IX
2 CHAMBRR DES DÉPUTÉS.
venu. Il l'engagea à se porter candidat à la présidence de la Chambre, devenue vacante par sa propre démission. Le cabinet du 4 février fut constitué comme suit :
Affaires étrangères et présidence du conseil MM, Waddington.
Justice et cultes Le Rover.
Intérieur de Marcère.
Guerre le général Gresley.
Marine et colonies Tamiral Jauréguiberry.
Instruction publique Jules Ferry.
Finances Léon Say.
Travaux publics . de Freycinet.
Agriculture et commerce . . Lepère.
Postes et télégraphes .... Cochery.
M. Gambetta, élu président de la Chambre des députés dans la séance du !«' février 1879 par 338 voix sur 407 votants, prononça le 6 février, en prenant possession du fauteuil, Tal locution suivante :
Messieurs les députés,
En prenant possession du poste d'honneur que le vote de la Chambre vient de me confier, je vous adresse Texpression de ma vive reconnaissance.
Permettez-moi d'ajouter que les circonstances historiques qui ont précédé et déterminé cette marque de votre confiance Tout rendue tout ensemble et plus précieuse et plus redoutable pour moi. Je succède, en effet, au grand citoyen, à Thomme d'État que les suffrages des représentants du pays ont spontanément appelé à la présidence de la République française... [Applaudissements à gauche et au centré)^ où le suivent l'irrésistible adhésion de la France, la fidélité inaltérable du Parlement et Testime du monde. [Vive adhésion et applaudiasefnents,)
S'il est aujourd*hui le chef de la nation, il reste ici notre instituteur et notre modèle. [Nouveaux applaudissements,) Nous suivrons ses leçons et ses traces,
sans Torgueil de le remplacer, mais avec le ferme dessein de reproduire les traits principaux de sa magistrature : la vigilante attention à toutes vos discussions, rimpartialité pour tous les partis {Applaudissements) , le souci scrupuleux de nos règles, le culte jaloux des libertés de la tribune. (Nouveaux applaudissements,)
Élu de la majorité républicaine, gardien résolu de vos prérogatives, je connais mon devoir de protection envers les minorités; j'espère pouvoir les allier, sans défaillance, avec le respect que chacun doit ici à la Constitution et aux pouvoirs de la République. {Vifs applaudissements à gauche et au centre,)
Nous pouvons, nous devons tous, à Theure actuelle, sentir que les combats ont fait leur temps. Notre République, enfin sortie victorieuse de la mêlée des partis, doit entrer dans la période organique et créatrice. {Très bien! très bien!)
Aussi, Messieurs les députés, je vous inviterai surtout à concentrer votre ardeur, vos lumières, vos talents, tous vos efforts sur les grandes questions scolaires, militaires, financières, industrielles, économiques, dont vous êtes saisis et dont les jeunes générations, Tarmée, les travailleurs, les producteurs, la nation, en un mot, attendent légitimement la solution. {Très bien I t7'ès bien!)
Mandataires deux fois consacrés du suffrage universel, vous avez obéi à la première de ses volontés en sauvant la République. {Très bien/ très bien!) Vous exécuterez les autres en lui assurant, d'accord avec le (louvernement , les bienfaits de la paix, les garanties de la liberté, les réformes réclamées par l'opinion et fondées sur la justice. {Bravos et applaudissements prolongés à gauche et au centre,)
A la suite de cette allocution, M. de Marcère, mioistre de riotérieur, donne lectare à la Chambre du message suivant:
CHAMBRE DKS DEPCTlfiS.
Messieurs les dépotés,
L'Assemblée nationale, en m^élerant à la présidence de la République, m'a imposé de grands deroirs. Je m'appliquerai sans relâche à les accomplir, heureux si je pub, avec le concours sympathique do Sénat et de la Chambre des députés, ne pas rester au-dessous de ce que la France est en droit d^attendre de mes efforts et de mon dévouement. (Très bien! très bien!)
Soumis avec sincérité à la grande loi du régime parlementaire... {Très bien! très bien! à gauche et au centre) je n'entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale... (Bravos et applaudissements prolongés à gauche et au centre), contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels. (Nouveaux applaudissements,)
Dans les projets de lois qull présentera au vote des Chambres et dans les questions soulevées par Tinitialive parlementaire, le Gouvernement s'inspirera des besoins réels, des vœux certains du pays, d'un esprit de progrès et d'apaisement; il se préoccupera surtout du maintien de la tranquillité, de la sécurité, de la confiance, le plus ardent des vœux de la France, le plus impérieux de ses besoins. (Très bien! très bien! à gauche et au centre.)
Dans l'application des lois, qui donne à la politique générale son caractère et sa direction, il se pénétrera de la pensée qui les a dictées; il sera libéral, juste pour tous, protecteur de tous les intérêts légitimes, défenseur résolu de ceux de l'État. (Applaudissements,)
Dans sa sollicitude pour les grandes institutions qui sont les colonnes de Tédifice social^ il fera une large part à notre armée, dont l'honneur et les intérêts seront l'objet constant de ses plus chères préoccupations. (Nouveaux applaudissements.)
Tout en tenant un juste compte des droits acquis et des services rendus, aujourd'hui que les deux grands pouvoirs sont animés du môme esprit, qui est celui de la France, il veillera à ce que la République soit servie par des fonctionnaires qui ne soient ni ses ennemis, ni ses détracteurs. (Vifs applaudissements à gauche et au centre,)
Il continuera à entretenir et à développer les bons rap-
ports qui existent entre la France et les puissances étrangères, et à contribuer ainsi à raffermissement de la paix générale. {Très bien! très bknl)
C'est par cette politique libérale et vraiment conservatrice que les grands pouvoirs de la République, toujours unis, toujours animés du même esprit, marchant toujours avec sagesse, feront porter ses fruits naturels au gouvernemennt que la France, instruite par ses malheurs, s*est donné comme le seul qui puisse assurer son repos et travailler utilement au développement de sa prospérité, de sa force et de sa grandeur. [Applaudissements prolongés.)
1^ président de la République, Signé : Jdles Grévy.
Le président du conseil, ministre des affaires étrangères.
Signé : Waddington.
Versailles, le 6 février 1879.
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Au nom des électeurs du yinglième arrondissement, M. le docteur Mélivier a donné lecture de l'adresse suivante:.
Monsieur le président et cher député.
Les membres de l'ancien comité électoral républicain du vingtième arrondissement ont Thonneur de vous présenter leurs félicitations cordiales et respectueuses.
A des titres divers, nous sommes, vous et nous, les coopérateurs de la même œuvre, à savoir : la fondation de la République et son développement progressif dans le sens démocratique par les voies légales et constitutionnelles.
A ce titre, nous venons constater que la première partie de l'objectif est réalisée, que la République est le fait, de même qu'elle a toujours été le droit, et nous ajoutons qu'une part considérsd)le peut, sans injustice pour personne, vous être attribuée dans ce résultat.
Nous avons été particulièrement émus et, permettez-moi d'ajouter, glorieux que notre député ait été, par le libre choix des représentants de la France, élevé à une situation qui est la seconde de l'État.
L'honneur qui vous est fait, bien qu'il ne soit pas hors de proportion avec les services rendus, est grand assurément; mais ce qui nous touche surtout, c'est la possibilité qui vous est offerte, par cette haute distinction, de rendre à la République et à la France des services nouveaux et d*une nature différente.
Vous vous êtes, jusqu'à présent, acquitté avec succès de la tâche de discipliner l'armée républicaine, pour la conduire victorieusement au combat.
Aujourd'hui nous avons à assurer nos conquêtes, à nous mettre en garde contre les retours offensifs, à marcher d'un pas prudent, ferme et sûr, dans la voie du progrès politique et social, intellectuel et moral, qui est la conséqueni^e nécessaire de l'établissement de la République.
C'est à cette seconde partie de la tâche qu'il vous faudra consacrer vos éminentes facultés.
Vous aurez besoin, dans cette période nouvelle et tout organique de l'évolution républicaine, de qualités d'un ordre différent et en apparence opposées à celles qui ont marqué jusqu'à ce jour votre vie politique. . ^