‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 2)Chapitre 94 sur 97 · DÉCÈS DE M, PAUL J07.0N · texte numérisé non relu

DÉCÈS DE M, PAUL J07.0N

Messieurs, j'ai le douloureux devoir d'apprendre à la Chambre qu'elle vient d'éprouver encore une perte qui sera par elle bien cruellement ressentie.

J'ai reçu ce matin la nouvelle de la mort de notre éminent et aimé collègue^ M. Paul Jozon. (Mouvement,)

11 nous est enlevé au milieu des promesses et des espérances qui reposaient sur sa tète. 11 était depuis 1871, à l'Assemblée nationale, comme ici, un des représentants les plus vertueux, les plus laborieux... (TVrs bien ! très bien/) et les plus méritants de la démocratie républicaine. ( Vifs applaudissements f) Celte perle, nous ne pouvons aujourd'hui qu'exprimer la profonde douleur qu'elle nous cause ; nous ressentirons plus tard et pendant longtemps le vide qu'elle laisse au milieu de nous. En effet, Paul Jozon, depuis sa plus tendre enfance, avait marqué dans sa génération, qui ne l'avait jamais perdu de vue, une place à part. Il était de ceux qui choisissent les tâches difficiles, et qui à force d'intelligence, d'activité et de persévérance

1. Paul Jozon, né le 12 février 1836 à la Ferté-squs-Jouan'e, avocat à la Cour d'appel, puis avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, adjoint au maire du VI« arrondissement de Paris le 7 octobre 1870, représentant de Seine-et-Marne à l'Assemblée nationale, député de Fontainebleau le 14 octobre 1877.

T JnU.BT 1881. ^ï«

les mènent à complet résultat. {Applaudis$eme9it$,) La fermeté, chez lui, se déguisait à peine sous Tamitié et la courtoisie de ses manières; mais vous avez vu, aux heures les plus difficiles, avec quel noble courago il assumait les plus hautes responsabilités, et on peut dire que la République et le pays perdent on lui une de leurs meilleures espérances. (Applaudmements,)

Je ne veux pas aujourd'hui, Messieurs, ce n*est pas le lieu dans une assemblée d'hommes politiques, insister plus longtemps sur ce qui est surtout une perte d'ami ; mais il appartiendra à d'autres, à ses concitoyens, à ses compatriotes, de retracer la vie déjà si remplie d'un homme encore si jeune. lU diront qu'au Conseil d'État, à la Cour do cassation, au barreau, dans le Parlement, Paul Jozon s'était montré h la hauteur de toutes les tâches et de toutes Ioh difficultés.

Il fut, dès l'Empire, le défenseur courageux (Iom idées libérales et républicaines, et il aurait hu Ion défendre à toutes les époques autant par sa modération que par son intelligence et sa ténacité. (Applauflintu*' ments.)

Associons-nous donc tous dans l'exproMMion do îwh regrets, car tous vous sentez que lovHquo la Fniricn perd un de ses bons citoyens, c'est une porto commune et qui doit être communément déploréo, (Applaudissements unanimes. )

Messieurs, notre regretté ami «era onwovoti mtmuU ; je ne connais pas encore Thouro do mo% ohi^qiion, mais vous en serez avertis*

En attendant, il va être prorMfi au ttni^o au »orl de la députation qui reprHeuUtrn la iéimftihvo,

Page 1