‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 2)Chapitre 93 sur 97 · DÉCÈS DE M. THON · texte numérisé non relu

DÉCÈS DE M. THON

Messieurs, j'ai le regret très sincère d'annoncer à la Chambre la perle quelle vient de faire dans la personne de M. Charles Tron, dépuléde la Haule-Garonne.

Voici la lettre que j'ai reçue de son fils :

Paris, le ier juin 1881.

Monsieur le Président,

Mon père a succombé, ce matin, aux suites d'une llaxiou de poitrine. J'ai la douleur de vous Tanuoncer, en vous priant de vouloir bien en faire part à ses collègues.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, Tassurance de ma haute considération.

Adolphe Tron.

Messieurs, notre honorable et sympathique collègue était depuis longtemps dans la vie publique. Il avait été mêlé très jeune aux luttes du parti libéral, sous le gouvernement de Juillet. Au milieu desjpopulations qu'il représentait dès cette époque, et où il était estimé et apprécié, en dehors de toute question de parti, comme un homme très bienfaisant, il avait apporté, dès les premiers jours, dans la politique, les

1. Charles Tron, ué à Bagaères-de-Luchon le 13 mars 1817, avocat, représentant de la Haute-Garonne à l'Assemblée législative (1849;, député de Saint-Gaudens au Corps législatif ^1869), et depuis 1876, à la Chambre des députés.

sentiments de libéralisme dont il ne s*est pas départi jusqu'à la fin de sa vie, quelle que fût la violence des opinions qui se déchaînaient autour de lui.

Après avoir fait partie de TAssemblée de 1849/ M. Tron, à la suite des événements qui avaient mis fin à la seconde République, se renferma dans la retraite et y resta jusqu'en 1869. J'eus Thonneur et le plaisir de le connaître à cette époque, et je suis heureux de déclarer ici qu*il était impossible de rencontrer un homme plus afi'able, quel que fût le drapeau sous lequel il était enrôlé. (Très bien! très bien!)

Lorsqu'il nous a été rendu par les suffrages de ses compatriotes, M. Tron était déjà atteint par la maladie ; la fatigue et sa santé débilitée ne lui permettaient pas de donner tous ses soins aux travaux parlementaires ; mais toutes les fois qu'il a pris part à nos débats, il a donné des preuves de la courtoisie de son caractère et de la noblesse de ses sentiments. ( Tj*ès bien I très bien !)

C'est une perte pour la Chambre ; c'est toujours une perte, quels que soient l'opinion que représente un collègue et le rang qu'il occupe parmi les hommes politiques de son pays^que la disparition d'une intelligence doublée d'un grand cœur. {Applaudissements.)

Je n'ai pas reçu d'indication pour le jour des obsèques.

M. Lenglé. — Les obsèques n'auront pas lieu à Paris.

M. LK PRÉSIDENT. — Alors, il n'y a pas lieu de nommer une délégation de la Chambre pour y assister.

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