‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 2)Chapitre 12 sur 97 · IX · texte numérisé non relu

IX

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M. f^mh^La. r-m<er<.nant IL La Vieille, prit la parole une '•^^/>rj'le fot-»- >oa* . n^yoas. eontiooi- la d»fpèi he do raçence H'»7*.^, pO!jvoir r»i>anier «-i^maie 5oit cette aIk:<ciitioa:

Je A 1114 t^^ijcbé des (»arole> qui viennent d'être prouhurj'f-% et partout de:» adhé^i•>n^ qui s^ <ont échapp/re^ de vos poitrines.

M. I^ Vieille, mon ami. a bien voula me dire que j avai<i AU conquérir votre admiration et votre affection ; de r^î» deux terme:*, je retiens le second, je proteste contre le premier. Pour les hommes libres, l'admiration ent un nenliment qu'ils repoussent: laissez-moi ne déj*if cr et ne conserver que votre affection, car c'est ce dont j'ai besoin, non dans l'ère des combats, car iN ftont Hnift, mais dans Tère des difficultés que j*annon(;aiN il y a deux ans. Je n*ai jamais oublié qui je

9 AOUT UMl

suis, d*où je sors, où je Tais. Je sais que je sois sorti des rangs les plos obscurs de la démocratie des Ira- Tailleurs et que je lui appartiens tout entier. TVjiaerre d'appiaudissemenU.)

Pas plus aux heures sinistres que tous rappelez qu'à présent, je n'ai aspiré à la dictature : je n'entends être qu'un serviteur de la démocratie et la servir à mon rang, à ma place ApplaudissemtemU pnkm§ê% ^ et puisqu*on a parlé de cette époque de douleurs, quand, il y a dix ans, je venais à Cherbourg, j y venaisaccoo»plir un deToir sacré.

La fortune tourna contre nous, et depuis dix an:^ il ne nous est pas échappé un mot de jactance oo de témérité. 11 est des heures dans l'histoire des peoples où le droit subit des éclipses, mab. dans ces heures sinistres, c'est aux peuples de se Caire les maître d'euxmêmes, sans tourner leurs regards exclusivement vers une personnalité ; ils doÎTent accepter tous les concours déToués, mais non des dominatenrs Brmrot ei l(mg mouvement^ ; ils doÎTcnt attendre dans le calme, dans la sagesse, dans la conciliation de toutes les volontés, libres de leurs mains et de leurs armes, au dedans comme au dehors.

Les grandes . réparations peuvent sortir du droit : nous ou nos enfants pouvons les f^pérer. car l'avenir n'est interdit à personne. iLongttes acrlamaiioms.

Je veux, en deux mots, répondre à une critîqn^t* qui a été formulée à cet égard : on a dit, quelquefois, que nous avons un culte passionné pour l'armée, cett** armée qui groupe aujourd'hui toutes les forces nationales, qui est recrutée, non plus maintenant parmi ceux dont c'était le métier d'être soldats, mais bien dans le plus pur sang du pays ; on nous reproche de consacrer trop de temps à l'examen de la progression de Tart de la guerre^ qui met la patrie à râbri du danger ; ce nVst pas un esprit belliqueux qui anime et dicte ce culte, c'est la nécessité, quand on a tu la France

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ell^ qo.I appartient •^ porter an jcuiHD<!Mit dêâniUf ^or le-ï h->izime«> et for îe^ •rh-i'^es: en att^duit. iioq$ iomm^rî d-r^ \ûa£.t^. et on n-e cC'Cis d*>it qo'ane êfAle part de 5->Ieii et d"«.aii>r*r. I- reste rient par smcroit.

Mes^ieur*. je tou* remenrie: je tvqs jHrîe de dir* à Tos coQcitoyeQs dans qael esprit noos nous trou- ^ouy réunis. />>ii^ m^Arfwtfmt purmi k:t am^iiefirs;^a/f plaudisptmenii it h^ros.

Une foaîe coo^idérable . pendant toat le discours de M. GambetU. n'a ce^ir de stationner sur le laree quai où est •îtué le Orcle du comnieree el de FinduMiie.

Onand M. Gambetta est £orti. tuas les chapeaux se sont levés, un seul cri immense, prolonsrê, s'est échappé de t^iute^ le- j>oît fines.

T'heH-i-ar^'. 10 août.

I>e pnVftideiit de la République a assisté ce matin aux régate<i : il était accompagné par M. Léon Sav.

M. (jambetta n'était pas revenu de son excursion aux forii».

(.'herbourg, 10 août. soir.

Le banqu^'t qui vient d'être offert par la municipalité au pr<';Hirient de la Hépublique ainsi qu'aux présidents des deux iih/imbreH, a été très brillant.

( jnq toaHl» ont été portés : le premier, par le maire à

M. Grévj; le second, par M. Grvvj à la maiûcîpaUtê et à la popalatioD de Cherbourg : le trr*iâème. piar M. Lebc*êi a la marine; le quatrième, par M. Léon Sar. qci a eiftnmê «if^ remerciemeots pour l'accaeil fait aux préi^dents à*^ deux Chambres; le cinquième, par M. Gambetla.

Au nom de la rille de CiieriK*ar8r. je porte un Ut^*A â nos hôtes illustres, an président de la République, dont la présence au milieu de nous est un témoixmaçe de ccmùmnot et d'estime : au président du Sénat, à réniii>eot écotuùiaâsij^^ à Fancien collaborateur de Thiers: au présâdeol de la Chambre des députés, le çrand f«atrî(4e qui jadis f»asTa Thonneur du pays, et qui. plus ré^mmest. lutta rîcl^rieo* sèment pour ses libertés !

Je remercie le maire de CheriMurr. doat j'aj^^réôe infiniment le caractère, rhonoralÂiité et iesprédeuses qualités, de la réception si b»!!^, si touchante et « clialenrense qu'il nous a préparée.

Transmettez aux popalatîons que tou? repré^aler Telpression de nos sentiments de reoonnai^sajK*. j|/»p/«redisnements.)

Je crob ré poudre aux sentiments de dos popuiatiofif maritimes en remerciant le président de la RépoLli'^u* e\ MM. les présidents des deux Chambres d'aroir bien voulu Tisiter nos marins de la flotte, f ces chers enfants de mer • . comme les appelait un des Tôtres, messieurs les amiraux, à la triliune de l'Assemblée nationale, où il était notre rullèpie. L'armée navale n'est pa« organisée comme I'anu«^ de terr^ par corps et par ré^ments : elle n'a donc pu Tenir à la fétc du I * juillet et receroir les drapeaux que tous avez remis à nos soldats comme des témoins de leur braroures de leur fidélité au devoir et de leur dévouement à la patrie. Ils n'ont pu aller à vous, vous êtes venus à eux. Nous vous eo remercions.

Ce témoignage de votre intérêt et de votre sollicitude leur était bien dû. Vous avez dit, monsieur le président de la République, dans ce noble langage dont vous avez le secret, que la nation donne à Tarmée ce qu*elle a de plus cher et de plus précieux : sa jeunesse.

Le marin, lui, donne sa vie tout entière à la patrie jusqu'à VSige du déclin. Marié et père de famille, il quitte tout pour répondre à Tappel du pays, soit qu'il faille défendre pied à pied le territoire, comme nous Tavons vu dans la dernière guerre, soit qu'il faille faire respecter sur les mers riionneur du pavillon.

Le pavillon! Pour celui qui Ta vu flotter sur les mers lointaines, il est plus que le symbole, il est l'image même de la patrie absente. Aussi ai-je entendu regretter qu'à la fête du 14 juillet chaque vaisseau n'ait pas, comme chaque régiment, reçu de vos mains le drapeau qu'il devait porter.

Ce vœu ne pouvait être accompli.

Le régiment, lui, ne meurt jamais. Les générations s'y succèdent comme dans la vie, mais il subsiste toujours. Le vaisseau, au contraire, n'a qu'une existence limitée, comme toutes les œuvres matérielles des hommes.

Vous ne pouviez remettre un drapeau à qui n'est pas toujours vivant, pour le défendre, et le vaisseau, s'appelâtil le Vengeur^ s'engloutit et disparait, ne laissant que son nom impérissable, comme souvenir de sa gloire ; mais le pavillon, tant qu'ils peuvent le porter, nos vaisseaux ne l'amènent jamais, et c'est aux cris de : Vive la France! Vive la République ! qu'ils savent toujours le défendre.

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