MAI 1877. S
lie traduire les vôtres, lorsqu'il disait : Oh ! ce n'est as l'intérêt de TÉtat qui vous agite, c'est le besoin 'influer sur les élections.
Vous sentez donc, vous avouez donc qu'il y a une iliose qui, à l'égal de l'ancien régime, répugne à ce lays, répugne aux paysans de France... [Bruyantes 'nterruptions à droite,)
M. liB BARON DuFOUR. — Ne parlez pas des paysans! Vous n'avez jamais voulu les consulter directement ! M- 1.E COMTE T>E Golbert-Chabannais. — Vous u'oseriez pas faire l'appel au peuple!
M. Gambetta. — ... c'est la domination du cléricalisme ! {Bravos et applaudissements à gauche et au centre,) Vous avez raison, et c'est pour cela que du haut de ^ cette tribune je le dis, pour que cela devienne préciséinent votre condamnation devant le suffrage universel ! . . . {Rumeurs à droite,) Et je ne fais que traduire les sentiments intimes du peuple de France en disant du cléricalisme ce qu'en disait un jour mon ami Peyrat : Le cléricalisme? voilà l'ennemi! [Acclamations et ap^ plarxdissements pf*olongés à gauche et au centre, — L'ora^ teur, en descendant de la tribune, reçoit les félicitations étiin ires grand nombre de ses collègues.)
Prononcé le iô août 4877
A ULLB
Après le renvoi du ministère Jules Simon par Iç maréchal et la dissolution de la Chambre des députés (25 juin 1877), M. Gambetta fut reconnu par F unanimité du parti républicain comme le chef de la résistance à la dernière tentative des réactions coalisées.
Invité le 15 août au banquet organisé à Lille par son ami M. Testelin^ M. Gambetta prononça, en réponse au toast chaleureux qui lui avait été apporté par son vaillant collaborateur de la défense nationale, le discours suivant :
Messieurs et chers concitoyens,
Je lutte contre une émotion bien naturelle et je ne suis pas encore parvenu à dominer Timpression profonde que m'a produite subitement, non pas, il faut
bien que je le dise , cette parole loyale ei vrorante à laquelle je suis habitué, mais cet élan qui vient de vous emporter vous-mêmes et qui fait que j'ai senti que c'est bien dans ces étreintes qu'on trouve la récon»pense des efforts qu'on a faits. {Salve d'applaudissements.)
Je ne pouvais, en effets choisir un meilleur asile,
une ville et un pays où je fusse plus sûr de rencontrer
la sympathie, l'esprit de résistance légale, le courage
qui sait ne jamais se départir d'une prudente fermeté,
qu'en venant à Lille {Mouvement), à Lille, où je reviens
plus souvent qu'ailleurs, vous pouvez le remarquer,
Messieurs, et où je reviens parce que je sais qu'on y
trouve, et depuis longtemps, des cœurs généreux, des
courages fidèles^ des pensées politiques de prudence,
de sagesse, d'union surtout entre toutes les classes de
la société. {Marqués d'approbation.)
Et, profitant d'un jour de repos autrefois consacré, vous savez à quelle fête, à la fdte du crime couronné {Oui! oui/), j'ai pensé que je ne pouvais pas mieux, à mon tour, chômer le 15 août qu'en venant au milieu d'amis pour m'entretenir avec eux de la crise que nous traversons , pour leur dire où nous en sommes et où nous allons.
En effet, la France, depuis tantôt deux mois qu'on a pu, sur deux pouvoirs législatifs , dissoudre l'un et paralyser l'autre , la France est en proie, je ne dirai pas à des angoisses mortelles, mais à des anxiétés profondes, à la fois généreuses et patriotiques, qui font que dans chaque département, dans chaque arrondissement, dans chaque canton on se demande quel jour finira ce duel, ce conflit entre le pouvoir d'un côté et la nation de l'autre.
Et, comme tout le monde est partout prêt à faire son devoir, il est peut-être bon de dire à ceux qui travaillent sur un point donné , sur une des cases de cet échiquier national, ce qui se passe dans les autres
$40 ULXE.
cases, afin qu*on puisse saisir le mouyetnent d'e^ semble qui emporte le pays et savoir avec exactitude ce que Topinion publique pense , ce qu'elle prépare, et quelles sont les espérances légitimes que les bons citoyens sont en droit de nourrir.
Eh bien, examinons et tâchons de voir, comme je le disais au début, où nous allons.
Messieurs, il se passe à Theure actuelle, en France un phénomène politique tout à fait rassurant et heureux.
On vous le disait d'un mot tout à Theure ; on roos parlait de cette union du parti républicain dans toutes ses nuances, ne distinguant plus , ne cherchant pins les thèses, les programmes, les antagonismes, les querelles personnelles et ayant fait cesser tout à coup des débals mesquins et misérables pour ne s'occuper que du salut de la patrie, qu'on ne sépare pas du saint de la République. {Très bien! très bien! — Applaudit sements.)
C'est ainsi qu'en face et au lendemain de cette dissolution qui a été prononcée sans prétexte, sans motifs, sans raison, — car on a déjà renoncé à rappeler les raisons inscrites dans la lettre présidentielle du 15 mai, — il n'est plus question, aujourd'hui, de dire à la France qu'on a renvoyé le cabinet républicain, parce que la majorité républicaine l'avait mis en minorité, car le pays, qui est au courant de la situation, dirait que c'est une contre-vérité; — on ne dit plus qu'on a renvoyé la Chambre et le ministère républicain parce qu'on avait rendu publiques les séances des Conseils municipaux, car le pays répondrait que c'est là un prétexte sans valeur ; on ne dit plus que c'est parce que la Chambre était prête à voter une loi sur la presse qui rendait la compétence au jury en matière de délits et de crimes commis par la voie de la presse, et pourquoi ne le dit-on plus? C'est parce qu'il n*y a plus moyen d'argumentçr de
cette façon, alors que le jury, qui fonctionne dans tous les pays libres, à fonctionné en France pendant un denii-siècle en matière de presse.
Pourquoi donca-t-on dissous la Chambre? Messieurs nul ne le sait et nul ne peut le dire. On se réserve sans doute de l'expliquer dans les professions de foi qui viendront plus tard et dans une lettre écrite par le chef du pouvoir exécutif, lettre dont on prépare les bandes d*envoi, dit-on, dans diverses administrations, en requérant la milice sacrée et ordinaire. (Bires.) On nous menace d*une mer d'encre qui va couler sur le pays, de brochures dont le Moniteur des Communes, — dont on a altéré quelque peu, vous le savez, le nom avec justesse [Hilainté. — Bravos], — peut nous donner un avant-goût. Oui, Messieurs, on a stipendié une certaine presse, toujours prête à vomir Finjure et qui se nourrit exclusivement de mensonges et de calomnies ; on n'a réussi qu'à attrister la conscience du pays et de l'Europe par les infamies qu'on a laissées s'étaler au grand jour dans les papiers des auxiliaires, les plus intimes du gouvernement, qui se disent conservateurs et qui n'emploient d'autres armes contre leurs adversaires politiques que l'injure , l'outrage et la calomnie. {Oui! — Très bien! — Bravos répétés,)
Ce mal est-il. sans remède? Oh! non, mes chers
concitoyens. Car l'on peut opposer à cette levée de
plumes vénales et corrompues le dédain et le mépris
qui surgissent dans ce pays de France contre ceux
qui n'ont pas d'autres ressources pour vivre ou pour
durer; on peut s'en fier au bon sens français, à la
rectitude de l'honneur national pour faire justice de
ces tentatives qui ne sont déshonorantes que pour ceux
qui les emploient ou pour ceux qui en profitent. Ce
n'est pas là. Messieurs, ce qui inquiète le pays, et il
peut laisser passer sous ses pieds ce ruisseau chargé
de bave et d'ordures. [Ouiloui! — Trbs bien/ très bien/)
Mais ce qu'on ne peut supporter, ce qui est un
ut LILLB.
spectacle outrageant pour Tidée de justice et de droit, c'est qu'on soit allé bien au delà de rinjure, et qu'on soit entré dans un système de provocations criminelles contre la loi, et qu'on tolère tous les jours dans des journaux, — que dis-je? qu'on tolère? — qu'on encourage, qu'on subventionne , dans des feuilles dont on garantit la circulation et la distribution, des appels à la force contre la Constitution et contre le droit, des suggestions criminelles et persistantes à l'adresse de ceux qui détiennent le pouvoir, sans que la justice se soit émue ; sans que les ministres en aient senti leur responsabilité atteinte ou éveillée ; sans qu'il y ait eu, de la part d'aucun de ceux qui ont charge et mandat, dans ce pays, de protéger la loi sans laquelle ils n'existeraient pas, aucun avertissement ou aucune répression contre ceux qui poussent au renversement des institutions voulues par la nation. Et, dans ce duel mémorable, que voit-on? On voit les feuilles dévouées à la loi, les organes modérés, les journaux les plus conservateurs, ceux dont les traditions libérales dans ce pays remontant à l'aurore même de la Révolution, — on voit ces journaux exclus des gares, empêchés de circuler, devenant la cause d'un délit quand ils sont colportés , de telle sorte qu'en ce moment la protection est pour les diffamateurs et les rebelles , et l'oppression , l'arbitraire , la chasse à la vérité, sont entièrement réservés à ceux qui ne se réclament que de la justice et de la loi. {Salve d'ap* plaudissements. — Bravos répétés.)
Ce n'est pas seulement le spectacle auquel nous assistons du côté de la presse officieuse qui est de nature à exciter notre indignation et celle du pays. Il faut aller plus loin et se demander quelle est l'association d'hommes qui a entrepris, contre la volonté éclatante, manifeste, presque unanime du pays, de le faire changer d'avis et de lui arracher^ à travers toutes les ruses et toutes les violences de l'arbitraire, une
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sorte de meaculpa des' élections du 20 février 1876. Quels sont ces hommes? car connaître leurs pensées, leurs opinions, c'est deviner leur but, c'est juger leur politique et c'est éclairer le pays.
Ces hommes, ce sont ceux-là mêmes qui, le 24 Mai, ont renversé M. Thiers du pouvoir, non pas seulement pour lui donner un successeur chargé de défendre les institutions existantes, mais parce que M. Thiers, obéissant aux lois de la politique et ayant la connaissance profonde des intérêts de son pays, s'était hautement prononcé contre la monarchie , contre toutes les monarchies. Et ce sont ces hommes qui , aussitôt qu'ils eurent pris le pouvoir, s'ingénièrent de toutes les façons à ramener dans ce pays la monarchie : les unst la monarchie de droit divin avec le cortège des bienfaits du bon vieux temps que vous savez {Rires.), et que nos paysans n'ont jamais oublié ni n'oublieront jamais (Assentiment unanime.)\ les autres, la monarchie contractuelle avec ce côté d'oligarchie, de convoitises, de corruption qui fut le propre du rè'gne de la monarchie de Juillet. Quant aux autres, je n'ai pas besoin de les nommer. Vous les connaissez : toujours à l'affût des places à reprendre, de leurs appétits à satisfaire, promettant tout ce que l'on veut : aux ouvriers, l'extinction du paupérisme ; aux bourgeois, l'ordre sans trouble et sans émolion par la suppression de la tribune, de la liberté et du contrôle ; à l'Église, tous les bienfaits, toutes les prébendes, toutes les autorisations et toutes les suppressions dont elle a besoin , commençant d'abord par s'entendre avec elle pour la trahir et l'abandonner ensuite le jour où certaines combinaisons dynastiques lui en feraient une nécessité.
Mais laissons de côté le passé de ces trois'dynasties. Est-il vrai, oui ou non^ que ce sont leurs chefs qui ont fait le 24 Mai, que le 24 Mai a fait assister le paya & une coalition d'efforts pour renverser la République ?
Ui LILLE.
Mais il n*est pas moins vrai que le pays a vaincu une première fois celte coalition et que sa victoire s'est appelée la Constitution républicaine du 25 février 1875? (Oui! oui! — Tm bien! très bien! — Applaudissements prolongés,)
Et ce jour-là, que s*est-il passé I II s*est passé un acte en vertu duquel il était bien entendu que ceui qui allaient présider au fonctionnement de cette Constitution républicaine seraient des républicains de raison, sinon de naissance. C'est ce qu'avait voulu la France et, quelques mois plus tard, lorsqu'elle a prononce à son tour sur cette Constitution en choisissant des mandataires chargés de la maintenir et de la défendre, à quels hommes, à quels élus confiait-elle ses pouvoirs, remettait-elle sa confiance pour faire prévaloir ses volontés? A une majorité incontestablement républicaine qui signalait son passage par des actes répétés de prudence, de sagesse et de travail. (Saloe dT applaudissements.)
Et c'est parce que cette majorité n*est tombée dans aucun des pièges qui lui étaient tendus dé plusieurs côtés; c'est parce que la confiance qu*elle inspirait au pays allait grandissant; c'est parce qu'elle excellait à déjouer les trames et les calculs de ceux qui ne s'étaient pas accommodés de la République ; c'est parce qu'elle fondait tous les. jours plus profondément dans le sol les assises de l'édifice républicain; c'est alors que , sans autre motif que d'arrêter brusquement la propagande qui conduisait le parti républicain à la conquête du cœur de la nation , on l'a congédiée en Taccusant de quoi? D'un vice secret,' de radicalisme latent. Dans ce pays de clarté et de franchise, on n'a trouvé que ce mot obscur, que cette ambiguité, disons le mot, que ce mensonge pour se débarrasser de cette majorité. {C'est cela! — Très bien! — Vives et unanimes acclamations,)
Et alors on a vu revenir au pouvoir, qui? Les coali-
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ses du 24 Mai. Ahl on peut dire, écrire et répéter qu'on a fait le 16 Mai pour consolider la République {^Hilarité générale)^ pour affermir les institutions républicaines, pour arracher la République aux républicains qui Taimaient d'un amour trop ardent et qui Tembrassaient dans leurs bras comme un autel consacré ; on peut écrire ces choses, mais, quand le pays regarde ceux qui parlent , ceux qui administrent et ceux qui gouvernent, quand le pays regarde, — j'allais prononcer un mot que j'arrête sur mes lèvres, — j'allais dire ceux qui conspirent, mais je dis quand le pays regarde ceux qui poursuivent un autre but que le but républicain, que voit-il? M. le duc de Broglie, qui avait mis son honneur à combattre la Constitution républicaine du 25 février 1875; M. de Fourtou, qui n'a pas voté pour cette Constitution et qui est un bonapartiste; M. Brunet, qui se réclamait, lors des élections sénatoriales dans son département, de l'appel au peuple, c'est-à-dire de la doctrine du césarisme par excdlence... Je m'arrête, non pas que les opinions des autres ministres n'aient pas leur importance, mais ils sont connus et il n'y en a pas un, parmi eux, qui soit républicain, je ne dis pas républicain de naissance, mais républicain d'opinion, de raison.
Et, en face de ces homme$, que voyons-nous aujourd'hui? Nous voyons s'éloigner d'eux ceux qui, ayant appartenu autrefois à des opinions opposées à la République, y sont venus avec confiance, sans arrière -pensée; ce sont ceux-là qui tous les jours s'écartent du ministère du 16 Mai comme d'un ministère néfaste, comme d'un ministère divisé contre luimême, comme d'un ministère de coalition contre les institutions eiistantes, et qui fondent, — car c'est avec ces hommes qu'on a pu la fonder, — l'union de notre grand parti pour la défense de la loi, de la République et de la paiz; comme vient de le dire
316 ULLB.
M. Feray, d'Essonnes. {Longs applaudissements et bravos unanimes.)
Aussi , Messieurs, il n*y a de républicains que dam nos rangs. Oui, tous les républicains sont de notre côté. Par conséquent, ne dites pas que c'est pom consolider la République qu'a été fait l'acte du 16 Mai. car vous ne pouvez avoir raison contre ceux qui veolent et qui ont toujours voulu, depuis nos désastres, fonder le gouvernement par excellence d'une démocratie qui veut rester libre.
Vous êtes jugés par votre passé, par vos agents. Et en effet, aussitôt après votre installartion , qu'avezvous fait? Vous vous êtes fait apporter la liste des fonctionnaires, et vous, à qui on ne pouvait que si difficilement arracher une signature pour changer un seul fonctionnaire; vous qui criez sans cesse contre les hécatombes faites par les ministres républicains, on vous a vus^ en moins de huit jours, presque en une nuit, bouleverser tout le personnel administratif, chassant tous ceux qui vous déplaisaient avec la dernière violence, sans tenir compte des ruines qui sont la conséquence de ces expulsions, sans tenir compte des droits acquis ni des légitimes exigences des populations. Sans tenir compte des intérêts du pays, vous avez chassé quiconque était soupçonné par vous d'être encore libéral, patriote ou républicain. {Oui! oui! — C'est vrai! — Applaudissements unanimes,)
Et vous voulez que la France s'y trompe! Vous voulez que le pays ne comprenne pas votre politique! Mais vos actes sont là, et ce n'est pas du radicalisme latent, cela : c'est de la désorganisation flagrante, patente, à contre-sens; c'est la pire des perturbations sociales. [Nouveaux applaudissements.)
Messieurs, qu'a fait le pays? Il a été admirable; il
l'est encore, et il le restera devant ce désordre. (Oui!
oui! — Assentiment général) Car il y a désordre, car il
^y a impuissance à s'entendre ^ntre les coalisés,. car
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Léjà la rupture est dans leurs rangs. L*appétit du pouroir pouvait bien les réunir contre la République, nais, après avoir obtenu le pouvoir, ils devaient se iiviser sur la question du sort à faire à la France, au moment du partage de ses dépouilles.
On s^est donc divisé. La rupti/re s*est produite et, aujourd'hui, on parle de faire rentrer le Centre gauche^ comme une brebis égarée, dans le bercail du gouvernement. Vous savez quelle réponse a été faite à ces avances par ce groupe politique qui a pris une si grande part des sympathies de Topinion. Il a répondu : Je ne vous connais pas, ou plutôt je ne vous connais plus. Et aussitôt il a eu à essuyer les outrages de la presse à gages.
Le pays est resté calme en face de toutes les provocations. On lui a enlevé toutes les commodités de Texistence politique. On a fermé les cercles, interdit les réunions, empêché la circulation des journaux dans les lieux où on avait Thabitude de les rencontrer. On a épuisé contre l'opinion tous les moyens qui pouvaient faire espérer de la réduire ou de l'étouffer. Je n'énumérerai pas devant vous cette longue liste d'excès de pouvoir, d'abus d'autorité qui ont été déférés aux tribunaux et qui attendent la fortune diverse de la justice ordinaire ou de la justice administrative. Non, ce serait là un exposé fastidieux; mais je tiens à prendre acte de ces nombreux procès, de ces résistances judiciaires et légales , opposées sur tous les points de la France à la politique à outrance du 24 Mai. Non pas qu'il soit très bon, très encourageant pour l'avenir, de voir l'autorité discutée dans les prétoires du pays ; mais la nécessité est la loi de k politique et, lorsque, dans une grande démocratie où les émotions légitimes peuvent se transformer si aisément en mouvements populaires désordonnés, où Ton est si prompt à ne pas s'en rapporter aux lois et à la raison ; où l'on a peut-être trop sacrifié, dans le