‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 2)Chapitre 78 sur 97 · LETTRE A M. AI3ERT JOLY · texte numérisé non relu

LETTRE A M. AI3ERT JOLY

fiant anniversaire, et vous y trouverez dans Tavenir, comme dans le passé, le développement de Tesprit de concorde, d*activité, de solidarité dans tous les rangs de la population républicaine de cette ville de Versailles, où, par deux fois, en moins d'un siècle, la liberté française a retrouvé ses titres.

« Grâce à cet anniversaire maintenant célèbre, nous nous reverrons longtemps encore, et Paris, rendu enfin à son rang de capitale de la France, ne nous fera pas oublier ce que fut pour la République, durant dix années de tourmente, la population profondément républicaine de Versailles.

« Versaillais, au revoir!

« Salut cordial.

a Léon Gambetta. »

« M. Albert Joly a ensuite porté un toast au grand patriote qui, pendant de nombreuses années, est fidèlement venu, au 24 juin, sous Tégide du général Hoche, marquer les étapes successives de la République, dont nous pouvons aigourd'hui célébrer ravènement définitif. G*e$t à F abri de cette grande image qu'il venait parler à la France et donner au parti républicain les conseils autorisés grâce auxquels la République est sortie victorieuse de toutes les intrigues et de toutes les embûches de la réaction. 11 venait même dans les mauvais jours, après le 24 mai, après le 16 mai, alors que les fidèles de la fête en Tbonneur de Hoche se réunissaient dans le domicile privé de quelque patriote. Car les petits hommes qui gouvernaient alors Je pays avaient peur de l'ombre môme des grands citoyens. Les meneurs du 16 mai considéraient comme une injure personnelle les honneurs rendus aux illustrations nationales. M. Albert Joly a ajouté que la pensée de tous, aujourd'hui que la victoire est complète, devait se reporter naturellement vers celui qui avait donné un si grand éclat à cette fêle, et qui lui avait imprimé en quelque sorte un caractère éminemment national.

L'orateur a demandé qu'on lui permît de joindre à cette santé celle du vice-président de la Chambre des députés,

M. Brisson, qui avait biea voulu accepter de porter dans la réunion le toast de Horhe. « Je ne dirai pas de M. Brisson tout ce que j*en pense, s'est écrié M. Albert Joly, d'abord parce que c'est un ami trop personnel, et ensuite parce que sa haute situation de vice-président de la Chambre des députés, de président de la commission du budget, et surtout son dévouement à la cause de la République et de la démocratie rendent superflus tous les éloges, d'ailleurs mérités, que je pourrais faire de sa personne et de son talent. Laissant de côté pour un moment les pei*sonnes, et certain que je suis de répondre aux sentiments de ceux dont je viens de prononcer les noms, je résume en un seul les deux toasts que je voulais porter, et je bois à la réconciliation de tous les enfants de la France sous le drapeau de la République et de la société civile ! »

« Les paroles de M. Albert Joly ont été saluées d'une double salve d'applaudissements. M. Henri Brisson a ensuite prononcé un remarquable discours sur l'œuvre de la Révolution française et sur les droits de TÉtat, particulièrement en matière d'enseignement. »

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