les exciter au combat contre l'ennemi du salut, convient particulièrement à la situation présente de votre Œuvre des Cercles catho-