‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 2)Chapitre 86 sur 97 · DÉCÈS DB MM. COUN * ET FERDINAND REYMOND · texte numérisé non relu

DÉCÈS DB MM. COUN * ET FERDINAND REYMOND

Messieurs, j'ai le devoir toujours douloureux d'annoncer à la Chambre qu*elle vient de^faire deux pertes du caractère le plus regrettable. Nos honorables collègues, M. Colin, représentant de Pontarlier, et le vénérable M. Ferdinand Reymond, de Tlsère, ont été frappés hier dans la même journée. (Sensation.)

La Chambre avait pu apprécier ce que ce dernier, M. Ferdinand Reymond, avait conservé sous le poids de rage, de vigueur, de sentiment patriotique, libéral et républicain. (Marques d'approbation à gauche et au centre,)

M. Ferdinand Reymond était, parmi nous, le représentant de cette vieille génération de combattants de 1830 qui n'ont jamais failli à leurs devoirs envers leurs concitoyens et envers la patrie. (Applaudissements.)

Ses concitoyens, à des époques différentes Tavaient toujours trouvé prêt pour la vie publique; en 1848 et après le 4 septembre, ils étaient allés le chercher dans une retraite qu*honoraient toutes les vertus pratiquées

1 Gustave Colin , né à Pontarlier le 2 avril 1814, avocai, juge de paix à Morteauet à Pontarlier, député le 20 février 1876.

2. Joseph-Ferdinand Reymond, né à la Tour-du-Pin le 14 octobre 1805, préfet de l'Isère en 1848 , puis représentant à TAssemblée législative, député en 1871 à 1 Assemblée nationale, député de la Tour-du-Pin le 29 février 1876.

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par lui, pour renvoyer défendre leurs droits dans les diverses assemblées de ces époques. M. Ferdinand Reymond n*avait jamais failli à ses devoirs, et sa mémoire, Messieurs, restera une des plus grandes, une des plus honorées, dans cette vaillante province du Dauphiné qui a su allier toujours le plus grand patriotisme à la plus grande fermeté dans la défense des principes. {Très bieni très bien!)

M. Colin nous appartenait depuis moins longtemps. Instruit et frappé douloureusement, lui qui avait pris naissance aux bords de cette frontière menacée de TEst, instruit, dis-je, par les cruelles leçons qui nous ont atteint, il y a dix ans, il s^était réfugié sous le drapeau de la République comme sous le seul qui pût désormais protéger et maintenir la France. {Applaudksements à gauche et au centre.)

Entré aux époques les plus difficiles parmi nous, il s^était toujours trouvé, malgré sa modestie, au premier rang, quand il s*est agi de défendre à la fois la loi et la République. [Applaudissements à gauche et au centra.)

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