LOUVIERS
et je vous prie de me permettre de ne dire que quelques paroles. Je porte uq toast à M. le président de la République, qui est si honorablement représenté par M. le colonel Brugère; à M. Gambetta, président de la Chambre des députés, dont le nom, grâce aux services quMI a rendus à la cause de la démocratie, se trouve déjà placé à côté de ceux des Dupont de l'Eure, des Thiers et des Grévy. (Applaudissements.)
u Je porte un toast à M. le garde des sceaux, qui représente ici un ministère qui soutient d'une façon si ferme et si droite les intérêts de la France. Je bois aux généraux qui sont présents à cette fête et qui représentent notre noble armée, la sauvegarde de notre indépendance nationale et de nos libertés politiques. (Très bien! très bien!) Je ne puis énumérer toutes les illustrations, tous les fonctionnaires éminents, tous les magistrats distingués qui ont bien voulu s'asseoir à cette table, et je me résume en portant un toast à tous en les remerciant du fond du cœur d'avoir bien voulu accepter la modeste invitation de la ville de Louviers. » {Vifs applaudissements.)
M. Gazot, ministre de justice, a répondu :
c( Au nom de mes collègues et au mien, je remercie M. le maire de Louviers du souliait qu'il vient de former pour la santé de M. le président de la République, santé qui est chère et précieuse à la France. {Bravos et applaudissements,)
« Je me ferai un honneur en même temps qu'un devoir de lui apporter le témoignage de la sympathie de ces patriotiques populations, si profondément dévouées à sa personne et aux institutions républicaines.
(( Quant au garde des sceaux, M. le maire lui permettra d'être bref dans l'expression de sa gratitude... J'ai hâte, en effet, de lui annoncer que M. le président de la République a bien voulu lui conférer le grade de chevalier de la Légion d'honnear.{Bravosprolongés. Double salve d'applaudissements,)
« M. le président de la République a conféré le grade de chevalier de la Légion d'honneur à M. le maire de Louviers, voulant ainsi reconnaître les services qu'a rendus à cette cité le neveu de Thomme dont nous venons aujourd'hui honorer la mémoire. » {Nouveaiuc et vifs applaudissements,)
M. Léon Mordret a répondu :
« Je ne puis que vous remercier, Monsieur le garde des sceaux, de cette distinclion qui honore en même temps que moi la ville de Louviers et mes honorables collègues du conseil municipal. Je remercie donc sincèrement M. le président de la République et son délégué M. le ministre de la justice, de l'honneur qu*ils veulent bien me faire. » [Très bien! très bienl — Bravos,)
M. Gambetta a pris la parole en ces termes :
Messieurs, permettez-moi de vous retenir à mon tour quelques instants et de porter aussi un toast. Je ne le porterai d'une façon spéciale ni au chevalier que nous venons de saluer et que vous acclamez, ni au conseil municipal. Je le porterai d'une façon générale et complète à cette loyale, sympathique population de la ville de Louviers. [Adhésion générale.)
Moi aussi, je bois à Louviers-le-Franc, à cette ville qui, dès Torigine de notre renaissance, a choisi le poste de la vigilance républicaine dans cette contrée qui, dès le 4 septembre 1870, — on me permetr tra bien de rappeler aujourd'hui cette date, — s'est signalée comme le foyer... (le mot est peut-être ardent) [On rit) d'un républicanisme que je connais bien parce qu'il est ferme, aussi dévoué aux heures périlleuses qu'il est calme, rationnel et maître de luimême quand il est en face des faits et des choses à réaliser. {Vifs applaudissetnents.)
Je suis donc très heureux de pouvoir porter le toast de cette population tout entière. C'est le sentiment de la gratitude et aussi d'une joie civique complète qui nous anime tous ici, et s'il y a non pas des absents, mais des non présents, ceux qui sont parmi nous leur diront que notre cœur était avec eux et que nous étions bien heureux de pouvoir confondre ces deux faits : la célébration du 4 septembre et la mémoire d'un grand citoyen.
A la santé de la bonne ville de Louviers ! Monsieur
456 LE NEUBOURO.
le maire, c*est dire que je bois à la santé de tous vos collaborateurs qui en sont les directeurs aussi éclairés que républicains. (Bravos et applaudissements.)