‹ Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta (volume 3)Chapitre 92 sur 93 · OBSÈQUES DE DORIAN · texte numérisé non relu

OBSÈQUES DE DORIAN

[Marques générales d'assentiment.) Voilà l'homme que vous perdez.

Aussi, Messieurs, quelle que soit lintime et profonde émotion que cause parmi nous la présence de cette famille vénérée et chérie, qui nous est désormais plus chère que toute autre, car, puisqu'elle a eu l'honneur d'avoir à sa tête un Français comme Dorian, on peut dire maintenant qu'elle appartient à la France... [Oui! oui!) qu'elle me permette au moins, dans sa douleur si respectable et si touchante, elle qui connaît la piété filiale que j'avais vouée au noble et généreux ami qui est là et dont le nom doit survivre au vulgaire accident de la mort [Mouvement), — je parle ainsi, Messieurs, parce que je crois que c'est le résumé de votre pensée à tous, — qu'elle me permette, dans son deuil et dans son affliction, de proclamer ici la parole d'encouragement, de persévérance et de vaillance qui sort de ce tombeau.

Non, Dorian n'a pas disparu tout entier; il reste au milieu de nous; son souvenir nous soutiendra et nous entraînera aux jours de péril, aux jours de crise; c'est sur son image douce, souriante, inébranlable, qu'au milieu du danger, nous reporterons notre pensée et nos souvenirs.

Si vous saviez l'utilité, la clairvoyance, la pénétration de ce conseiller intime, au milieu de nos labeurs et de nos inquiétudes! Avec cette modestie charmante qui est le propre des grandes âmes qui aiment à se cacher en attendant l'heure de se dévoiler et de se dévouer, il laissait aux autres l'éclat, la renommée et la popularité; mais il était avec nous, toujours prêt à soutenir la bonne cause. On le sentait plus qu'on ne le voyait. Au milieu de nous, il était une lumière qui nous éclairait et un cœur auquel chacun venait se réchauffer.

Sa vraie récompense, savez-vous quelle elle était? C'était de voir que ceux-là réussissaient dont il avait

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