‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 2)Chapitre 3 sur 97 · PALAIS-BOURBON · texte numérisé non relu

PALAIS-BOURBON

CerUînsr poarraieot dooter que Forateùr enflamnié de la période de combat paisse avoir la maturité d'esprit et là calme raison nécessaires pour mener à bien TœuTre qui dès à présent s'impose à tous, élus et électeurs, et à laquelle il ne faudra pas faillir, sous peine de compromettre à jamais l*aTeflir de la France arec celui de la République.

Mais nous qui vous avons nommé, dès la première heure, parée que nous vous avons pressenti ; nous qui vous aimons» parce que nous savons toute la sincérité et toute Fardeur de votre dévouement à la République, en même temps que l'élévation sereine et lumineuse de votre raison, nous avons la certitude que vous serez Torganisateur, comme vous avez été le combattant, et que, si la place qui vous est faite dans Festime de vos concitoyens est élevée, elle ne dépasse pas la hauteur de vos vues patriotiques.

Ont signé : Braleret, (Juenlin, Sick, Métivier, conseillers municipaux; Barré, Bouland, Bouvet, Bureau père. Bureau fils, Chassin, Delgué, Desenfants, Fontaine, Gérard, Hersent, Lecesne, Lelièvre, Lioré, Mugnier, Nourrj, Passé, Sandrier, Sanguet, Topart.

M. le président de la Chambre des députés a répondu à ce discours dans les termes suivants :

Mes chers concitoyens,

Je dois vous dire que de toutes les récompenses qui pouvaient m*ôtre accordées par la sympathie de mes collègues, aucune ne pouvait me loucher, m'honorer davantage que le vote qui m'a appelé à la présidence de la Chambre; mais je n'ai pas été seulement heureux et fier de cette distinction cminente, qui est, en môme temps, une charge et qui me confère un nouveau mandat : permettez-moi de dire qu^en Taccèptant, j'ai eu seulement le sentiment très net que j'allais servir, développer et poursuivre la politique que nous avons conclue ensemble.

Vous me rappeliez ce pacte tout à l'heure. A chacun des actes importants de notre vie commune, vous venez me le rappeler avec la même autorité, avec la même sympathie, et de mon côté je le renouvelle, soyez-ea

sûrs, dans le même esprit où je Tai accepté le premier jour. Messieurs, il y a dix ans, nous sommes entrés ensemble dans Tarène politique pour y faire deux choses : fonder la République et faire porter au régime républicain tous ses fruits.

La première partie de la tâche est accomplie. Je n'ai pas besoin d*en énumérer les preuves, elles sont multiples, et, je puis le dire, elles s'imposent désormais à la conscience du monde. La France n'a été si heureuse des événements qui viennent de s'accomplir que parce qu'elle a pu éprouver la solidité et la. souplesse des institutions républicaines, et que, dans la crise inopinée qui a surgi « elle a pu, avec la confiance la plus entière et la plus paisible, remettre ses destinées entre les mains d'un homme politique et d'un républicain dont la sagesse et la fermeté lui étaient connues. C'est ainsi que la République a fait ses preuves. C'est, maintenant, à la seconde partie de notre tâche qu'il faut apporter tout ce que nous aurons de force d'âme, de puissance de travail et de réflexion, de volonté énergique et infatigable. Oui, nous ferons une République féconde, une République réparatrice, une République animée de l'esprit de justice et de progrès, et nous la ferons parce que nous la devons à la France. Nous îivons pris souvent cet engagement; aujourd'hui nous sommes en demeure de le tenir, et par quels procédés le tiendrons-nous? Par les mêmes procédés dont nous nous sommes servis pour fonder nos institutions nouvelles : par l'étude assidue et constante qui doit précéder l'établissement des lois, par une disposition intelligente et pratique, sérielle et graduée des diverses réformes que le pays attend. Nous n'aborderons pas toutes ces réformes à la fois, mais quand nous aurons entrepris la solution de Tune d'entre elles , nous ne l'abandonnerons plus sans; l'avoir résolue, sans l'avoir inscrite dans les lois, sans, l'avoir fait passer dans les mœurs.

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