DÉCÈS DE M. HUON
Messieurs^ j ai reçu de notre collègue M. Armez la lettre suivante, que je place sous les yeux de la Ghambre :
Paris, le 18 juin 1879.
Monsieur le Pi-ésident et cher collègue.
J'ai la douleur de vous annoncer que notre collè^i*** M. Huon, député de Tiuinganip (Côtes-du-Nord), est déciMU* ce matin en son domicile à Paris.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, rhommagc «le mes sentiments de haule considération.
!.. Armez,
M. Huon, que l'iUat délicat do sa santé avait empùrhé, dans ces derniers temps, de prendre part à nos travaux, était un député du département des Côtesdu-Nord, plusieurs fois investi par ses compatriotes du mandat de les représenter dans cette enceinlf.
M. Huon était fils de ses œuvres; il appartenait à la classe des hommes voués aux travaux actifs de la campagne: un accident survenu dans son enfance Tavait arraché à cette destinée, et, déjà avancé dans sa jeunesse, il s'était tourné vers les études du droit.
I. Huon, né à Guinganip en \S2i), avocat, député des Côiosdu-Nord le 20 lévrier 1876.
A force de patience et de volonté, il put réparer le temps perdu et arriver à se faire, dans le barreau de province, une situation d*honneur, de compétence, de services qui attirèrent sur lui la reconnaissance et Testime des populations au sein desquelles il exerçait sa profession. (Très bien! très bien f)
Dès 1870, il fut désigné à la confiance du Gouvernement de la défense nationale pour présider à l'administration de son arrondissement. Je suis heureux de dire que, à quelque opinion qu'ils appartinssent, ses compatriotes lui rendirent, au lendemain de nos épreuves, le témoignage public qu'il n'avait traité personne en ennemi, ni même en adversaire. {C'est vrai/ c'est vrai !) Il avait attiré sur lui l'estime et la considération universelles.
M. Huon^ pris par la maladie, n'a pas pu nous don^ lier, dans cette enceinte, le tribut de conseils et de travail sur lequel on était en droit de compter.
Aujourd'hui, j'ai le triste devoir d'exprimer le sentiment de ses collègues, et ce n'est, en vérité, qu'une bien douloureuse <!ompensation pour la jeune famille déjà nombreuse qui reste après lui. [Applaudisseinpftts,)
D^X.ÈS DK M. CURISTOPHR^
J'ai le douloureux devoir de vous informer. Messieurs, que j*ai reçu une lettre par laquelle la sœur d'un de nos collègues fait part à la Chambre de la perte que vient d*éprouver la famille Christophe, par la mort de M. Isidore Christophe, député de la Drôme, décédé en son domicile à Paris, rue Marivaux, 7. (Mouvement.)
La Chambre s'associera au témoignage de regret, do douloureuse émotion qu'une mort si imprévue et si soudaine lui cause. Elle nous prive d'un collègue entouré de restime f^énéralc, et qui avait, dans une vie toute de dévouement, de travail et de sacrifice, figuré durant les plus mauvaises heures au rang des plus vaillants défenseurs de la République. {Marques d'assentiment et de sympathie,]
1. Isidore Christophe, né à V.-ilence, en 1843, avocat, député de la Drôme le \\ octohre 1877.
UÉCèS.DR M. ORÂNIRR DE CASSAGNAC PÈRE *
J'ai reçu de M. Paul de Gassagnac, notre collègue, la lettre suivante :
Paris, !•' février.
Monsieur le Président,
J'ai la douleur de vous annoncer la mort de mon père décédé au château de Couloumé (Gers).
Veuillez agréer, Monsieur le Président, Texpression de mes sentimenls les plus distingués.
Pai'l de Gassagnac.
Messieurs, en faisant part à la Ghambre de cette communication, toujours si douloureuse pour un fils, je dois ajouter, au nom de la Ghambre, que Thomme qu'elle perd aujourd'hui à la fin de la carrière si remplie, à divers titres, qu'il avait parcourue, reste, dans la mémoire de ceux qui l'ont connu, au dedans et au dehors de cette enceinte, comme un esprit qui, à presque tous les points de vue, occupait un des
1. Adolphe de Oranier de Gassagnac, né à Averon-Bevelle, le 12 avril 1808, successivement rédacteur de la Presse, de lÈpooue, de V Assemblée nationale^ du Pouvoir^ du Constitutionnel, du Héveil et du Pays, député officiel au Corps législatif pour la 3* circonscription du Gers depuis 1852, réélu (^puté ae Mirande le 30 février 1876.
571 CilAMBUK DKS I)ÈI*UTK&
rangs les plus distingués de la littérature française.
Nous n'avons iri ni à le juger, ni à le louer: nou^ n'avons qu'à parler très brièvement du député et du collègue qui siégeait parmi nous depuis 1876.
A ce titre, quand il est intenenu dans nos débats. il y a, comme orateur, constamment apporté les puissantes qualités de son esprit, une grande sobriété. une grande concision, une forte originalité.
La part qu'il y a prise n'était jamais exempte de courtoisie pour ses advei*$aires, ni d autorité pour ses amis.
La place importante qu'il occupait dMis cette Assemblée marque et mesure le vide et les regrets qu'il laisse derrière lui. (T/rs bien! frh hieu! sur un gratui nombre de baurs, i
UKCÈS 1)K M. KMILK CAHREY ^
Messieurs, durant les quelques jours que la Chambre s'est séparée, conformément à une tradition constante dans le régime parlementaire, la mort, qui parait redoubler ses coups et frapper, hélas! sans distinction, la mort a encore enlevé un de nos meilleurs et de nos plus estimables collègues.
M. Kmile Garrey a pu, malgré notre séparation, recevoir les marques suprêmes de la sympathie de la ("ihambre. Ses obsèques ont eu lieu avec l'assistance et le concours de la représentation de la Chambre. J'ai cru pouvoir procédera la désignation et me faire ainsi Tinterprète de vos sentiments. (Très bien! très bien!)
Le collègue que nous perdons, Messieurs, occupait une place honorée depuis longtemps déjà dans le monde des études politiques, commerciales et consulaires. Il avait siégé en 1845 et 1846, en qualité de secrétaire, auprès d'une haute assemblée politique.
En 1848, il avait été choisi pour être le secrétaire du Gouvernement provisoire. Depuis, il avait reçu du gouvernement de son pays des missions lointaines et délicates, dont il s'était acquitté au profit de la France et avec honneur pour sa carrière.
Entré dans les rangs de la majorité républicaine dès
1 . Emile Carrey, né à Puris le 26 septembre 1820, avocat, charjcé (lo missions en Amériqu* et en Kabylie, conseiller général et député de Rambouillet depuis 1876.
576 CII.VMBRB DBS DÉPUTÉS.
1876, il y avait marqué sa place par le soin qu'il apportait à toutes les délibérations intérieures, et je puis dire qu*il jouissait auprès de tous d^une haute autorité intime, qui ne se révèle pas toujours en public, mais qui ne s'en exerce pas moins efficacement dans les bureaux. {Irès bieni très bien!)
Il avait, en effet, dans les multiples relations de sa vie qui l'avaient mis en contact avec des pays , des peuples, des institutions très diverses, puisé le sens véritable de la politique, une expérience consommée des choses et des hommes, une philosophie douce et conciliante qui lui a valu vos sympathies et qui lui {tardera vos regrets. [Trèsbiml très bien! — Applauilissements nombreux.)
DÉCÈS DE M. CODET ^
Messieurs, j*ai la mission, toujours très cruelle, de faire part à la Chambre de la mort d*un de nos collègues les plus honorés et les plus aimés, M. Emile Godet. (Mouvement,)
J'ai reçu hier de M. Godet fils une lettre que je place sous vos yeux :
Paris, 8 mai 1880.
Monsieur le Président,
J'ai Textrême douleur de vous faire connaître que mon père, M. Louis Godet, député de la Haute-Vienne, est décédé ce malin à 9 heures, et je vous prie de vouloir bien faire part de sa mort à ses collègues.
Veuillez agréer. Monsieur le Président, l'expression de mon respect et de ma haute considération.
J. GODBT.
Messieurs, nous ne pourrons pas envoyer aux funérailles de notre regretté collègue une délégation offlcielle de la Ghambre, parce que ces funérailles n'auront pas Ueu à Paris ; nous en exprimons publiquement nos regrets.
La Ghambre eût tenu à honneur d*accompagner
i. Emile Codet, manufacturier, juçe de paix, maire de Saiat- Junieo, pendant la guerre de 1870, député de la Haute-Vienne depuis 1876.
578 CHAMBRB DBS DÉPUTÉS.
jusqu*à sa dernière demeure celui qui , au milieu de ses concitoyens, comme au milieu des représentant du pays, avait toujours été fidèle et dévoué à ses convictions. Généreux jusqu'à la bienfaisance la plus extrême dans sa vie privée', ayant vécu au milieu d'une population ouvrière dont il était à la fois le protecteur, le collaborateur et Tami... (Très bien/ très bien!), nous Tavons vu, aux heures les plus tristes de la vie du parti républicain, toujours ardent , toujours dévoué.
Aujourd'hui nous ne pouvons qu'associer notre deuil au deuil de sa famille et conserver sa mémoire, pour les siens et pour nous, comme une espérance et une consolation. [Très bien! très bien! — AppUmdiMsement s.)